Changements climatiques - L'ONU fait valider les méthodes du GIEC

Manifestation contre la pollution
Photo: Agence Reuters Manifestation contre la pollution

Porté aux nues en 2009 avec un prix Nobel de la paix, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) est devenu le champ de bataille entre «climatosceptiques» et «réchauffistes» après les «climategate», «himalayangate» et «amazonegate». Ces campagnes de dénigrement ont fait les choux gras des blogues et de la presse à sensation en Angleterre et aux États-Unis sans pour autant miner la réalité du réchauffement climatique auprès des gouvernements.

Dans l'espoir d'enrayer les dommages infligés depuis quelques mois à la crédibilité du GIEC par différentes révélations sur des erreurs et des faiblesses de son système de révision scientifique, l'ONU a décidé hier de demander un examen critique des processus scientifiques de son organe scientifique au Conseil interacadémique (InterAcademy Council).

Ce dernier regroupe aux Pays-Bas des représentants des grandes académies scientifiques de la planète, qui font autorité par leur compétence et leur indépendance.

Mais cette révision des méthodes de travail du GIEC ne suppose aucune remise en question du réchauffement climatique et de la responsabilité des humains, a affirmé le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

«Que ce soit bien clair, a-t-il déclaré à l'AFP, la menace posée par le changement climatique est réelle. Rien de ce qui a été affirmé ou révélé dans les médias récemment ne modifie le consensus scientifique de fond sur le réchauffement du climat.»

Le panel d'experts que le Conseil interacadémique mettra sur pied verra à améliorer les règles de transparence et les méthodes de travail du GIEC, l'exactitude et de l'objectivité de ses analyses et optimiser la manière de réduire au minimum les risques d'erreurs.

L'ONU n'est pas la seule à penser que le choc des derniers mois entre la culture des blogues et les cercles scientifiques n'ébranle aucunement la réalité du réchauffement du climat, confirmé par des observations de plus en plus nombreuses, validé par des analyses plus consensuelles d'une année à l'autre et projetées dans l'avenir avec une précision qui croît au rythme des progrès de l'informatique.

Ainsi, prenant le contre-pied de la campagne orchestrée par les climatosceptiques, l'Association américaine pour l'avancement des sciences a confirmé le 20 janvier, à l'issue d'un colloque international, que les quelques erreurs détectées dans certaines études révisées par le GIEC ont été exagérées et n'invalidaient aucunement la somme des observations concomitantes consignées dans des milliers d'autres études.

«Climategate» et cie

Fin novembre, des pirates informatiques toujours non identifiés pillent 1703 courriels dans les dossiers de la division de recherches sur le climat de l'Université d'East Anglia en Grande-Bretagne. Ces pirates, toujours recherchés, publient des courriels dans lesquels des chercheurs font état de leurs réserves sur l'intégration de données de natures différentes sur l'évolution du climat. Les adversaires du GIEC y voient aussitôt la «preuve» que l'accélération récente du réchauffement est une imposture montée de toutes pièces par des chercheurs manipulateurs.

Le refus répété de ces chercheurs de dévoiler les données à la base de leurs analyses est d'autre part considéré par les sceptiques comme la preuve de la fausseté de leurs conclusions. Les chercheurs, qui répondaient aux demandes de précisions il y a quelques années, voient désormais dans l'inondation de demandes dont ils sont l'objet un véritable harcèlement. Plusieurs refusent désormais de jouer le jeu des climatosceptiques qui, disent-ils, ne font aucune recherche mais se spécialisent dans la déformation de leurs conclusions.

L'Académie royale des sciences de Grande-Bretagne est en train de réviser toute l'affaire pour voir s'il y a eu manipulation. Au coeur de cette polémique, deux dossiers à divergences multiples, comme il en naît dans toute révision et discussion entre pairs, le coeur de la démarche scientifique.

Certains sceptiques remettent en question des séries de mesures sur l'évolution du climat parce que le nombre de stations de mesures en Chine a été réduit, donnant la priorité à celles des villes où les températures sont plus élevées. Mais s'il y a là un flottement, il n'invalide aucunement un réchauffement confirmé de cent autres manières, notamment par les satellites et les relevés dans les océans.

L'autre polémique touche l'intégration de données provenant d'analyses dans des arbres enfouis sous terre, qui témoignent par leurs anneaux du climat de leur époque. Or ces données ne coïncident pas toujours avec celles d'autres disciplines. En réalité, plusieurs facteurs autres que le climat peuvent influencer la croissance des arbres, comme l'abondance ou la rareté de l'eau, par exemple. La difficulté d'intégrer ces données avec d'autres a été interprétée comme une manipulation.

Puis survint l'«himalayangate», beaucoup plus gênant pour le GIEC. Malgré l'avis du glaciologue Georg Kaser, un des rapports du GIEC de 2007 a prédit que les glaciers de l'Himalaya devraient fondre d'ici 2035. Mais cette prédiction reposait non pas sur une étude, mais sur un document du Fonds mondial de la nature (WWF), inspiré par un article du magazine New Scientist. Le GIEC a admis qu'il y avait eu ici une véritable erreur.

