Conférence de Nagoya sur la biodiversité - OGM: un nouveau protocole naît pour la réparation des dommages

Le nouveau «protocole de Nagoya-Kuala Lumpur» définit un régime de responsabilité pour les producteurs d'OGM et de répartition des dommages à l'environnement.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Joel Nito Le nouveau «protocole de Nagoya-Kuala Lumpur» définit un régime de responsabilité pour les producteurs d'OGM et de répartition des dommages à l'environnement.

La conférence internationale de Nagoya sur la protection de la biodiversité s'est ouverte hier sur un succès diplomatique important, soit un nouveau protocole qui définit la responsabilité pour les producteurs d'organismes génétiquement modifiés (OGM) et qui adopte le principe de la réparation des dommages causés aux écosystèmes.

Les exemples de ces dommages sont nombreux, d'un riz OGM qui a contaminé des souches naturelles aux États-Unis, jusqu'à des résistances aux pesticides qui ont été transférées aux mauvaises herbes ciblées.

La conférence de Nagoya réunit au Japon les 193 signataires de la Convention de Rio de 1992 sur la protection de la biodiversité. Elle a été précédée par une réunion des 159 signataires du protocole de Carthagène de 2003 sur la biosécurité, qui a reconnu le droit de refuser l'utilisation d'OGM sur un territoire national en application du principe de précaution.

Le nouveau «protocole de Nagoya-Kuala Lumpur» où il a été négocié, va plus loin en définissant un régime de responsabilité pour les producteurs d'OGM et de réparation des dommages à l'environnement et, en particulier, aux souches de semences naturelles.

Ce nouveau protocole a fait l'objet d'un accord définitif samedi. Il entrera en vigueur dès que 40 avaliseurs du protocole de Carthagène l'auront ratifié. Le traité sera ouvert pendant un an pour signature à compter du 7 mars 2011.

Il a pour principal avantage d'inverser le fardeau de la preuve que les tribunaux nord-américains ont régulièrement fait porter aux victimes. La plupart du temps, les producteurs d'OGM accusaient des fermiers dont les semences naturelles ont été contaminées de pirater leurs semences brevetées sans avoir payé de redevances. Et on leur donnait raison.

Discret Canada

Le Canada n'a pas ratifié le protocole de Carthagène, qu'il a d'ailleurs paralysé pendant quatre ans. Après avoir défendu à Montréal la position des États-Unis, qui s'opposaient à ce protocole — ils n'ont même pas signé la Convention de Rio —, le Canada s'est finalement rallié au consensus international après avoir réussi à édulcorer sa version définitive. Mais, malgré ces concessions, le Canada refuse toujours de ratifier le protocole de Carthagène, finalement arrêté à Montréal en 2003.

À Nagoya, les 8000 délégués présents vont tenter de s'entendre au moins sur un plan en 20 points pour ralentir le déclin de la biodiversité terrestre d'ici 2020. Une des propositions consiste à porter entre 20 et 25 % la superficie des aires protégées dans chaque pays. La moyenne planétaire est de 13 % pendant qu'au Québec, ce pourcentage stagne autour de 8 %.

L'Europe propose de son côté de stabiliser d'ici 2020 la disparition des espèces, dont le rythme serait actuellement de 100 à 1000 fois plus rapide que dans le dernier million d'années. Mais plusieurs pays allèguent que cet objectif, entériné en 2002 pour 2010, demeure encore trop ambitieux malgré la synergie avec les changements climatiques, qui amplifie le déclin en cours.
1 commentaire
  • P. Boutet - Inscrit 19 octobre 2010 21 h 38

    Stabiliser la disparition des espèces

    Moi, lorsque je stabilise la vitesse de mon véhicule, je conserve une vitesse stable, sans accélération et sans décélération.

    Je ne sais pas, mais stabiliser la disparition des espèces vivantes, ça ne me dit rien qui vaille!

    Va pour le renversement du fardeau de la preuve par contre, une belle avancée.