Le Vermont ferme sa centrale nucléaire

Le Sénat du Vermont a voté cette semaine pour la fermeture de la seule centrale nucléaire de cet État. Les sénateurs veulent combler cette production d'électricité par des procédés plus verts.

Cette décision, qui doit se doubler d'un vote similaire à la Chambre des représentants pour avoir force de loi, survient au moment où le président Obama mise sur la relance du nucléaire pour atteindre ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre. Il a annoncé récemment qu'il garantirait un prêt de 8,3 milliards pour épauler la construction de la première centrale nucléaire aux États-Unis depuis 30 ans, soit l'époque des fuites radioactives à la centrale de Three Miles Island.

Cette décision survient aussi au moment où Hydro-Québec s'engage dans la coûteuse rénovation de sa centrale nucléaire de Gentilly et songe à acquérir celle de Point Lepreau, au Nouveau-Brunswick.

Le Vermont est le seul État chez nos voisins du Sud où les parlementaires ont droit de vie et de mort sur un projet de centrale nucléaire et sur le renouvellement de son permis.

Pour les écologistes de groupes comme Greenpeace, la décision du Sénat vermontois risque de devenir le river le clou à la relance du nucléaire aux États-Unis.

La centrale, qui appartient au groupe louisianais Entergy, a plus de 40 ans. Elle doit en principe fermer ses portes en 2012 en raison de l'expiration de son permis d'opération. En comparaison, au Québec, les permis d'opération délivrés en vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement ont une durée indéterminée, ce qui explique que la rénovation de Gentilly échappe à toute évaluation publique.

La centrale vermontoise a connu son lot de problèmes au cours des dernières années. On y a constaté la disparition de barres de combustibles. Elle a aussi connu des problèmes avec ses tours de refroidissement qui auraient provoqué des rejets incontrôlés de radiations dans les nappes souterraines. Cette semaine encore, les autorités confirmaient une autre fuite survenue en 2005.
1 commentaire
  • Bernard Terreault - Abonné 27 février 2010 10 h 55

    Le nucléaire au Québec ?

    A long terme, le recours au nucléaire est inévitable dans la plupart des pays du monde. Il est sécuritaire mais à la condition d'être surveillé avec une vigilance sans faille, ce que seul un état moderne et profondément démocratique peut faire (et surtout pas l'entreprise privée). Au Québec, nous n'en aurons peut-être jamais besoin et il serait temps de se débarrasser de Gentilly et autres Pointe Lepreau qui sont basées sur une filière technologique désuète et sans avenir commercial dans le monde.
    Bernard Terreault, prof. honoraire à l'INRS-ÉNERGIE, matéraiux et télécom.