Greenpeace demande à Québec de protéger les «forêts intactes»

Greenpeace demande à Québec d'élaborer dès maintenant une «stratégie de sauvegarde des forêts intactes» en milieu boréal pour pouvoir l'intégrer en 2013 dans la gestion écosystémique, laquelle devra alors s'étendre à toute la foresterie québécoise en vertu de la loi adoptée il y a quelques semaines par l'Assemblée nationale.

De plus, le groupe environnemental estime que Québec devrait, dans un premier temps, faire cartographier par un comité scientifique l'ensemble des forêts primaires — ou «intactes» — de la zone boréale québécoise.

Ces nouvelles propositions ont été présentées hier par Greenpeace à l'occasion du dévoilement d'un document synthèse fort bien vulgarisé des connaissances déjà disponibles sur la forêt boréale. Ce document, que le groupe environnemental présente tantôt comme une «analyse», tantôt comme un «rapport», sert de justification scientifique aux deux nouvelles recommandations formulées hier et à l'appui qu'accorde Greenpeace à plusieurs autres recommandations formulées dans le passé par d'autres groupes écologistes québécois.

Ainsi, Greenpeace reprend l'idée qu'elle a elle-même formulée antérieurement de protéger en priorité la vallée des montagnes Blanches et la région de la rivière Broadback en territoire cri. Cette proposition apparaissait en 2008 dans l'étude scientifique réalisée par Adeline Bazoge pour Nature Québec. Les deux secteurs figuraient dans la liste des 40 aires importantes identifiées pour la survie du caribou des bois.

Christian Messier, professeur de sciences biologiques et spécialiste en foresterie de l'UQAM, a toutefois nuancé la portée de cette proposition de Greenpeace, disant que les secteurs de la Broadback et des montagnes Blanches «sont des secteurs intéressants du point de vue de la protection de la biodiversité, mais qu'aucune des études mentionnées dans le rapport de Greenpeace ne permet de conclure qu'il s'agit des plus importants à protéger». Cela, dit-il, exigerait une véritable étude plutôt qu'une revue de la littérature sur le sujet. Christian Messier est cité comme «réviseur» du rapport publié hier par Greenpeace.
1 commentaire
  • Marie Saint-Arnaud - Abonné 28 mai 2010 12 h 57

    Précaution et solidarité en forêt

    D'accord... Qu'est-ce qui est le plus important? Une forêt ancienne? Un insecte menacé? Un site patrimonial pour un Première Nation? Principe de précaution et solidarité. Voilà l'attitude qu'il nous faudra adopter si l'on veut renverser la vapeur de la dilapidation de notre patrimoine naturel.
    Je passe quelques jours à Tofino, sur l'Ile de Vancouver. Et je peux vous dire que c'est grâce au travail courageux des écologistes, des environnementalistes et des Nuu-Chah-Nulth que nous pouvons aujourd'hui apprécier l'extraordinaire beauté des lieux et marcher dans le silence des forêts qui sont parmi les plus anciennes du monde. Ici, après la célèbre "War in the Woods" de 1983-84, un économie basée sur la conservation et l'écotourisme a remplacé celle de l'industrie extractive à grande échelle. Tofino est aujourd'hui un modèle de diversité économique, sociale et environnementale. Matière à réflexion pour une Entente sur la forêt boréale.
    Marie Saint-Arnaud, biol. Ph.D.