Les centres de tri respirent un peu mieux

Au début de la crise économique, le prix moyen des matières recyclables est passé au Québec de 115 $ à 35 $ la tonne. Il se situe présentement autour de 85 $ la tonne.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Au début de la crise économique, le prix moyen des matières recyclables est passé au Québec de 115 $ à 35 $ la tonne. Il se situe présentement autour de 85 $ la tonne.

Après une année difficile où ils ont peiné à écouler le matériel récupéré dans les bacs verts, les centres de tri du Québec relèvent la tête et reprennent le chemin de la rentabilité.


C'est ce qu'a affirmé hier au Devoir la présidence-directrice générale de Recyc-Québec, Ginette Bureau. Cette sortie du tunnel est essentiellement due au relèvement du prix des matières recyclables au cours des derniers mois, dit-elle.

À l'automne 2008, soit au début de la crise économique, le prix moyen des matières recyclables est passé au Québec de 115 $ à 35 $ la tonne. Cet effondrement des prix s'est poursuivi pendant plusieurs mois en 2009, mais la reprise s'est amorcée il y a quelques mois. Si les prix ne se sont pas relevés à leur niveau du début de 2008, le prix moyen des matières recyclables se situe présentement autour de 85 $ la tonne, ce qui a permis à la plupart des centres, affirme Mme Bureau, de retrouver un équilibre budgétaire, parfois précaire mais réel.


Aucune fermeture, aucun gaspillage

Dressant un bilan de cette année difficile, la p.-d.g. de Recyc-Québec précise qu'aucun centre de tri n'a fermé ses portes en raison de l'effondrement du marché. Et, affirme-t-elle, aucun centre ne s'est débarrassé de ses surplus de matières recyclables dans un site d'enfouissement, ne serait-ce qu'en raison du coût élevé de cette filière au Québec.

La cellule de crise mise sur pied par Québec et des aides financières ponctuelles ont permis, explique Mme Bureau, de trouver de nouveaux édifices pour stocker les surplus de matières recyclables ou de les acheminer vers des recycleurs qui avaient encore de la place dans leurs installations.

Un des éléments importants qui ont permis de faire face à cette crise, ajoute-t-elle, a certes été la possibilité pour les recycleurs de renégocier leurs ententes avec leurs principaux clients municipaux. Ainsi, la société Tiru, qui avait obtenu le contrat de recyclage de Montréal à coût nul pour la Ville, a renégocié son contrat de gré à gré, de sorte que cette entreprise a pu tenir le coup malgré l'effondrement des prix internationaux et locaux.

Mais cette expérience, qui a été traumatisante dans plusieurs régions, a forcé les villes, leurs fournisseurs de services et Québec à se prémunir dès maintenant contre d'inévitables nouvelles variations de prix.

L'automne dernier, Québec a ainsi annoncé qu'il investira 6 millions en trois ans pour raffermir les opérations des 37 centres de tri de la province.

Hier, en Estrie, le premier ministre Jean Charest annonçait l'octroi d'une première tranche de 1,7 million à six centres de tri, dont 440 000 $ à la Ville de Sherbrooke. Pour avoir droit à ces fonds, les centres doivent procéder à une évaluation de leur performance afin de trouver les créneaux les plus rentables. Pour plusieurs, cela consistera à améliorer la qualité du tri afin d'obtenir de meilleurs prix et des contrats plus solides avec les transformateurs de ces matières récupérées.
4 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 4 mars 2010 05 h 22

    Pouquoi payer des gens pour faire ce que nous devrions faire nous même?

    Avez-vous vu ces gens dans un centre de tri piger des objets tantôt en papier, tantôt en métal, tantôt en plasqique amenés rapidement, pêle-mêle sur une courroie sans fin. Et le reste qui s'en va au déchèts.

    Combien d'argent serait épargné si on demandait aux citoyens de faire ce tri eux-même chez-eux. Il ne faudrait que quelques secondes, à chacun de nous, pour nettoyer, séparer et déposer dans des bacs appropriés les produits recyclables de métal, de verre, de plastique et de papier.

    Mais non. L'État est riche. Mettons tout celà dans un grand bac qui ressemble autant à un bac à déchèts qu'à un bac à recyclage, et quelqu'un quelque part va s'occuper de jeter ce qui n'est pas bon et trier s'il le peut, avant que les objets amenés sur cette courroie ne soient envoyés aux déchets, ce qui devrait être recyclé, laissant jeter aux dépotoirs, toute une variété d'objets dont on ne saura jamais s'ils étaient recyclables ou pas.

    Du calme, me direz-vous, on a les moyens, et on fait faire cela pas d'autres.

  • Yvan Dutil - Inscrit 4 mars 2010 07 h 13

    Pare que c'Est plus facile

    On ne fait pas le tri à la source parce que cela augmente le taux de récupération des déchets. Le québécois moyen trouve déjà cela compliqué, alors si on lui demande de faire le tri complet à la maison, c'est la poubelle qui va en profiter.

  • Catherine Paquet - Abonnée 7 mars 2010 10 h 16

    M. Dutil. Est-ce si compliqué, qu'un citoyen moyen ne puisse pas comprendre?

    Exemple. Si on explique aux citoyens que son administration publique obtiendra un bien meilleur prix, la tonne, pour du papier/carton recyclable, s'il est exempt de plastique, que s'il se retrouve dans une mon bonne catégorie parce que les boîtes de papiers mouchoirs n'ont pas été dépouillées de leur plastique. Le citoyen peut faire cela, enlever le plastique dans l'ouverture des bîtes de papiers mouchoirs, alors que les ouvrier, payés pour faire le tri n'auront jamais le temps de faire celà, et on n'aura pas les moyens de les payer pour faire celà.

    Si les citoyens ne participent pas, avec de petits efforts, ils d'appauvrissent des deux façons.

    Si vous aimez payer pour rien, c'est votre affaire.

  • Francis Robitaille - Inscrit 8 mars 2010 12 h 35

    Modèle à suivre en Ontario

    À Guelph, en Ontario, cette ville est réputée pour être très pro-recyclage. Et ils ont plusieurs codes de couleurs pour les sacs. Chaque couleur représente un type de matière à recyclé. Cela prends du temps aux usagés de s'y mettre, mais ils le font désormais et sont très assidus. Le recylage fait maintenant partie de leur vie. Un très beau mouvement populaire...
    Pourquoi pas nous? C'est très dommage, on ne recycle même pas le "styromousse" utiliser dans plusieurs emballages d'épiceries.
    On peux faire mieux, mais encore faut-il le faire ensemble.