Greenpeace part en guerre contre Nestlé

Dans les trois dernières années, Nestlé a plus que doublé sa consommation d’huile de palme, qui entre dans la confection de plusieurs barres de chocolat comme substitut aux huiles végétales partiellement hydrogénées à l’origine de la formation des gras trans.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Dans les trois dernières années, Nestlé a plus que doublé sa consommation d’huile de palme, qui entre dans la confection de plusieurs barres de chocolat comme substitut aux huiles végétales partiellement hydrogénées à l’origine de la formation des gras trans.

Coup de barre contre la multinationale de l'alimentation. Le groupe de pression environnemental Greenpace a accusé hier le géant suisse Nestlé de contribuer, avec ses populaires produits, à la dévastation de la forêt tropicale. Raison invoquée? L'utilisation massive par le transformateur alimentaire d'huile de palme provenant d'Indonésie et dont la production, en hausse depuis quelques années, est à l'origine de la destruction de cette forêt et de sa biodiversité.

«Chaque fois que vous faites la pause Kit-Kat et mordez dans une barre de chocolat de Nestlé, vous contribuez à la destruction de la forêt tropicale indonésienne. Or, ces forêts sont essentielles à la survie des orangs-outans», a indiqué hier Mélissa Filion, directrice de Greenpeace au Québec, qui demande à la multinationale de cesser immédiatement ses approvisionnements en huile de palme «auprès de fournisseurs qui détruisent les forêts indonésiennes».

Dans les trois dernières années, Nestlé a plus que doublé sa consommation de cette huile tropicale qui entre dans la confection de plusieurs barres de chocolat, dont les Rolo, Coffee Crisp, Turtles et Aero, comme substitut aux huiles végétales partiellement hydrogénées à l'origine de la formation des gras trans dans l'alimentation industrielle. Ces gras trans ont été conspués dans les dernières années en raison de leurs effets délétères sur la santé.

Dans un rapport de 13 pages dévoilé hier, les gardiens de la paix verte dénoncent les liens étroits entre Nestlé et le géant indonésien Sinar Mas, un gros fournisseur d'huile de palme en Indonésie, dont les activités contribuent, selon Greenpeace, à la dévastation de la forêt tropicale, des tourbières ainsi que des zones d'habitat naturel des orangs-outans. Le défrichement illégal de zones forestières afin d'y planter les lucratifs palmiers à huile est à la source du problème. Mis au parfum de ces pratiques en décembre dernier, Unilever et Kraft ont d'ailleurs cessé leur approvisionnement auprès de Sinar Mas, rappelle Greenpeace, qui ne comprend pas pourquoi Nestlé ne leur emboîte pas le pas.

Malgré nos appels, il n'a pas été possible de parler hier à un représentant canadien de la multinationale. Dans un avis diffusé l'an dernier, Nestlé s'est engagé à utiliser uniquement de l'huile de palme répondant à des critères de développement durable d'ici 2015. Cette huile est certifiée par la Roundtable on Sustainable Palm Oil (RSPO), un organisme international fondé en 2004. Nestlé s'en est rapproché afin de répondre aux critiques des consommateurs. Actuellement, à peine 20 % de la production mondiale est certifiée. Avec 320 000 tonnes consommées chaque année, Nestlé n'absorbe que 0,7 % de la masse visqueuse d'huile de palme produite sur la surface du globe.
1 commentaire
  • Lise Jacques - Abonnée 18 mars 2010 09 h 40

    Nestlé: pas un cadeau!

    De plus cette compagnie avec sa kyrielle de produits ultra transformés est loin d'être bénéfique pour la santé des gens. Prenons le temps de lire les étiquettes et nous pourrons faire de meilleurs choix alimentaires pour notre santé. C'est de plus en plus évident que ce qui est bon pour notre santé est également bon pour la plan;te et vice-versa!

    Vous me direz Nestlé n'est pas la seule et j'acquiescerai...ce qui est bien dommage!