La pauvreté et le climat ne forment qu'un seul grand défi, selon Al Gore

Al Gore s’adressait hier au millier de délégués du Sommet du millénaire de Montréal.
Photo: Agence Reuters Shaun Best Al Gore s’adressait hier au millier de délégués du Sommet du millénaire de Montréal.

Pauvreté extrême et changements climatiques sont deux «défis inextricablement liés», qui constituent pour l'humanité «le défi moral de notre époque», selon Al Gore, ancien vice-président des États-Unis.

Ce dernier s'adressait hier au millier de délégués du Sommet du millénaire de Montréal, réunis au Palais des congrès.

Les États-Unis, a-t-il reconnu, méritent de figurer en tête des pays qui n'ont pas fait assez en matière de lutte contre les changements climatiques. Et les États-Unis, a-t-il dit, ont l'obligation morale de faire preuve de leadership en raison de leur responsabilité dans le réchauffement du climat, car ils sont encore perçus par plusieurs comme étant un pôle majeur de leadership international dans ce domaine, «avec le Canada».

«Le fait qu'on n'ait pas fait preuve d'autant de leadership que ce qu'on attendait de nous, a-t-il dit en liant les deux pays, explique en bonne partie la déception de la conférence de Copenhague.»

Tractations en coulisse avec la Chine

Lundi prochain, le projet de loi sur le contrôle des émissions étatsuniennes revient à l'ordre du jour du Congrès des États-Unis et donnera lieu à une «dure bataille». Mais Al Gore estime que son pays devrait pouvoir se doter d'ici un an d'une loi sur le contrôle de ses gaz à effet de serre (GES), ce qui changerait du tout au tout la donne internationale.

Il a d'ailleurs levé le voile sur les tractations diplomatiques de coulisses entre les États-Unis et la Chine, dont l'issue explique aussi, à son avis, l'échec de Copenhague.

L'administration étatsunienne espérait que le Sénat adopte un projet de loi afin de ramener les émissions de ce pays à un niveau inférieur à celui de 1990. Mais tel n'a pas été le cas et la Chine, qui aurait été prête à aller plus loin si les États-Unis s'étaient liés dans un traité contraignant, a fait machine arrière à Copenhague pour s'en tenir à des engagements volontaires.

Néanmoins, pour Al Gore, Copenhague n'est pas un échec mais un succès partiel. Plus de 190 chefs politiques de partout dans le monde se sont rendus à Copenhague, où ils ont tous plaidé pour aller plus loin dans la lutte contre les changements climatiques, dit-il. «Et pas un seul n'a remis le réchauffement du climat en question ou n'a tenté d'en minimiser les impacts», ajoute-t-il.

Vulnérabilité

Pour Al Gore, la lutte contre le réchauffement du climat confine dans leur vulnérabilité endémique les pays les plus pauvres, parce que les perturbations du climat ne correspondent plus aux savoirs traditionnels qui permettaient aux agriculteurs de régler leurs récoltes sur les saisons. Les sécheresses, tout comme les inondations intempestives et les ouragans, frappent plus durement ces pays pauvres qui n'ont pas les moyens de faire face à ces catastrophes attribuables aux changements climatiques.

«Les liens entre pauvreté extrême et crise climatique ne sont pas théoriques, mais bien réels, martèle Al Gore. Il faut lier les deux enjeux si on veut obtenir des résultats autant d'un côté comme de l'autre.» S'il n'y a pas de concertation entre pays riches et pauvres, dit-il, plusieurs risquent d'adopter nos pires méthodes de développement, dépendantes des combustibles fossiles et d'approvisionnements incertains.

Stabiliser la population

Pour stabiliser les émissions de GES d'origine humaine, qui atteignent 90 millions de tonnes par jour, ajoute Al Gore, il faut aussi stabiliser la population humaine en relevant le niveau de vie des pays pauvres, qui ont les taux de reproduction les plus élevés. On peut y arriver avec des limitations autoritaires. Mais aussi par l'éducation des filles, l'émancipation des femmes, la planification des naissances et l'augmentation du taux de survie des enfants.

En une centaine d'années, explique l'ancien vice-président des États-Unis, la population mondiale a été multipliée par quatre, d'où une empreinte écologique mondiale sans précédent sur les ressources planétaires, que le réchauffement du climat ne peut qu'aggraver.

