Audiences publiques sur le Massif du Sud - Entre une aire protégée et un parc éolien, les groupes environnementaux sont divisés

Le Conseil régional de l’environnement de Chaudière-Appalaches et l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique sont d’accord pour la réalisation d’un parc éolien au sommet du Massif du Sud, une montagne de 700 mètres.<br />
Photo: Agence Reuters Luke MacGregor Le Conseil régional de l’environnement de Chaudière-Appalaches et l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique sont d’accord pour la réalisation d’un parc éolien au sommet du Massif du Sud, une montagne de 700 mètres.

L'ouverture des audiences publiques sur le projet de parc éolien au Massif du Sud a permis d'entrevoir hier que deux visions environnementales vont s'y opposer.

Le Conseil régional de l'environnement de Chaudière-Appalaches (CRECA) et l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) sont d'accord pour la réalisation du projet si on l'ampute de 16 des éoliennes qui seraient placées au sommet de cette montagne de 700 mètres. Les deux organismes environnementaux veulent ainsi préserver notamment la grive de Bicknell, qui vit dans ces hauteurs, mais obtenir en même temps cette énergie verte renouvelable, à la fois pour relancer l'économie de la région et pour améliorer la qualité de l'air au Québec et son bilan de gaz à effet de serre.

De l'autre côté, un allié traditionnel de l'AQLPA, Nature Québec, voudrait que le projet soit mis de côté jusqu'à ce que sa proposition de créer une aire protégée sur le Massif du Sud ait été étudiée. Dans le contexte juridique actuel, seul le projet étudié peut être examiné par les commissaires du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

On a vu dans le passé des commissaires rejeter un projet au profit d'un autre qui n'avait pas été étudié, comme dans le cas du premier projet d'autoroute 30 autour de Montréal, mais c'est contraire aux normes généralement acceptées en matière de consultations publiques.

C'est probablement la raison pour laquelle Nature Québec et ses nombreux alliés, dont la Fédération québécoise des clubs Quads et la Société pour la nature et les parcs (SNAP), proposent que les deux projets soient étudiés ensemble après avoir étudié avec rigueur leurs impacts environnementaux et économiques.

Un deuxième projet éolien, situé à Frampton, a été entériné à 75 % par la population récemment, qui a rejeté une campagne anti-éolienne menée par un petit groupe très bruyant, que la population n'a pas suivi.