Discours, trouvailles et récupération primaire

Plus de six millions de Canadiens, dont près de 400 000 écoliers à travers le pays, ont fêté de différentes manières hier le 40e Jour de la Terre pendant que de grandes entreprises, des organisations et des politiques se paraient de vert avec des discours, des projets et des initiatives qui allaient de la trouvaille intelligente à la récupération primaire.

Ailleurs dans le monde, 184 pays ont participé au mouvement avec des initiatives de toutes sortes, des plus concrètes, comme des corvées de nettoyage, aux plus symboliques, en passant par des conférences et des colloques.

Ce «mouvement participatif le plus important de la planète», selon Pierre Lussier, directeur du Jour de la Terre Québec, se veut une occasion de dresser un bilan environnemental personnel. Jacques Languirand, le porte-parole de cet événement au Québec, y voit un moyen de réaliser qu'il est possible pour chacun d'oeuvrer à réduire l'empreinte humaine sur la planète. Avec le clin d'oeil cynique qui précède son rire légendaire, il ajoute que, «si l'engouement pour le Jour de la Terre pouvait s'étendre sur les 365 jours de l'année, nos soucis environnementaux pèseraient moins lourd».

Alors que les politiciens participaient à une plantation symbolique de 40 arbres dans le centre-ville, pour compenser sans doute ceux coupés derrière la Place des Arts, les militants et sympathisants verts participaient hier à une marche silencieuse dans la métropole.

Des éco-quartiers de Montréal avaient organisé des collectes de matières dangereuses et d'équipement informatique. La Ville dressait un bilan flatteur de son plan de développement durable. Montréal-Nord annonçait plus d'un million en aménagement d'espaces verts. L'Union des municipalités du Québec mettait en évidence son programme Écomunicipalités, qui favorise l'adoption de politiques environnementales proactives.

Bien des sociétés commerciales ont profité de cette journée pour peindre leurs produits en vert, au point que la surconsommation pouvait pratiquement passer pour une oeuvre écologique hier...

Mais certains y sont allés d'initiatives créatrices, comme Aéroplan, qui a distribué hier un million de «milles» en augmentant de 40 %, gratuitement, la mise de ses clients qui achetaient avec les «milles» accumulés de crédits d'émission de GES pour effacer l'empreinte écologique de leurs voyages et de leurs activités.

En écho à cette initiative, le Jour de la Terre des États-Unis et le groupe Global Footprint Network lançaient un calculateur d'empreinte écologique permettant de mesurer les impacts de notre consommation personnelle (www.footprintcalculator.org).

Au Québec, des centaines d'organisations environnementales invitaient pour leur part les citoyens à se joindre au Défi Climat (www.deficlimat.qc.ca), dans lequel chacun peut prendre des engagements après avoir utilisé l'impitoyable calculateur de Global Footprint.