Québec - La Ville augmente ses investissements dans les infrastructures

Brigitte Saint-Pierre Collaboration spéciale
La Ville de Québec doit investir environ 170 millions de dollars par année durant 20 ans pour remettre à niveau son réseau<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La Ville de Québec doit investir environ 170 millions de dollars par année durant 20 ans pour remettre à niveau son réseau

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Une partie des conduites d'aqueduc et d'égout de la Ville de Québec ont atteint la fin de leur durée de vie utile, comme dans beaucoup d'autres municipalités. Ces dernières années, la Ville a augmenté ses investissements pour remettre à niveau son réseau. Par ailleurs, elle s'est dotée en mai d'une Stratégie de conservation de l'eau potable.

«On a presque triplé en cinq ans nos investissements annuels pour rattraper les investissements requis pour mettre à niveau nos infrastructures [de l'eau], indique le vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec, François Picard. En 2006, par exemple, on investissait 65 millions de dollars pour l'entretien, la réfection de nos infrastructures d'aqueduc et d'égout, et, en 2010, on a investi 200 millions de dollars.»

Le directeur du Service de l'ingénierie de la Ville de Québec, Daniel Lessard, mentionne que la stratégie de la Ville pour assurer la pérennité des infrastructures de l'eau consiste à dresser un bilan complet de celles-ci et de leur état de désuétude, puis à se donner un plan d'entretien et de rattrapage du déficit d'entretien. Il s'agit ensuite «d'avoir l'engagement politique que les investissements requis chaque année pour mettre en oeuvre ce plan-là se fassent, et c'est ce que la Ville a fait au cours des dernières années».

Pour 170 millions par année

M. Lessard indique que 65 % du réseau a été ausculté. Quelque 10 % des conduites inspectées ont atteint la fin de leur durée de vie utile et devront être remplacées au cours des prochaines années. «La Ville doit mettre de l'ordre de 130 millions [de dollars par année] en entretien pour éviter que le réseau se dégrade. Donc, 130 millions pour que le niveau de désuétude du réseau au 1er janvier soit le même qu'au 31 décembre et 40 millions par année pour faire un rattrapage du déficit d'entretien sur 20 ans», dit le directeur du Service de l'ingénierie. M. Lessard précise que la Ville de Québec doit ainsi investir environ 170 millions de dollars par année durant 20 ans pour remettre à niveau son réseau.

Il mentionne que les investissements ont atteint 175 millions en 2009 et 200 millions en 2010. La Ville prévoit investir 175 millions de dollars pour effectuer des travaux dans son réseau l'an prochain. «Le train est sur les rails pour remettre le réseau [à niveau] d'ici 15 à 20 ans», dit M. Lessard.

La Ville de Québec perdrait entre 16 et 19 % de son eau à cause de fuites. «La cible est de 15 %», mentionne le directeur du Service de l'ingénierie. La Ville a mis sur pied en 2006 un programme de détection et de correction des fuites dans le réseau d'aqueduc.

Enjeux et défis

Parmi les principaux enjeux et défis concernant la distribution et la gestion de l'eau à Québec, M. Lessard mentionne la consolidation des réseaux d'aqueduc. «L'usine principale de Québec a atteint sa capacité maximale en pointe et, pour pouvoir continuer à développer la ville dans le secteur qui est desservi par cette usine-là, on doit aller transférer de l'eau de la partie ouest de la ville vers le centre.» Le directeur du Service de l'ingénierie indique qu'une grande partie des composantes de ce réseau seront en service en décembre.

M. Picard mentionne pour sa part qu'un enjeu important concerne la protection des prises d'eau. «Notre volonté, c'est que les eaux brutes en amont des prises d'eau soient les meilleures possibles, pour qu'il y ait le moins de traitement possible dans nos usines de traitement d'eau potable. Alors, pour nous, c'est un enjeu essentiel pour donner une eau de qualité à nos citoyens.»

Le vice-président du Comité exécutif évoque également l'enjeu de la diminution de consommation d'eau potable par l'ensemble des usagers de la ville de Québec. «Il faut tout mettre en oeuvre pour diminuer le nombre de litres consommés par habitant sur notre territoire», dit-il.

La Stratégie de conservation de l'eau potable de la Ville de Québec traite de la protection des prises d'eau et de leur bassin versant, de la production et de la distribution d'une eau de qualité et en quantité suffisante, ainsi que de la gestion durable de la ressource «eau».