Schistes gaziers - Le Québec n'a pas utilisé de produits toxiques lors des forages

L'industrie minière québécoise ne subira pas les secousses sismiques qui ont amené le Congrès des États-Unis à déclencher cette semaine une enquête sur les pratiques de forages latéraux des schistes gaziers, car ici, au Québec, personne n'a eu recours au diesel ou à des produits de lavage toxiques dans le processus de fracture de couches rocheuses.

«Nous n'avons jamais autorisé au Québec l'usage de ces produits: uniquement de l'eau», a affirmé hier au Devoir Jean-Yves Laliberté, coordonnateur des activités d'exploration au ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF).

Ce ministère dénombrait hier 470 permis d'exploration en vigueur pour du gaz ou du pétrole. La durée de ces permis est de dix ans. De ce nombre, dit-il, autour de 15 ont été utilisés l'an dernier à des fins d'exploration, principalement dans les «basses terres du Saint-Laurent», soit entre Québec et Montréal, sur les deux rives. Sans oublier quelques projets en Gaspésie. En 2008, il y a eu une dizaine de forages d'exploration.

«On est loin, dit-il, de l'activité d'exploration dans l'Ouest canadien où, dans une année de ralentissement économique comme 2009, on a dénombré environ 15 000 forages autorisés.»

Toutes les fractures pratiquées dans le roc pour libérer le gaz afin d'en mesurer les débits futurs ont été réalisées avec de l'eau et du sable sous pression, ajoute M. Laliberté. Sauf dans un cas, où on a procédé avec du gaz propane parce que le puits passait par une couche d'hydrocarbures, peu compatibles avec l'eau.

Des appareils enfoncés dans le puits suivent le fractionnement des couches de roc pendant qu'on porte la pression de l'eau à des niveaux énormes. Ces appareils cartographient les fractures en trois dimensions. Avec un seul puits, on peut depuis une dizaine d'années forer jusqu'à deux kilomètres de profondeur verticalement, puis faire tourner les mèches à 90 degrés pour poursuivre le forage horizontalement sur des centaines de mètres. À la même profondeur, on peut forer dans six directions différentes et avec un même puits, on peut forer jusqu'à six niveaux différents.

La technologie actuelle exige rarement du diesel, explique le coordonnateur des forages au MRNF, sauf comme lubrifiant afin de préserver les têtes de foreuses. Mais pas pour fractionner les masses rocheuses. Mais ce diesel ou tout autre lubrifiant, soutient M. Laliberté, ne peut contaminer les eaux souterraines — qu'on retrouve généralement dans les 100 premiers mètres —, car le puits est totalement bétonné et testé à des pressions énormes pour empêcher toute fuite latérale. C'est aussi, dit-il, une question de sécurité, car quelles que soient les pressions internes qu'on libérera, il faut pouvoir le contrôler en tout temps avant de passer aux tests de débit.

Les eaux de forage, celles qui servent à fracturer le roc, et les eaux «fossiles» saumâtres des grandes profondeurs sont généralement traitées à l'usine d'épuration municipale voisine sur vérification de leur compatibilité avec le processus de traitement.

Jean-Yves Laliberté précise que la loi annoncée pour encadrer les activités de forage d'hydrocarbures pourrait confier l'application de la surveillance environnementale de ces activités à son ministère plutôt qu'à celui de l'Environnement. Mais, explique-t-on dans les deux ministères, la question n'est pas définitivement tranchée et l'«encadrement environnemental» de ces opérations sera certainement élaboré avec les gestionnaires environnementaux.
 
3 commentaires
  • Amie du Richelieu - Inscrit 27 février 2010 07 h 07

    Encadrez au plus vite, S.V.P.!

    Monsieur Ron Bishop, un bio-chimiste au collège SUNY à Oneonta qui a aussi travaillé dans les forages pour le gaz naturel, dans l'état de New-York, a affirmé mardi soir dernier ( http://www.theithacajournal.com/article/20100223/N ) que même si le forage par fracturation hydraulique se fait sans produits chimiques, seulement de l'eau et du sable, l'eau qui en ressort contient assez de métaux lourds pour être classée comme déchêts dangereux, et est souvent radio-active. Dans la formation Marcellus, celle qui se trouve dans l'état de New-York, les niveaux de radioactivité sont 250 fois ce que les agences environnementales ont l'habitude de rencontrer. Ici, au Québec, la formation Utica peut être différente, mais ce n'est pas une raison pour ne pas se méfier de ce que peut contenir les eaux usées de forages, et nos usines d'épuration municipales ne sont probablement pas équipées pour recevoir ce genre d'eaux contaminées. Si l'encadrement environnemental n'a pas été déterminé entre le MNRF et le MDDEP au Québec jusqu'à date, peut-on savoir qui fait la surveillance des dixaines de puits de forage qui se font à tous les ans entre Montréal et Québec? La proximité des lieux habités de cette région exige un suivi sévère, je penserais bien.

    Johanne Dion
    Amie du Richelieu
    http://lesamisdurichelieu.blogspot.com/

  • maxime belley - Inscrit 28 février 2010 11 h 58

    L'intérêt à encadrer

    Ce gouvernement n'a que faire de protéger le 'petit peuple' des régions. Tout ce qui compte c'est l'économie, c'est à dire remplir les poches des investisseurs qui cachent ensuite leur revenus dans des paradis fiscaux.

    L'encadrement environnemental au Québec se résume à un mince cadre législatif. Y'a t'il des fonctionnaires qui se rendent sur les chantier ?

    Sérieusement, si une raffinerie comme shell situé en pleine ville déverse des milliers de baril de benzène dans le fleuve et purge toute ses réservoirs de légers à l'atmosphère depuis 60 ans sans être ennuyée le moins du monde, pensez vous vraiment que les compagnie qui opèrent dans l'anonymat de l'éloignement font plus attention? C'est mêmes compagnies qui sont trouvé coupable d'avoir fait tué des opposant civils et des syndicalistes dans les pays défavorisé ?

  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 1 mars 2010 07 h 23

    Le Québec percoit il des redevances

    Selon M Breton, du collectif MCN21, le Québec ne touchera aucune redevance pendant les 5 premières années d'exploitations. Un cadeau de Charest aux petits amis.

    JCPomerleau