Forum québécois sur l'eau - Le ministre plaide pour la protection de l'eau québécoise

Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), Pierre Arcand, a profité de la première journée du Forum québécois sur l'eau, pour livrer un plaidoyer pour la protection des 3 % des réserves mondiales de ressources renouvelables en eau qu'abrite le Québec.

«Notre gouvernement considère que l'eau à l'état naturel ne peut pas être marchandée, car elle est irremplaçable et n'a pas de substitut», a affirmé M. Arcand aux dizaines d'intervenants politiques, universitaires, environnementaux et gens d'affaires réunis au Centre des sciences de Montréal. «Il nous apparaît essentiel qu'en déclarant que l'eau est une ressource collective, nous demandions, au nom des Québécois, une redevance sur cette ressource», a-t-il ajouté à ceux qui seront appelés, pour la deuxième journée consécutive, à débattre des enjeux de la gestion et de l'exploitation de l'eau.

Le MDDEP tient actuellement des consultations sur un règlement ouvrant la voie à un système de redevances sur l'eau, qui serviront à renflouer le Fonds vert, a souligné M. Arcand. Toute entreprise qui prélèvera au moins 75 m3 sera forcée de payer des redevances à l'État, a-t-il fait remarquer. «Nous avons eu quelques propositions que nous étudions présentement afin de parvenir à un règlement final. Mais une chose est certaine: nous allons demander des redevances et elles seront plus que symboliques.»

«Les redevances doivent surtout s'appliquer aux grands utilisateurs. Nous défendons le principe que les simples citoyens qui ont besoin d'eau pour boire, se laver, on n'a pas à leur imposer une redevance», a fait valoir le président de l'Association québécoise pour un contrat mondial de l'eau, Jacques Boivin.

Il rejette ainsi la proposition du chef et président de la direction de Cascades, Alain Lemaire, selon laquelle le gouvernement du Québec devrait «envisager très rapidement l'installation généralisée de compteurs d'eau et prévoir des tarifs pour inciter la population à l'économie». «Ma foi, la consommation domestique ne représente que 10 % de la consommation d'eau au Québec», s'est exclamé M. Boivin. «Il faut cibler les industries et les institutions!»

Portail

Par ailleurs, le portail des connaissances sur l'eau où sera regroupé «l'ensemble de l'information environnementale nécessaire à la gouvernance de l'eau» sera pour sa part mis sur pied à moyen terme, a promis M. Arcand, hier. Quelque 7,5 millions ont été alloués dans la foulée de la création du Bureau des connaissances sur l'eau, en 2008, à sept projets visant à «connaître l'état réel de la ressource». «Le travail est très avancé», s'est réjoui le ministre.

Jacques Boivin espère que «c'est la seule fois» qu'un Forum québécois de l'eau est organisé au Québec «par le journal Les Affaires à 1500 $ l'inscription». «Il s'agit d'une privatisation du débat public», a-t-il accusé. C'est le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement — ou encore une commission parlementaire — qui doit être confronté à l'enjeu de la gestion de l'eau.
5 commentaires
  • meme moi ici - Inscrite 26 octobre 2010 07 h 22

    il plaide pour la ressource ou pour ses amis...?

    je ne suis pas d'accord pour l imposition de l'eau aux particuliers, eux n'en prennent que très peu, comparativement aux compagnies d'embouteillage qui polluent par dessus le marcher. Pour les citoyens, il pourrait cependant y avoir une éducation pour ne pas gaspiller cette richesse...
    là ou elle devrait être fortement taxée, c est pour les entreprises qui l'exportent et qui s'en font de gros profits...
    je pense que ces deux formes de consommation devraient être séparées..
    d'ailleurs, il y a un retard certain sur le fait de demander des redevances aux exploiteurs de l'eau une autre de nos ressources naturelles..
    mais comment le gouvernement Charest pourrait il penser demander des redevances sur l'eau à ses amis exploiteurs alors qu'il s'apprête à donner aussi les gaz de schiste... de la même façon qu'il donne l'eau?

  • Nelson - Inscrit 26 octobre 2010 18 h 46

    QUI, PROTEGER NOTRE EAU POTABLE À NOUS, POUR NOTRE CONSOMATION GRATUITE, ET POUR L'EXPORTATION BIEN REGULÉ ET À PRIX RAISONABLE.

