Gaz de schiste - Le PQ dénonce un abus de pouvoir

«Cafouillis», «abus de pouvoir» et «court-circuit»: le Parti québécois critique vivement l'échéancier et le mandat que le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand, a donnés au Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE), pour l'étude de la question controversée de l'exploitation des gaz de schiste.

Le délai établi par le ministre de l'Environnement, qui demande le rapport de la commission d'enquête du BAPE pour février 2011, est d'abord jugé beaucoup trop court. «Un [mandat du] BAPE, pour qu'il soit crédible, doit être plus long», d'autant que ce dossier comporte plusieurs questions fondamentales auxquelles il n'y a pas encore de réponse, a dit hier la porte-parole de l'opposition officielle en matière d'Environnement et de Développement durable, Martine Ouellet.

Il faudrait accorder «entre un an et dix-huit mois» aux commissaires, estime la députée de Vachon, qui s'est impliquée dans plusieurs causes environnementales par le passé.

Dimanche, c'est la chef péquiste Pauline Marois qui critiquait la gestion du dossier par le gouvernement de Jean Charest, en entrevue avec La Presse canadienne. Mme Marois affirmait qu'il faut prendre le temps d'évaluer tous les impacts environnementaux, notamment sur la santé de la population.

Faire-valoir

Le mandat de la commission d'enquête, précisé vendredi par le ministre Pierre Arcand dans une lettre envoyée au président du BAPE, fait également rager l'opposition officielle. Le ministre y presse les commissaires de «mettre en valeur, dans le respect du développement durable, de l'environnement et des communautés concernées [sic] les hydrocarbures présents sur son territoire». Ainsi, l'exploitation ne sera pas remise en question au cours des prochains mois; les commissaires devront plutôt étudier la question de l'encadrement de l'industrie.

La commission d'enquête, qui commence aujourd'hui, n'a «pas un réel mandat, ça va seulement servir de faire-valoir pour dire que [Pierre Arcand] a consulté le BAPE», estime Martine Ouellet, qui qualifie l'exercice «d'abus de pouvoir». «Le mandat est trop réducteur. Il ne permet pas d'aller au fond des choses.»

Pauline Marois affirmait dimanche que le gouvernement se trouve dans un «cafouillis» lamentable dans le dossier des gaz de schiste et, pour cette raison, elle répétait sa demande qu'un moratoire soit immédiatement imposé dans l'exploration et l'exploitation de la ressource. Des groupes écologistes québécois ont également fait cette demande. «N'ayant pas de moratoire, l'industrie va continuer à avancer, à faire de l'exploration et à faire des dépenses», déplore Martine Ouellet.

L'opposition péquiste souhaite également que les gaz de schiste soient exploités, mais pas «à n'importe quel prix et n'importe comment», a précisé Pauline Marois.


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Avec La Presse canadienne

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