Une autre polémique similaire cible une autre prévision du GIEC voulant que 40 % de la forêt amazonienne soient touchés par le réchauffement du climat. Mais cette conclusion serait appuyée sur l'analyse de deux groupes environnementaux.

La campagne contre le GIEC a atteint son point culminant quand le président du GIEC, Rajenda Pachauri, a publié un roman sulfureux et autobiographique financé par le patron d'une société gazière et pétrolière. Il a aussi été accusé d'avoir servi de conseiller à des industriels et des gouvernements, ce qu'il dit être son rôle, mais personne n'a pu prouver qu'il n'a pas remis tous ses cachets au GIEC.
18 commentaires
  • Dominic Pageau - Inscrit 11 mars 2010 00 h 56

    Rien à attendre de cette vérification

    Ça ne changera rien à rien, le IAC vise à créer des tendances dans la science, comme le GIEC. C'est de la science approuvée en haut qui est imposé en bas. Il est vrai que dire que 60% du territoire des Pays-Bas est en zone inondable, c'est une petite erreur, j'espère qu'elle va être relevé par l'IAC qui est basé là-bas.

    Un des grosses figures éclaboussés par le climategate, Phil Jones, qui était directeur du Climate Research Unit et un des auteurs du rapport du GIEC et à la tête du hadley center qui compile les relevés de températures des stations météo de partout dans le monde, a affirmé à la BBC qu'il n'y avait aucune certitude sur l'impact de l'homme sur le climat. Il a aussi admit qu'il y a eu plusieurs phases de réchauffement refroidissement lors des 130 dernières années et celles de 1975-1998 équivalait à celle de 1860-1880. Il ajoute qu'il n'y a plus de réchauffement significatif depuis 1995 et que si il est démontré qu'il y a eu dans le passé des changements semblables, comme l'optimum médiéval sur toutes la planète, ça démontrerait que de pareil changement ne sont pas sans précédent, ce qu'il demande existe, de nombreuses recherches sur en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie par exemple en Chine, démontre qu'il y eu réchauffement partout sur la planète il y a de ça 1000 ans.

    Donc, Jones, qui doit en mener un peu moins large et qui doit peser un peu plus ses mots maintenant avoue que la thèse du réchauffement par la CO2 repose que sur l'incapacité du GIEC d'expliquer le réchauffement entre 1975-1998 autrement. Kevin Trenberth, un des auteurs principaux des rapports du GIEC (lead author) a dit dans un éditorial pour la revue Nature que les "scénarios" du GIEC n'ont aucune valeur prédictive. Ils sont basé sur des modèles tellement simplifiés que le résultat n'est pas crédible. L'homme est expert en modèle climatique GCM. Ce même Trenberth à voulu contraindre un expert en tempête tropicale à écrire un rapport concluant à l'aggravation du phénomène en raison des changements climatiques. Comme ce n'était pas prouvé, cet expert a démissionné du GIEC. CE même Trenberth s'est désolé dans un courriel rendu public grâce au climategate que le climat ne se réchauffait plus alors que ses modèles avaient prédit le contraire.

    Le GIEC c'est une grosse arnaque, il a été fondé par des catastrophistes afin de faire la promotion de leur théorie. Et on voit que malgré la controverse, rien ne va changer, car ça, ce n'est pas remis en question et ça ne sera pas valider par le IAC. Il est faux de dire que de plus en plus de recherches tant à démontrer l'influence de l'homme sur le climat, c'est plutot l'inverse.

  • Godfax - Inscrit 11 mars 2010 05 h 16

    Vernanski à la rescousse

    La c’est trop paradoxal pour mon cerveau, l’académie anglaise reine de l’empirisme britannique à la Francis Bacon, va nous refaire le grand jeu du mixe de procédé scientifique qui est LE non sens dans cette histoire.

    La théorie du réchauffement climatique vient d’une hypothèse métaphysique qui est le contraire de la méthode anglo-saxonne empiriste. C’est à la base une erreur de philosophie scientifique ou un manque de bonne foi que d’avoir confié ce dossier à une institue qui a pratiquement inventé la méthode empirique. L’idée c’est qu’elle peut faire de l’empirisme sur n’importe qu’elle hypothèse métaphysique. Et de toute façon tout les calcules vont finir dans le même ordinateur de toute façon
    .
    Peut importe les académies qui prendront le relais de ce pseudo-consensus; les gents bien informé sur toute l’origine de cette histoire pathétique qu’est l’écologie moderne ne tomberont jamais dans le panneau. Cette science est complètement dénaturée depuis les délires néomalthusiens panthéisme subtil de Aurelio Peccei (le fondateur du club de Rome et membre influant de diverses sectes new-âge et pote à George Bush), est une menace terrible pour l’humanité, la science et la démocratie. Pasteur et Vernanski les véritables fondateurs de l’écologie biosphérique doivent pas mal gigoter dans leurs tombes.

    Toute cette vision empirique qui place l’homme comme un parasite de la terre fait maintenant partie du fondement de ces idées. Je ne suis pas un climato sceptique, je suis l’ennemie du jour de la terre point final.

