Barrage de la Romaine: le BAPE approuve le passage de la ligne à haute tension

Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) donne le feu vert à la construction de la ligne à haute tension qui reliera le complexe hydroélectrique de la Romaine au réseau électrique du Québec même s'il doit traverser trois aires protégées, dont une réserve écologique.

Comme le feu vert est déjà donné au projet hydroélectrique lui-même, l'examen par le BAPE de la justification de cette ligne à haute tension devient une fiction. Restent les modalités qui, dans ce cas-ci, posent problème puisque la ligne projetée doit passer dans trois aires protégées, soit celle des lacs Belmont et Magpie, de la rivière Moisie et au travers de la réserve écologique Matamec.

Les réserves écologiques sont censées bénéficier du plus haut degré de protection législative prévu au Québec.

Soustraire d'un côté, ajouter de l'autre


Pour le BAPE, la solution est simple: on soustrait le territoire de la ligne à haute tension de celui de la réserve écologique, tout simplement. Et on compensera en rajoutant un bout de territoire ailleurs en guise de compensation.

Si le BAPE n'est pas aussi radical dans le cas des aires protégées, c'est que Québec s'est réservé le droit d'y faire passer des équipements d'Hydro-Québec «à des conditions» que déterminerait le gouvernement, ce que semble préconiser la commission présidée par Pierre Fortin, le même commissaire qui préside l'audience sur les gaz de schiste.

Mais, ajoute le rapport, Québec pourrait aussi amputer les deux aires protégées du territoire occupé par les deux lignes à haute tension et compenser en protégeant d'autres territoires limitrophes afin de ne pas ralentir l'atteinte du pourcentage de 12 % que vise Québec pour 2015.

Limitation de la végétation


Quant à la limitation de la végétation, que la société d'État réalise souvent avec des défoliants chimiques sous ses lignes, le BAPE ne propose aucun interdit ferme. Il opte plutôt pour des solutions laissées à la négociation entre le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP).

Ainsi, selon les commissaires, Hydro-Québec «devrait démontrer [...] au moment de l'élaboration de sa stratégie de contrôle de la végétation qu'elle a minimisé l'utilisation de phytocides dans ses emprises et fournir par la suite un rapport de suivi sur sa gestion intégrée de la végétation» dans ces corridors, qui se retrouveront somme toute à l'intérieur des deux aires protégées et d'une réserve écologique.

Une solution aussi floue est retenue pour assurer l'avenir du caribou forestier dans la région. On suggère ainsi qu'Hydro-Québec «devrait revoir, en concertation avec le ministère des Ressources naturelles et de la Faune [MRNF], la zone du suivi pour s'assurer d'une juste représentativité des effets du projet sur cette espèce». Le MRNF est le ministère qui a pour mission de développer le potentiel hydroélectrique le plus rentable pour Québec.

Quant au transport routier sur la 138, on note qu'il augmentera, qu'Hydro-Québec fait des efforts pour le réduire et que Québec étudie la possibilité de favoriser le transport maritime. Les commissaires ne proposent aucun objectif précis à atteindre dans ces trois cas.
3 commentaires
  • ClarkeCity - Inscrit 27 octobre 2010 01 h 38

    Le BAPE au service de jj Charest

    Le gouvernement de john james Charest n’a pas hésité à changer le transcrit officiel de la séance du BAPE ( 10 décembre 2008 – soirée) pour oublier l'illogisme de notre gouvernement sur la séparation des lignes de transport électrique et les barrages hydroélectriques pour ces audiences publiques.

    Voir la page 10 du témoignage d'une communauté abandonnée à:
    http://pages.globetrotter.net/sm-experience/downlo

    Je me doutais que le BAPE dirait bien oui aux nouvelles lignes de transport. Ce n'était qu'une formalité. Le MDDEP formulera maintenant ce que jj Charest désire.

    Serge Marchand
    www.SergeMarchand.com

  • Philippe C - Inscrit 27 octobre 2010 10 h 37

    Pierre Fortin l'industriel

    Comme on peut le constater dans cet article, Pierre Fortin est le commissaire qui préside l'audience sur les gaz de schistes (shale d'Utica) et sur cette commission concernant ce projet de ligne à haute tension d'Hydro-Québec traversant trois aires protégées, dont une réserve écologique. Grâce à ce commissaire, on envoi un message ailleurs sur la planète comme quoi au Québec les instances gouvernementales sont un simulacre de compétences. Il semble que M. Pierre Fortin oubli qu'il est commissaire au BAPE et non repésentant d'une quelconque industrie.

    On peut déjà imaginer un peu ses conlusions concernant les gaz de schistes puisqu'il préside la mal nommée Commision d'enquête sur le développement durable de l'industrie des gaz de schiste au Québec. Comment une ressource qui peut être exploité durant quelques décennies peut être durable? Les biogaz, ça c'est durable. Encore plus ceux produits par les boues provenant des égoûts comme à Saint-Hyacinthe. Les trois gros silots à l'usine d'épuration des eaux est la pointe du projet la plus visible de l'autoroute 20. Puisque les gens vont et iront toujours au toilette, c'est ''durable''. C'est sans compter les déjections des animaux d'élevages.

    Merci M. Pierre Fortin d'effriter un peu plus les espoirs d'une jeunesse québécoise d'un Québec responsable et compétent.

  • ClarkeCity - Inscrit 27 octobre 2010 12 h 51

    À propos du commissaire Michel Germain

    Le gouvernement de john james Charest n’a pas hésité à changer le transcrit officiel de la séance du BAPE du projet d'un complexe de centrales hydroélectriques sur la rivière Romaine ( 10 décembre 2008 – soirée) pour oublier l'illogisme de notre gouvernement sur la séparation des lignes de transport électrique et les barrages hydroélectriques pour ces audiences publiques.

    Monsieur Michel Germain était le président de cette séance du 10 décembre 2008 et est un des commissaires pour la commission sur l'industrie des gaz de schiste.

    Serge Marchand
    www.SergeMarchand.com