Commission parlementaire sur les mines - De l'uranium sous la statue de Duplessis?

Québec — La coalition Sept-Îles sans uranium a acquis des droits d'exploration («claims» en anglais) sur une partie des sous-sols du parlement pour sensibiliser le gouvernement aux défaillances de la Loi sur les mines.

«On veut démontrer l'illogisme de la Loi sur les mines qui permet à monsieur Tout-le-Monde de s'approprier des parcelles de territoire québécois, même sous nos villes et villages», a expliqué le porte-parole du groupe basé à Sept-Îles, Marc Fafard.

La Loi, dénonce-t-il, permet facilement de prétendre au contrôle d'un lot du sous-sol par carte de crédit sur le site du ministère des Ressources naturelles. L'un des lots dont la Coalition a pris le contrôle se trouve en dessous de la statue de Maurice Duplessis sur le côté sud de l'Assemblée nationale. Le groupe n'a pas vraiment l'intention d'exploiter ce site, mais a poussé la mise en scène assez loin en se présentant à l'Assemblée nationale avec un camion rempli de bois et d'outils. Il entend installer son site d'extraction de style «prospecteur» plus tard cette semaine.

Créée pour empêcher la compagnie vancouvéroise Terra Ventures d'exploiter un gisement d'uranium près de Sept-Îles, la Coalition avait fait beaucoup de bruit il y a quelques mois. À l'époque, vingt médecins de la région avaient menacé de démissionner si le projet aboutissait.

Terra Ventures a certes abandonné son projet depuis, mais pour Marc Fafard et ses compagnons, la question du développement de la filière de l'uranium est loin d'être réglée. «Terra Ventures s'en va, mais les 25 autres propriétaires de "claims" autour ne s'en vont pas. Présentement, il y a une vingtaine de sites en exploration entre Sept-Îles et Natashquan. Au Québec, il y en a plus de 100», a précisé M. Fafard.

Le groupe qui passe la semaine à Québec doit présenter demain un mémoire à la Commission parlementaire sur le projet de loi 79 qui doit modifier la Loi sur les mines. «On demande au gouvernement de soustraire tous les territoires urbanisés du potentiel minier du Québec.»

Les revendications portent en particulier sur l'uranium. «On demande un moratoire sur l'exploitation de l'uranium. Il faut que les gens comprennent que ce n'est pas un minerai comme les autres», avance le groupe qui s'inquiète des conséquences de la radioactivité sur les populations.

Présenté par le ministre délégué aux Ressources naturelles et aux Mines Serge Simard, le projet de loi 79 vise à «stimuler» les travaux d'exploitation sur le territoire québécois, mais instaurerait aussi la possibilité de soustraire certaines zones à l'exploitation minière.

Autour du même sujet, Uracan, une société minière «junior» spécialisée dans l'exploration minière a convoqué la presse ce matin à proximité du parlement pour une rencontre visant à «démystifier les mythes de l'industrie de l'uranium».