Le parc automobile se fait plus gourmand

Les ventes de camions légers ont crû de 32 % au Québec depuis le début de l’année, soit quatre fois plus que les ventes de voitures (8 %).
Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger Les ventes de camions légers ont crû de 32 % au Québec depuis le début de l’année, soit quatre fois plus que les ventes de voitures (8 %).

Le parc automobile québécois roule dans la mauvaise direction et brûle tous les feux rouges allumés par Québec pour en réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Selon une analyse du mouvement Maître chez nous au XXIe siècle (MCN21), depuis le début de l'année 2010, les ventes de camions légers, les plus énergivores des véhicules personnels, ont augmenté de 32 %, soit quatre fois plus que la croissance des ventes de voitures (8 %). Au Canada, l'augmentation des ventes de camions est aussi quatre fois plus importante (24 % contre 6 %), démontrant l'inutilité des taxes somme toute trop légères imposées aux véhicules les plus énergivores.

Globalement, selon Statistique Canada, les émissions attribuables à la voiture personnelle ont augmenté de 35 % entre 1990 et 2007, suivant exactement la hausse moyenne des émissions globales de gaz à effet de serre du pays. Cette hausse correspond au double de l'augmentation de la population. Au Québec, la part de la voiture dans le bilan global des émissions est encore plus importante, soit 40 %. Entre 1998 et 2008, la hausse des émissions attribuable aux transports personnels au Québec a augmenté cinq fois plus vite que la population (31 % contre 5 %).

Selon Daniel Breton, porte-parole de MCN21, les constructeurs automobiles affichent une attitude irresponsable, ayant systématiquement augmenté la puissance de leurs modèles les plus populaires sans pour autant diminuer sensiblement leur consommation d'essence.

Programmes faibles

Pour MCN21, les programmes gouvernementaux manquent de dents, et les prix de l'essence favorisent la consommation, ce qui explique que les consommateurs ne se préoccupent plus des émissions de leurs véhicules. Pourtant, de façon fort incohérente, la lutte contre les changements climatiques serait la priorité des Canadiens, selon un sondage récent.

Daniel Breton, comme d'autres groupes écologistes, préconise en priorité la mise en place au Québec d'un véritable «malus-bonus», comme en France pour inverser la tendance au profit de véhicules moins énergivores. En vertu de ce système, les taxes d'achat et d'immatriculation augmentent ou diminuent en fonction des émissions de GES. Les «bonus» accordés aux véhicules moins énergivores sont payés par les «malus» et par les taxes supplémentaires sur l'essence imposés aux autres, de sorte que le système ne coûte rien à l'État.
6 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 22 juin 2010 09 h 27

    L'effet pervers des taxes

    Des taxes dissuasives sur les véhicules énergivores, est-ce une bonne solution ? On peut en douter.

    Pour qui rêve d'un beau camion comme véhicule personnel, ces taxes seront vus comme faisant partie du prix d'achat de ce véhicule. Après tout, un petit camion coûte déjà plusieurs milliers de dollars de plus qu'une voiture dite économique, et ce ne sont pas quelques dizaines de dollars de plus en surtaxes qui vont faire la différence.

    Pour qui récolte les revenus de ces surtaxes, y a-t-il intérêt à voir disparaître cette source de revenu ? Sûrement pas. Les camions font donc la fortune des constructeurs automobiles et des percepteurs de taxe. Qui songerait alors à les voir disparaître ?

    Par ailleurs, taxer le vice pour subventionner la fausse vertu laisse sceptique. Le propriétaire d'un camion aura-t-il, au bout d'un an ou deux, réellement consommé plus de ressources énergétiques que celui d'une Honda Civic ? Si non, pourquoi serait-il surtaxé ? Si oui, le plus simple est de s'en tenir aux taxes sur le carburant, qui est un indice plus fiable de la consommation réelle. Les gens qui font un usage abusif de la voiture ne sont pas nécessairement les propriétaires de petits camions. Focaliser sur le véhicule plutôt que sur l'usage qu'on en fait, c'est faire en partie fausse route.

  • Mario Paquette - Inscrit 22 juin 2010 09 h 59

    Une cout supplémentaire annuel sur le renouvellement des plaques

    Ne soyons pas surpris de voir autant de camion, 4x4, de VU et tout ses véhicules très attrayants sur nos routes. Cela ne veut pas dire qu ils consomment a la fin de l année plus que les autres véhicules économique.
    Il pourrait comme tous citoyen respectable limiter leurs déplacements, s assurer de maintenir leur véhicule en bon fonctionnement en respect aux normes environnementales.

    Peut-etre moi aussi j aimerais en avoir un et me démarquer de la masse. Mais la question est : Combien de Kilomètres ai-je parcouru par ans / combien de litre ai-je consommer = équation magique pour déterminer notre empreinte écolovoiture. Une taxe basées sur le nombre de Km parcourus et de litre d essence envoyer dans l atmosphère.

    Gare au trafiquant d odomètre une peine maximale serait prévue. Ouf ! pour celui qui voyage Saint Sauveur-Montréal chaque jour en Hommer (grosse bibite style tank)la facture risque d etre salé. Ce qui s appelle laisser vivre et payer.

  • Bernard Terreault - Abonné 22 juin 2010 10 h 46

    Inconsistence

    D'un côté la ministre au joli sourire fait des discours verts, on impose une petite taxe, on vilipende les sables bitumineux, de l'autre on dézone le teritoire agricole, et on dépense dix fois plus pour les autoroutes que pour le transport collectif.

  • Bouletrouge - Inscrit 22 juin 2010 12 h 12

    je vais dans le même sens que les commentaires

    En effet, uen toyota camry qui roule à 130 km/h consommera moins qu km qu'une corolla roulant à 100 km/h. Bref, le gabarit de l'auto ne suffit pas. Je suis d'accord avec une taxe de base qui serait proportionelle à la consommation du véhicule. Mais le gros des frais devrait être à la pompe.

  • François Dugal - Inscrit 22 juin 2010 12 h 47

    Mon beau «truck»

    Le camion léger rend tout le monde heureux.
    1-Le fabricant et ses juteux profits.
    2-Les gouvernements avec les taxes sur l'essence.
    3-Les banques et les prêts-auto au tarif alléchant.
    4-Le moron qui peut ainsi faire peur aux cyclistes et aux moto-cyclistes.
    Pendant ce temps, l'immatriculation de mon scooter 200 cc qui fait 3 litres au cent kilomètres est rendu à 373$ par année; madame la ministre affirme que je suis un danger pour la société.
    «o tempora, o mores»