    Ramasser l'eau des pluies pour arroser le gazon, laver les voitures et les entrées de garage, et les chaises d'eau des toilettes. (Comme dans d'autres pays).

    Des fortes amendes pour ceux que gaspillent l'eau des robinets.

    Sensibiliser la population sur les coûts de rendre l'eau buvable.

    Facturer notre eau à ceux qui font du fric avec.

  • MJ - Inscrite 26 octobre 2010 19 h 44

    Une autre arnaque avec notre or bleu? (1)

    La plupart des cours d’eau au Québec ont connu un niveau plutôt bas cet été en raison de la chaleur intense et des faibles pluies, tellement que l’approvisionnement et la qualité de l’eau potable dans plusieurs régions étaient compromis. Le Saint-Laurent avait aussi atteint un niveau limite pour la navigation maritime.

    C’est sur les basses terres de la Vallée du Saint-Laurent que l’on retrouve les meilleurs sols arables et les meilleures terres agricoles du Québec. La superficie des terres agricoles diminue de façon draconienne au Québec au profit de projets domiciliaires. La Commission de Protection du territoire agricole ne semble plus exercer sa mission adéquatement et ses critères de protection semblent avoir été relâchés dans le domaine du zonage agricole. Ceci a permis à des promoteurs de construire des projets domiciliaires sur les meilleures terres agricoles du Québec.

    A cela il faut ajouter que le forage et l’exploitation des gaz de schiste menaçeraient également de pollution et de produits toxiques nos nappes phréatiques et nos terres agricoles, récoltes comprises.

  • MJ - Inscrite 26 octobre 2010 19 h 48

    Une autre arnaque avec notre or bleu? (2)

    Le ministre du développement durable, de l’Environnement et des Parcs (DDEP) tient un double discours. D’une part, il plaide en faveur de la protection de l’eau québécoise. Et d’autre part, il compromet la qualité de l’eau avec le projet d’exploitation des gaz de schiste. Il plaide pour la protection de l’eau alors que déjà une partie de notre eau de source et même de notre eau du robinet sont embouteillées et vendues par des multinationales, qui ont le culot de nous les revendre dans des bouteilles de plastique polluantes non biodégradables, et ce, sans taxes ou redevances de leur part?

    Selon ce sondage, les Québécois seraient favorables à la taxation de l’eau en vue de protéger leur or bleu. Ne faudrait-il pas vérifier la validité de ce sondage en regard de sa méthodologie, son échantillonnage et les formulations des questions? Il y aurait lieu aussi, avant d’installer des compteurs d’eau domestiques, de faire une étude comparative sur les besoins en eau et les quantités d’eau utilisées par les industries - versus - l’utilisation faite par les ménages pour leurs besoins domestiques. Les besoins des ménages devraient prédominer sur ceux des industries. Il faudrait aussi taxer les industries qui polluent notre eau, avant de taxer les citoyens. Cela n’empêche pas de faire une campagne d’éducation pour contrer le gaspillage d’eau par les citoyens et de favoriser l’implantation de mesures pour éviter ce gaspillage.

  • MJ - Inscrite 26 octobre 2010 19 h 51

    Une autre arnaque avec notre or bleu? (3)

    Il est certain qu’avec l’augmentation de la population, les besoins en eau augmentent. Pourquoi vouloir exporter notre eau par pipeline aux Américains et vider nos réserves jusqu’à la sécheresse? La ville de Las Vegas a été construite artificiellement dans un désert et vit essentiellement des revenus issus du tourisme et des casinos. Cette ville a attiré plusieurs millions d’habitants qui sont venus s’y établir et l’eau coule en abondance dans ce désert.

    Un reportage à l’émission “Planète bleue”, dans le cadre de la tournée du photographe français Yann Arthus Bertrand autour du monde, voulait nous sensibiliser à la rareté et à la pénurie d’eau sur la planète. A Las Vegas, on a reproduit la ville de Venise en Italie avec tous ses canaux et ses bâtiments historiques. il y a aussi d’immenses fontaines, des jets d’eau, presque une piscine par habitation. Cette eau de Las Vegas provient des Etats américains du Nord et est acheminée par pipeline jusque dans cette ville qui draine à elle seule des quantités phénoménales d’eau, faisant craindre à certains fermiers du Mid-West américains des pénuries d’eau pour leurs élevages et leurs cultures!