Environnement - Un premier bilan net du carbone

Une étude internationale, à laquelle ont participé des chercheurs québécois et canadiens, a pour la première fois mesuré sur le terrain le bilan net du carbone, entre l’absorption quotidienne par la photosynthèse et les émissions nocturnes produites par la «respiration» des plantes.

Cette étude, publiée dans la revue Science, confirme globalement la justesse des modèles prévisionnels sur le climat, mais sa précision, basée sur des relevés sur le terrain, va augmenter sensiblement leur précision.

L’étude en question, expliquait hier Hank Margolis, un professeur de la Faculté de foresterie de l’Université Laval qui a participé à cette recherche, est basée sur des relevés réalisés aux quatre coins du monde par 400 capteurs, dont on possède les données depuis 1998. D’autres capteurs, moins nombreux, avaient aussi été installés à partir du début des années 90, dont on possède aussi les séries de données.

M. Margolis ne pouvait pas dire hier si le Canada continuera de participer à ce début de suivi mondial du fonctionnement des écosystèmes en cette période cruciale de transition vers un climat de plus en plus chaud.

En effet, a-t-il expliqué au Devoir, les montants investis par le Canada par l’entremise de la Fondation canadienne des sciences du climat et de l’atmosphère (FCSCA) sont garantis jusqu’au 31 mars 2011 seulement. Le dernier budget conservateur n’accorde aucun prolongement à ces programmes de recherche de suivi planétaire, ce qui risque de désengager le Canada dans un effort international crucial pour la prévision sur le climat.

L’étude en question, sur l’efficacité des grands écosystèmes comme puits de gaz à effet de serre, indique qu’ils captent annuellement entre 115 et 131 milliards de tonnes (Gt pour gigatonnes) de carbone atmosphérique dans le processus de la photosynthèse. Ce dernier est à la base de toute la vie végétale sur la planète, y compris celle destinée à l’alimentation des humains.

La surprise vient de l’efficacité relative de chaque écosystème terrestre dans ce bilan global qui démystifie bien des idées reçues. Le plus efficace de tous est sans contredit la forêt tropicale, qui capte 34 % de tout le carbone absorbé par les écosystèmes. Viennent ensuite les savanes (26 %), les terres cultivées (12 %), qui se retrouvent devant les forêts tempérées (8 %), les forêts boréales (7 %), les déserts (5 %) et la toundra (1 %).

L’étude internationale a aussi permis de mieux comprendre certains facteurs qui influencent l’efficacité du captage de CO2 et de découvrir notamment que l’importance des rejets de carbone par les écosystèmes la nuit est moindre que prévu.

Ainsi, l’étude a permis d’apprendre que «les précipitations constituent le facteur déterminant dans la photosynthèse dans 40 % des milieux terrestre. Cette influence se fait particulièrement sentir dans les savanes, les prairies et les terres cultivées. Dans les forêts tropicales et boréales, c’est plutôt la température qui joue ce rôle», explique Hank Margolis.

Ce dernier a cependant précisé que, si ces mesures constituent par leur ampleur et leur précision une première scientifique, elles ne disent pas tout de la contribution de chaque écosystème au réchauffement du climat.

Un exemple. Si la contribution des forêts boréales est de 7 % au bilan «net» du carbone via la photosynthèse, d’autres phénomènes peuvent entrer en ligne de compte dans le calcul de l’impact de cet écosystème sur le climat. Par exemple, l’extension nordique de la forêt tropicale en raison du réchauffement des régions boréales va réduire l’albédo de ces régions parce que les résineux vont émerger de la neige et réduire la réflexion des rayons solaires vers l’espace. Cela contribuera au réchauffement. Par contre, on sait que la forêt boréale dégage beaucoup d’aérosols qui contribuent à la formation des nuages, ce qui contribue à ralentir le réchauffement. Ces deux exemples montrent que le fin mot sur la contribution globale de ce seul écosystème au réchauffement exigera encore beaucoup d’études, précise le chercheur.
4 commentaires
  • Maurice Monette - Inscrit 7 juillet 2010 12 h 03

    Ce n'est pas étonnant de voir à quel point on voudrait tout faire pour démontrer que...

    ...la production de Gas-à-Effets-de-Serre ou G.-E.-S. par l'industrie humaine et la circulation automobile n'ont qu'un impact "négligeable" sur le réchauffement de la Planète. Les Spécialistes comme Monsieur Margolis ont prise la peine de démontrer que la respiration végétale nocturne n'émettait finalement pas autant de ces G.-E.-S. que les gens d l'Industrie auraient voulus, question de se déculpabiliser. Quelle déception ce doit être pour eux / elles...?