    C’est vraiment délirent juste cette semaine j’ai parlé avec quelques profs de physique allumé et il y a vraiment un lien à faire entre l’analyse du, Limits to Growth et son fondement avec la loi de l’entropie (2ieme lois de la thermodynamique). Puisque le vivant est par principe negentropique c’est métaphysiquement l’équivalent d’appeler la terre à la mort dirais Vernanski. En gros dans le rapport Meadows est un calcule d’ordinateur comme celui du giec qui décide du sort de l’humanité.

    Dans le calcule, il y on placé l’innovation scientifique comme une simple valeur numérique sociologique, une statistique sans âme un peu comme nos légions de pantins fonctionnaires le ferai. C’est de l’antiscience purement et simplement.

    Le développement durable est à mes yeux basé sur une prophétie religieuse post-baby-boomer avec sont bon font de refus global. Mais il faut quand même y réfléchir, parce que les futures « droit de la terre » vont être un peu comme l’escroquerie « des droit de la personne » de Trudeau et ça sera entièrement géré par l’autocratie de la cours suprême du Canada. C’est un pas de plus vers la mort de la démocratie à moyen terme.

    Mais soyons sérieux, si la gang de Maurice Strong et sa gang de milliardaires réussi à faire son gouvernement supranational autoritaire si chère aux altermondialistes, ce ne sera pas beau à voir, c’est évident. Un panneau solaire et les éoliennes n’ont même pas toute les chances de collecté la quantité d’énergie qui on été nécessaire à la société pour sa construction. C’est un peut comme faire des batteries. Le coût en rapport en économie réel est simplement négatif. Nos économistes néolibéral qui vente l’énergie renouvelable on complètement perdu les rails (ça on le sait depuis longtemps). La densité énergétique est intimement liée à la densité de population potentielle. Si l’énergie coute plus cher à produire la nourriture et l’eau potable aussi le sera. La désindustrialisation mondiale c’est virtuellement une pendaison de l’humanité (surtout des plus pauvres).

    Ce nouvel ordre mondial pourrait tuer des milliards d’humain, ça va complètement détruire la civilisation. Il faut rappeler au vert et aux l’adepte de la décroissance qu’on n’est pas dans un conte de fée, la baisse dramatique du niveau de vie d’un peuple se traduit invariablement par l’instabilité général. Barbarie, épidémie guerre civil, on n’a aucun exemple historique d’une société qui n’est pas sombré dans le chaos dans ces conditions.

    Ici au Québec notre organe agro-industriel est en piteuse état, même si notre pib a augmenté, notre économie réel c’est délabré considérablement depuis la révolution tranquille. L’utopie du mondialisme postindustriel ne peut plus durer, ce néocolonialisme militaro économique qui réduit les terres du sud à l’esclavage et celle de l’occident à la décadence moral a ses limites.

    Alors oui à la néoindustrialisation, les hippies doivent revenir sur terre, la base du système agro-industriel qui est negentropique est le fondement central de l'humanité depuis la nuit des temps, la technosphère c’est notre écosystème. L’écologie moderne est simplement anti-écologique et de nature religieuse.

    Gabriel Claveau
    emancipationquebec@hotmail.com

  • Sébastien Hains - Inscrit 11 mars 2010 08 h 47

    Encore des doutes sur les changements climatiques???

    C'est étonnant de voir des gens encore émettre des doutes sur l'influence de l'homme sur le climat. Sans doute cette influence est-elle difficile à quantifier, mais on ne peut pas la nier pour autant.

    Comment croire que l'humanité peut continuer à émettre dans l'atmosphère, année après année, l'équivalent d'une montagne de carbone solide de 1 500 m de hauteur par 20 km de circonférence, et ce, sans influence quelconque sur le système atmosphérique?

    Faut-il être un Dieu pour croire que celà peut avoir un impact sur le climat?

    Et les climatoseptiques, trouvez-vous qu'on vient de traverser un hiver normal? Et que dites-vous de ce printemps anormalement hâtif?

    S.V.P., sortez vous la tête du sable!

  • Sanzalure - Inscrit 11 mars 2010 08 h 48

    Les climatosceptiques ?

    Le fait qu'il y ait eu des réchauffements climatiques dans le passé ne prouve pas que le changement climatique actuel n'est pas influencé par l'activité humaine. J'aimerais que les compagnies d'assurances tiennent un registre des «climatosceptiques» pour savoir à qui envoyer la facture lors des prochaines catastrophes écologiques.

    Les «hippies» font partie du mouvement qui a mené au développement de l'économie solidaire au Québec. Et l'économie solidaire crée plus d'emplois que les grandes entreprises qui sont en période de mises à pieds massives.

    L'écologie moderne n'est pas religieuse. Les religieux soutiennent l'armée aux États-Unis et au Canada et sont contre l'écologie.

  • Denis Laforme - Inscrit 11 mars 2010 09 h 29

    Climatosceptiques : vous l'êtes sans aucun doute.

    M.Pageau et M. Claveau, il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. Le réchauffement climatique est un fait avéré et les causes sont bien connues : les combustibles fossiles en sont responsables à 95%, on peut laisser une petite responsabilité de 5% à l'énergie provenant du soleil.