La Colombie-Britannique est le plus gros pollueur en Amérique du Nord

La Commission de coopération environnementale (CCE) vient de publier son bilan en matière de pollution industrielle en Amérique du Nord. Pour l'année 2006, les rejets de polluants toxiques par l'industrie se chiffrent à 5,7 milliards de kilogrammes. Cependant, plusieurs secteurs et polluants sont exemptés de déclaration à l'échelle nationale.

La cuvée 2006 recense les déclarations de 35 000 établissements. Avec 3,5 milliards et 2,1 milliards de kilogrammes de polluants, les États-Unis et le Canada se détachent nettement du Mexique, qui affiche seulement 28 millions de kilogrammes. Encore faut-il prendre en compte la variabilité des obligations de déclarations nationales. Ainsi, les activités minières, l'extraction du pétrole et la production d'électricité ne sont quasiment pas déclarées au Mexique.

Avec 1,2 milliard de kilogrammes de rejets polluants, la Colombie-Britannique occupe le premier rang du palmarès nord-américain, suivie par l'Ontario et l'Alberta (environ 300 millions de kilogrammes chacune). Avec 120 millions de kilogrammes, le Québec occupe quant à lui la 11e place. Les émissions atmosphériques de l'Ontario représentent presque le double de celles du Québec, alors que ses rejets dans les eaux de surface sont presque quatre fois supérieurs.

Les activités de soutien aux mines et à l'extraction de pétrole représentent le secteur le plus polluant, avec 20 % des rejets, et ce, bien que seul le Canada ait rempli sa déclaration. Nitrate et ammoniac représentent 90 % des polluants aquatiques. Cependant, le secteur des eaux usées, responsable de 84 % des rejets au Canada, n'est pas soumis à une déclaration aux États-Unis ou au Mexique. Bien que l'extraction de pétrole en Alberta et en Colombie-Britannique représente 99 % des rejets souterrains au Canada, soit les trois quarts des rejets souterrains en Amérique du Nord, ni ce secteur ni son principal polluant — le sulfure d'hydrogène — ne sont soumis à une déclaration aux États-Unis.

Quarante-trois pour cent des 770 millions de kilogrammes de rejets aériens sont issus des centrales électriques au charbon ou au pétrole (50 % de la production électrique des États-Unis et du Mexique). Ces chiffres ne comprennent pas les émissions de gaz à effet de serre (GES), non comptabilisées par la CCE. Selon Environnement Canada, les émissions totales de GES pour le Canada en 2008 sont estimées à 262 millions de tonnes équivalent CO2. Avec 110 et 66 millions de tonnes, l'Alberta et l'Ontario occupent les premières places, alors que le Québec se situe au quatrième rang, avec un peu plus de 20 millions de tonnes. Ontario Power Generation est le plus gros émetteur canadien, avec 15 millions de tonnes. À la 32e place, avec 1,5 million de tonnes, la raffinerie Ultramar de Lévis est le plus gros émetteur du Québec.
----------

RECTIFICATIF

Dans ce texte concernant le dernier bilan environnemental de la CCE, nous avons présenté la Colombie-Britannique comme le plus gros pollueur en Amérique du Nord. Il est cependant important de relativiser ces chiffres. En effet, si l’on ne considère que le total des rejets toxiques et cancérigènes sur place, c’est l’Alaska qui arrive en tête avec 301 000 tonnes, alors que la Colombie-Britannique se trouve loin derrière à la 31e place, avec seulement 3650 tonnes. Le Québec occupe la 11e place avec 17 000 tonnes et l’Ontario la huitième avec 21 500 tonnes

3 commentaires
  • Fernand Trudel - Inscrit 14 juillet 2010 09 h 45

    suprenant

    Pour une province qui se dit très écolo d'avoir le record de la pollution c'est très surprenant.

    Est-ce que les verts sont moins pollueurs. La Colombie Britannique, fief de Suzuky, nous en donne la réponse...

  • Line Larivière - Inscrit 15 juillet 2010 00 h 02

    Anomalie

    Colombie-Britannique pourrait avoir le système le plus complet de déclaration des émissions. Rapports ne sont pas uniformes entre les provinces ou entre les industries.

    Les émissions associées à l'augmentation temporaire de l'exploitation forestière à cause du dendroctone du pin peut-être temporairement augmenté les émissions de la Colombie-Britannique.

    http://www.vancouversun.com/business/Gaps give incomplete picture North America environmental health Study/3276518/story.html

  • Normand Lemyre - Inscrit 15 juillet 2010 11 h 25

    trop surprenant

    C'est tellement trop surprenant qu'avant de penser aux verts de Suzuky, je penserais à un biais systémique dans ces statistiques, tel que suggéré par Mme Larivière.
    J'aurais aimé que le journaliste ait eu d'emblée un petit doute et qu'il l'eût vérifié pour nous... sans que j'aie à me taper le rapport lui-même.