Ottawa comprendrait mal l'impact des eaux contaminées sur la population

Ottawa — Les lacs et rivières du Canada sont contaminés par de dangereux produits toxiques, et de nouveaux documents indiquent que la mauvaise compréhension du problème par le gouvernement fédéral met le pays en danger.

Des hauts fonctionnaires sont arrivés à cette conclusion dans deux rapports internes sur les contaminants et l'excès de nutriments dans l'eau potable. Selon l'un des rapports, il existe des lacunes considérables dans la compréhension de l'effet des produits toxiques dans la nappe phréatique, ce qui a des répercussions sur l'évaluation efficace des risques et sur les activités de gestion.

Les rapports ont été produits par des groupes de travail d'employés haut placés de la fonction publique provenant de plusieurs ministères, groupes formés il y a deux ans par le gouvernement afin d'étudier les questions relatives à l'eau.

La Presse canadienne a obtenu deux documents de travail du groupe en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. Ces rapports, datés de décembre 2008, n'ont été rendus publics que le mois dernier.

L'une des études se penchait sur les contaminants présents dans l'eau potable. L'autre se concentrait plutôt sur l'excès de nutriments, tels que le phosphore et l'azote, qui causent des poussées de croissance d'algues toxiques.

De gigantesques enchevêtrements d'algues ont proliféré dans les Grands Lacs, le lac Winnipeg et plusieurs autres lacs à travers le pays au cours des dernières années. Les algues absorbent l'oxygène de l'eau et produisent des toxines qui sont nuisibles chez les poissons, l'humain et d'autres organismes vivants.

Les fuites comportant des engrais, les écoulements d'eaux d'égout et la pollution industrielle sont identifiés comme les principales sources de nutriments dans les eaux potables du pays. Le rapport souligne que le problème ne pourra qu'empirer.

Plus de déchets humains se retrouveront dans l'eau à mesure que la population croîtra. Plus de gens utilisant plus d'eau, cela signifie qu'il y en aura moins pour diluer le trop-plein de nutriments des lacs et rivières, menant à des accumulations.

Les effets des changements climatiques pourraient également exacerber le problème.

Le document suggère qu'une source d'information nationale ouverte au public sur le niveau de nutriments dans l'eau potable pourrait aider le gouvernement à s'attaquer aux poussées de croissance des algues.

«La réponse gouvernementale aux rapports d'éclosions d'algues est réduite par le manque de connaissances de l'État en la matière», explique l'étude, avant d'ajouter que les coûts nécessaires pour régler un tel problème étaient inconnus au pays, mais seraient sans doute considérables.

Le rapport souligne également que d'autres problèmes, tels que les agents pathogènes, les virus, les produits pharmaceutiques et chimiques, les pesticides et les fuites provenant de sites miniers, menacent également la qualité des cours d'eau canadiens.

«Lorsque se produit une contamination de la nappe phréatique, celle-ci peut avoir un impact négatif sérieux sur la santé humaine, en plus d'impacts environnementaux et économiques», dit le document.
 
2 commentaires
  • Élaine Bissonnette - Abonnée 10 novembre 2010 09 h 42

    Ottawa comprendrait mal l'impact des eaux contaminées sur la population

    Alors, voilà un article qui mérite d'être mise en titre. C'est d'une importance primordiale pour toute la population. plus important même que l'échangeur Turcot , les malversations dees élus municipaux et des contracteurs, qui constituent aussi des problèmes à considérer, mais l'influence sur la santé des gens !!

    Si le gouvernement fédéral ne transfère pas ses deniers de l'Afganistan à la santé publique, ça n'ira pas dutout... c'est un problème cumulatif !!

  • MJ - Inscrite 10 novembre 2010 16 h 44

    Que faire?

    Consacrer plus de ressources à la recherche en vue de la décontamination de l'eau et entre-temps, prévenir les sources potentielles de contamination comme les engrais et la pollution industrielle. Comparer les actions d'autres pays en la matière. Sont-ils en avance sur nous et leurs actions peuvent-elles être imitées?