Déversement de pétrole dans la voie maritime du Saint-Laurent - Le nettoyage se poursuit

Le déversement du M/V Richelieu serait dû à un problème mécanique.
Photo: Agence Reuters Christine Muschi Le déversement du M/V Richelieu serait dû à un problème mécanique.

Le travail de nettoyage se poursuit après que du pétrole lourd se fut retrouvé dans la voie maritime à la suite d'un déversement à la hauteur de Sainte-Catherine, au sud-ouest de Montréal.

La Corporation de gestion de la voie maritime du Saint-Laurent (CGVMSL) a indiqué en fin d'après-midi que le nettoyage du carburant déversé par suite de l'échouement du vraquier du Groupe CSL allait bon train.

L'organisme soutient que le déversement a été contenu au moyen d'une série de barrières flottantes.

Les autorités prévoient que le canal de la Rive-Sud, fermé après l'incident, sera rouvert à la navigation d'ici deux jours. Six navires attendent actuellement d'emprunter le canal.

Le Groupe CSL, propriétaire du navire M/V Richelieu, a indiqué pour sa part hier que des vents forts soufflaient lorsque l'incident est survenu. Poussé, le navire a alors heurté une de ses ancres, provoquant une brèche dans la coque, près d'un réservoir de carburant. La brèche aurait une longueur de 10 mètres par un mètre.

Ce déversement, dit l'entreprise, est plus dû à un problème mécanique qu'à une erreur humaine.

Groupe CSL parle d'une quantité «indéterminée» de pétrole lourd s'étant déversé. Mais elle estime que l'essentiel des 200 tonnes — 200 000 litres ou 1200 barils — a été contenu dans le réservoir et ne s'est pas retrouvé dans la nature.

De son côté, Andrew Bogora, agent de communication de la Corporation de la gestion de la voie maritime du Saint-Laurent, évalue la fuite à plus de 50 000 litres.

Au ministère de l'Environnement du Québec, le coordonnateur aux mesures d'urgence, Yvan Tremblay, a indiqué que la coulée de pétrole s'étend sur environ 200 mètres de long et que d'importants efforts logistiques ont été déployés.

«Une cinquantaine de personnes sont affairées à diverses tâches, tant pour l'inspection du bateau que pour vérifier l'état du cours d'eau ou aider à la récupération du pétrole. Je dirais même qu'on peut parler d'une centaine de personnes», a rapporté M. Tremblay.

En raison de la géographie particulière de cette zone de navigation et de la présence des écluses qui s'y trouvent, l'accident ne pouvait survenir à un «meilleur» endroit.

«Cela nous a donné l'option de fermer l'écluse complètement. Nous avons ainsi une estacade tout autour du pétrole, de sorte qu'il reste en place», a soutenu M. Bogora.

Son collègue à la Corporation de la voie maritime, Jack Meloche, prend la chose avec sérieux, mais refuse de céder à la panique.

«C'est une situation sérieuse, mais parler de catastrophe écologique serait exagéré. Par contre, on peut dire qu'il s'agit de l'accident le plus important des 50 dernières années», a-t-il indiqué en point de presse.

Environnement Canada juge pour sa part que l'incident aura des conséquences, notamment sur la faune puisque de l'huile souille présentement les rives.

Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs ainsi que les différents intervenants concernés sont sur place afin de minimiser les impacts de cet événement. Les autorités assurent que toutes les mesures requises pour la récupération du contaminant seront prises. Déjà, par contre, des conséquences sont anticipées.

«Les oiseaux se nourrissent dans la partie riveraine, donc on peut dire qu'il y a une menace», a précisé Sonia Laforest, d'Environnement Canada.

Elle a souligné que les experts ont pu observer une douzaine d'oiseaux souillés par le pétrole mais qui pouvaient tout de même se déplacer. Un oiseau a tout de même été récupéré afin d'être nettoyé.

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a envoyé une équipe pour enquêter sur cet incident. Son expertise consiste à établir les circonstances dans lesquelles le déversement s'est produit, mais il ne fournira pas de directive visant à déterminer les responsabilités civiles ou pénales.

De son côté, la ville de La Prairie a tenté de se faire rassurante envers sa population. Les autorités municipales assurent que le déversement n'aura aucun effet sur la qualité de l'eau potable de son territoire. C'est que l'usine de filtration tire son alimentation du fleuve et non de la voie maritime.

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