Nature Québec propose des aires protégées moins strictes

Le Québec devrait développer à sa façon un réseau d'aires protégées, mais des aires spéciales, permettant tout de même une utilisation durable des ressources naturelles.

C'est ce que recommande un regroupement d'organismes touchés par la conservation de la nature, dont des trappeurs, chasseurs, pêcheurs et établissements de plein air.

Ces groupes proposent au gouvernement du Québec de créer une nouvelle catégorie d'aires protégées, adaptées aux réserves fauniques, aux zones d'exploitation contrôlée et aux pourvoiries. Il s'agirait en fait d'«aires protégées avec utilisation durable des ressources naturelles».

Dans ces aires protégées, les autorités permettraient la tenue d'activités de chasse, de pêche et de piégeage, voire une forme d'exploitation forestière, mais dans une optique de protection de la biodiversité, explique en entrevue Louis Bélanger, responsable de la commission forêt chez Nature Québec.

Ces aires moins strictement protégées serviraient en quelque sorte de zones tampons entre les aires protégées de façon stricte et les aires plus généralement exploitées.

«On a tendance à tout voir en noir et en blanc. Et ce que les autorités internationales nous disent, c'est qu'il faut qu'on crée ces zones plus ou moins gris pâle, qui vont permettre d'être complémentaires aux aires protégées strictes comme les parcs nationaux», explique M. Bélanger.

Le groupe de travail n'a pas chiffré le nombre de ces aires protégées nouveau genre qu'il voudrait voir établies sur le territoire du Québec. Chose certaine, il tient à ce que ces aires ne soient pas incluses dans l'objectif que le gouvernement du Québec s'est déjà donné, soit de voir protégé 12 % du territoire québécois d'ici 2015.

«Même avec un 12 %, à l'échelle de la planète, c'est reconnu que ce pourcentage-là est insuffisant pour vraiment protéger la biodiversité», justifie M. Bélanger.

«C'est une révolution», ce concept d'aire protégée, opine M. Bélanger.

«C'est un type d'aire protégée qui est nouveau en Amérique, qui est généralisé en Europe et en Asie, mais qui est nouveau en Amérique. Donc, il y a pour certains groupes un genre de prudence ou de scepticisme», rapporte-t-il.

Le groupe conseille d'ailleurs de commencer par des projets pilotes «dès maintenant» pour éventuellement développer tout un réseau.

Le groupe de travail propose même deux noms possibles pour ces aires nouveau genre: «réserve naturelle régionale» ou «paysage naturel régional».