    Le jour, la nature semble contribuer à une production "naturelle" importante. Mais, il est à remarquer que celle-ci a toujours existée depuis des milliards d'années et qu'à celle-ci, l'espèce humaine a due s'adapter depuis qu'elle est Ici-Bas.

    Quand est-ce que ces gens obnubilés(es) par le profit monétaire vont comprendre qu'ils / elles sont les uniques responsables des déchéances actuelles du climat et qu'ils / elles vont arrêter de chercher d'autres coupables que leur immaturité à se limiter aux capacités de support de notre "Mère-la-Terre"...?

    Le réchauffement actuel de la Planète est dû principalement aux abus de tous genres qui ont Sur-exploitée la Biosphère pour faire le plus de profits monétaires possibles. Alors, au lieu de chercher à prouver que l'efficacité des Écosystèmes Terrestres est plus ou moins grande pour absorber le carbone, ainsi qu'assurer une productivité maximale de G.-E.-S. pour faire des profits indécents, ne serions-nous pas plus avisés(es) d'être plus Raisonnables dans nos expectatives de s'enrichir indûment...?

    L'espèce humaine est vraiment immature en essayant de trouver toutes sortes de coupables des déchéances actuelles, alors qu'elle est souvent la première responsable qui a tout déclenché, par ses excès de cupidité incontrôlée.

    C'est à Ça que mène la Cupidité Maladive !

  • P. Boutet - Inscrit 7 juillet 2010 22 h 59

    Recherche scientifique

    Sans recherche scientifique, point de salut!

  • Mario Paquette - Inscrit 8 juillet 2010 11 h 39

    Est-ce que le Canada est intéresser a comprendre les effets des changements climatiques

    extraits : Les montants investis par le Canada par l’entremise de la Fondation canadienne des sciences du climat et de l’atmosphère (FCSCA) sont garantis jusqu’au 31 mars 2011 seulement.
    Le dernier budget conservateur n’accorde aucun prolongement à ces programmes de recherche de suivi planétaire, ce qui risque de désengager le Canada dans un effort international crucial
    pour la prévision sur le climat.

    Il est évident que le gouvernement Canadien n a aucun intérêt a financer ce type d étude étant donné qu il est lui même un des grands émetteurs de CO 2 a cause principalement de l exploitation des sables bitumineux en Alberta.

    Essayer de comprendre le phénomène de captage du CO2 veut dire que nous sommes en accord avec les changements climatiques.
    Aidons la politique canadienne à respecter ses engagements en matière de changements climatiques.

    Appuyer La Loi sur la responsabilité en matière de changements climatiques (projet de loi C-311).

    http://www.npd.ca/C311/appuyer

  • Fernand Trudel - Inscrit 9 juillet 2010 10 h 15

    La recherche se fait pareille mais elle est plus pertinente

    Faire des recherches pour parler de la quadrature du cercle à été rayé des subventions et c'est tant mieux. Comment on regarderait les changements climatiques cycliques sous toutes ses facettes, la nature a de ses imprévus que nul homme ne prévoira. Alors faire des études pour faire des études pour nous culpabiliser d'injecter 0,03% de CO2 dans l'atmosphère est futile.

    Il faut des gestes concrets et c'est ce que le gouvernement en place s'affaire en gérant les sources de pollution bien identifiées dans les annexes du protocole de Kyoto. Naturellement ça ne va pas dans le sens de la pensée unique. Ainsi, il injecte dans la recherche sur le stockage et le captage du carbone et en est même devenu le leader mondial dans le domaine. Les alarmistes carbocentristes ne le disent pas car eux veulent la décroissance économique et démographique et d'implanter la pauvreté universelle appelée simplicité volontaire...

    En trente ans jamais aucun gouvernement ne s'était attaqué autant aux sources de pollution" Seulement quelques mois après avoir été élu, le gouvernement Harper annonçait la dépollution de deux des sites les plus pollués au Canada : Le site de la Sydney Steel au Cap Breton qui traînait dans les études environnementales depuis 30 ans et le site de Rendle Creek dans la baie D'Hamilton. Il s'est aussi attaqué aux grands lacs comme Simcoe, Winnipeg et Supérieur. De plus il a signé des ententes bilatérales avec chaque provinces pour leur verser 1,5 milliards (Québec 350 millions) pour que localement on s'attaque à la pollution environnementale. Personne ne parle de l'étude en cours sur les ours polaires, ni du renouvellement de l'entente Canada-USA sur les pluies acides.

    On ne peut dépenser nos impôts à courir après les mirages des Dom Quichotte écolos. Oui ce gouvernement agi et la recherche se fait pareille.
    http://www.ec.gc.ca/pollution/default.asp?lang=Fr