Mais, conclut-il, la technologie offre déjà les moyens de lutter à la fois contre la pauvreté extrême et le défi climatique si la volonté politique — une «ressource renouvelable» si on sait voter! — finit par être au rendez-vous. L'ancien vice-président a conclu son discours sous une salve d'applaudissements en ponctuant à la Obama: «It can be done. It must be done!» (On peut le faire. On doit le faire!)
 
3 commentaires
  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 23 avril 2010 08 h 23

    Quel génie

    Comme si on ne savait pas que ce sont les pays au climat tempéré qui se sont le plus développés.

    Québec

  • Maurice Monette - Inscrit 23 avril 2010 11 h 50

    Hypocrisie...!

    Ça prend bien un ancien Vice-Président du Pays qui a eus le plus d'impacts sur la Planète, que ce soit sociaux, environnementaux ou économiques, en ayant comme objectif secret de perpétuer la fameuse lubie démoniaque de la création de la richesse de ce Pays, pour tenter de faire la Leçon au Monde Entier. La continuation de l'épuisement des ressources naturelles de notre "Mère-la-Terre" est le seul objectif visé par ces nantis(es). Celle-ci était toujours d'Émeraude jusqu'à ce que la lubie maladive des "amerlos" de créer de la richesse "coûte que coûte" ne devienne internationnale. Pour ce faire, "ceux-ci" n'ont eu qu'à mettre en branle la malheureuse série de Réunions des Pays du G-5 tout d'abord puis, devenu G-6, G7 et maintenant G-8, à partir de la seconde moitié de la décennie 80. Rappelez-Vous ! Ces G-X sont les Pays les plus Industrialisés de la Planète alors...

    Les Pays membres de ce Club Sélect sont les Pays dont la philosophie est basée sur la fameuse "création de la richesse", si chère à Madame Jérome-Forget, qui ne concerne finalement que les mieux Nantis(es) de la Planète. Alors, cet ex-Vice-Président croit ou essaie de faire croire qu'il est possible de contrer l'Apocalypse actuel, en inventant toutes sortes de "bidules" que l'industrie des "amerlos" aura le génie inventif de mettre au point, pour engranger encore plus de profit$...indécent$ Non mais, ça va pas la tête !

    L'Apocalypse actuel est irréversible et personne, aussi riche soit-il / elle, ne pourra inverser ce Processus d'épuration de la Population Mondiale. Ne verraient-on pas que tout les Cataclysmes qui se sont concrétisés jusqu'ici, c'est à cette fin qu'ils se réalisent...? Les Régions dévastées par une chaleur infernal, ce sont l'équivalent de "l'Enfer" qu' enseignaient par la religion catholique. Alors, dans ces endroits se retrouvent Ré-incarnés(es) les esprits ou âmes qui se sont méritées de telles Punitons. Ce sont les seuls endroits où ils / elles avaient le "Libre-Choix" de se Ré-incarner. Le savoir-faire des U. $. A. (U. S. A.) pour assainir ces lieux, ce n'est qu'un coup de marketting.

    Qu'on s'ouvrent les Yeux, bon $en$ (sens) !

    Ces "amerlos" veulent encore plus appauvrir les Gens bien-pensants(es), en jouant avec leur "corde-sensible de la Compassion" mais, ce n'est que pour "engranger" toujours plus d'argent du Monde Entier. Ces gens peu Spirituellement Évolués(es) n'ont foi qu'à l'argent que le commerce rapporte donc, tout pour créer des possibilités de commercialisation. Que notre "Mère-la-Terre" en soit épuisée, ils / elles n'en ont rien à foutre, c'est l'occasion de faire de l'argent et ces "amerlos" vont tout faire pour en tirer le plus de profits monétaires possibles.

    Ne voyez-Vous pas l'Arnaque ?

  • France Marcotte - Abonnée 23 avril 2010 13 h 42

    Pas seulement ailleurs

    [...la lutte contre le réchauffement du climat confine dans leur vulnérabilité endémique les pays les plus pauvres, parce que les perturbations du climat ne correspondent plus aux savoirs traditionnels qui permettaient aux agriculteurs de régler leurs récoltes sur les saisons]. Dans les pays plus riches aussi des savoirs traditionnels sont perturbés et on saura peut-être un jour à quel point cette perte soudaine de certains repères, comme celui de la succession habituelle des saisons, a affecté profondément les populations du monde.