Journée internationale En ville sans ma voiture - Montréal troque l'auto pour vélos et métro

La rue Sainte-Catherine, en partie gazonnée, était bondée hier.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La rue Sainte-Catherine, en partie gazonnée, était bondée hier.

Les automobilistes étaient incités, hier, à troquer leurs clés de voiture contre des billets de trains, de métro, et d'autobus, ou encore, un vélo, à l'occasion de la journée internationale En ville sans ma voiture.

«J'ai pris mon train [hier] matin. Il y avait pas mal plus de monde qu'il y en avait [avant-hier] ou [lundi]. J'ai des collègues qui ont pris le métro et qui m'ont dit la même chose: les quais étaient pleins», s'est réjoui le président-directeur général de l'Agence métropolitaine de transport, Joël Gauthier. Il s'est dit satisfait de la participation de la population autant aux activités organisées dans la rue Sainte-Catherine gazonnée pour l'occasion qu'aux conférences tenues à la Grande Place du complexe Desjardins depuis le début de la semaine.

«Il y avait du monde. C'était épouvantable», a-t-il affirmé, atténuant les critiques reprochant à En ville sans ma voiture de faire du surplace. L'achalandage dans le réseau de transport en commun bondit grosso modo de 10 % lors des «journées sans voitures», a-t-il rappelé hier. Le grand patron de l'AMT ne ferme toutefois pas la porte à une révision de la programmation d'En ville sans ma voiture, afin d'accroître son impact en faveur d'un changement des habitudes de transport des irréductibles automobilistes solo.

À Montréal, le centre-ville a été interdit à la circulation automobile, pour la huitième année consécutive. Les piétons pouvaient se baguenauder, de 9h à 15h30, à l'intérieur du quadrilatère formé par les rues de Maisonneuve, de Bleury, René-Lévesque et McGill College. «Il s'agit de l'un des plus grands périmètres fermés à la circulation automobile parmi plus de 2000 villes [...] à travers le monde», se targuaient les organisateurs.

Pour la septième année, la ville de Québec était, elle aussi, occupée hier par la Journée sans voiture. Comme l'an dernier, la rue Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Roch était en partie fermée à la circulation et le groupe The Lost Fingers présentait un concert gratuit non loin de là. Or contrairement aux années précédentes, on n'a pas tenu de compétition amicale entre voiture, bus et vélo. Surnommé Défi Vél-Auto-Bus, l'événement permettait de voir lequel des trois moyens de transport était le plus rapide. Et, bien évidemment, la voiture ne gagnait pas souvent...

Par ailleurs, Équiterre a levé le voile sur une toute nouvelle plateforme virtuelle accessible à partir de son site Web, la Station-service cocktail transport, où les citoyens sont appelés à suggérer des solutions pratiques afin favoriser le transport durable dans les centres urbains du Québec. Les meilleures idées seront par la suite présentées aux élus. «Les automobiles sont responsables à elles seules de près de 25 % des émissions de gaz à effet de serre au Québec, et le nombre de voitures, le prix du pétrole et la pollution augmentent en flèche dans la province», a fait remarquer le cofondateur et coordonnateur général d'Équiterre, Sidney Ribaux.

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Avec la collaboration d'Isabelle Porter
3 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 23 septembre 2010 08 h 41

    Une fête urbaine mais...

    La journée En ville sans ma voiture prend de plus en plus une allure de simple fête urbaine et de moins en moins celle d'une campagne de sensibilisation. Il en faudra beaucoup plus pour changer la mentalité des gens, en particulier celle de nos élus car c'est à ce niveau que tout devrait pouvoir avancer et que pourtant, rien ne bouge.

    Au prochain rendez-vous, théoriquement le 22 septembre 2011, il faudrait se poser la question suivante : qu'ont fait Montréal et Québec au cours des 365 derniers jours pour vraiment améliorer les déplacements urbains autres que ceux assurés par la voiture ? Si on avait posé cette question hier, plusieurs auraient répondu « Rien », et ça aurait été la bonne réponse.

    Je ne crois pas qu'il faille abandonner cette journée. Mais il faut reconnaître que dans sa forme actuelle, elle est un peu usée et de moins en moins persuasive. Faire la fête, c'est bien, mais était-ce vraiment l'objectif de cette manifestation ?

  • François Dugal - Inscrit 23 septembre 2010 11 h 39

    Les vélos

    Il y a un effet positif dans la journée sans auto; les vélos qui brulent les feux rouges ne se font pas écraser par les maudits automobilistes.

  • J. Hardy - Inscrit 23 septembre 2010 20 h 47

    Le plaisir

    Messieurs, mesdames,

    Le plaisir est le meilleur argument pour convaincre les humains de changer leur mode de vie. S'il y a un plaisir à en tirer, une amélioration de sa qualité de vie ou de sa forme physique, les gens embarquent.

    Je me déplace en vélo depuis deux ans. J'habite en région éloignée et ici tout semble dépendre de la voiture. Mes enfants adorent quand je vais les chercher à la garderie en vélo. C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour faire mon exercice, radicalement diminuer ma facture d'essence et ne pas inventer de machine à remonter le temps.

    Comme beaucoup de gens, je n'ai pas le temps de faire autant de sport qu'il me plairait. Avec un extra 45 minutes de vélo par jour, c'est extra!

    Allez en paix et proclamez la bonne nouvelle, mes frères. Communiquez votre bonheur.