Énergie éolienne - Le Québec jouit d'un potentiel rare

Claude Lafleur Collaboration spéciale
Le Québec est l’une des régions du globe les mieux équipées pour tirer avantage de l’éolien, estime Jean-François Nolet, chargé de l’élaboration des politiques pour le Québec et le Canada Atlantique auprès de l’Association canadienne de l’énergie éolienne.
Photo: Agence Reuters Mal Langsdon Le Québec est l’une des régions du globe les mieux équipées pour tirer avantage de l’éolien, estime Jean-François Nolet, chargé de l’élaboration des politiques pour le Québec et le Canada Atlantique auprès de l’Association canadienne de l’énergie éolienne.

Les éoliennes ont le vent dans les pales, si on se fie aux plus récentes données. Au Canada, l'année 2009 a été la plus productive pour cette façon de générer l'électricité alors que l'avenir s'annonce encore plus radieux.

Le plus récent rapport du Global Wind Energy Council rapporte qu'en 2009, les capacités de production d'énergie éolienne se sont accrues du tiers au Canada, avec l'ajout de 950 MW. La production totale atteint désormais 3 319 MW, soit la consommation d'un million de résidences. Cela représente 1,3 % de toute l'électricité produite au Canada. L'ajout de ces 950 MW a nécessité des investissements de 2 milliards. Le rapport ajoute qu'«on a toutes les raisons de croire que 2010 sera aussi une bonne année puisque le Canada devrait facilement dépasser le cap des 4 000 MW produits par éolienne».

Jean-François Nolet, chargé de l'élaboration des politiques pour le Québec et le Canada Atlantique auprès de l'Association canadienne de l'énergie éolienne, précise que, des 3319 MW générés, l'Ontario se classe au premier rang avec 1168 MW, le Québec en deuxième avec 659 MW et l'Alberta en troisième avec 590 MW.

«Il faut se rapporter au début des années 2000, poursuit-il. On ne générait alors qu'une centaine de mégawatts. On a donc parcouru tout un chemin. Et ce n'est pas fini, puisque, si les gouvernements mettent en oeuvre les politiques et engagements auxquels ils ont souscrit, nous atteindrons les 12 000 MW d'ici 2015. Nous allons donc quadrupler la capacité du pays!»

L'association que représente M. Nolet rassemble les 450 entreprises (dont une quarantaine au Québec) que compte l'industrie de l'éolienne.

20% de l'électricité?

L'essentiel des 8 000 MW qui devraient être ajoutés d'ici cinq ans se fera au Québec et en Ontario, rapporte Jean-François Nolet. «On parle d'environ 4000 MW pour le Québec, précise-t-il. Il s'agit de contrats signés avec Hydro-Québec. En Ontario, on parle d'environ 4500 MW, valeur qui devrait même être dépassée étant donné le nouveau programme d'achat garanti qui donne un signal fort à l'industrie.»

L'industrie de l'éolienne prévoit même générer 20 % de toute l'électricité produite au Canada en 2025 (alors qu'on n'en est qu'à 1,3 %). «Sommes-nous trop optimistes? demande M. Nolet. Non! En l'an 2000, lorsque notre association s'est formée, on s'était fixé pour objectif d'atteindre 10 000 MW en 2010. Avec seu-

lement 100 MW produits à l'époque, certains disaient qu'on rêvait en couleur. Or, nous atteindrons ces 10 000 MW aux environs de 2011 ou 2012... alors que le monde a entre temps traversé la pire crise financière depuis les années 1930. Nous croyons donc que l'objectif de produire 20 % de l'électricité canadienne en 2025 est très atteignable.»

Qui plus est, poursuit-il, le Québec est l'une des régions du globe les mieux équipées pour tirer avantage de l'éolien. «La combinaison hydro-électricité et éolien est un mariage parfait, dit-il. En installant des parcs d'éoliennes un peu partout sur le territoire, on obtient une production soutenue et régulière (puisqu'il vente toujours en certains endroits). De ce fait, on utilisera moins nos barrages, ceux-ci pouvant alors emmagasiner l'eau, de sorte qu'ils deviennent de véritables accumulateurs d'énergie. Ainsi, en intégrant l'éolien à notre réseau hydro-électrique, on obtient un système de production capable d'exporter davantage d'électricité — et donc, nous rapporter gros.»

À chacun ses craintes

Les populations redoutent pourtant l'installation d'éoliennes dans leur entourage. Faux, soutient Jean-François Nolet. «En réalité, lorsque nous discutons avec les citoyens, la très grande majorité d'entre eux sont en faveur de la filière éolienne.» Il cite d'emblée le sondage réalisé en 2007 par Multi Réso, une firme de recherche marketing, qui rapporte que la majorité des Québécois résidant à moins de dix kilomètres d'un parc éolien «se montrent satisfaits des développements éoliens dans leur communauté».

«Tout ce qui est nouveau amène son lot de préoccupations, et c'est normal, dit-il philosophiquement. C'est à nous, comme représentant de l'industrie, de fournir une information juste et basée sur des faits pour répondre à ces préoccupations.»

Les gens s'inquiètent en particulier de ce que les éoliennes pourraient avoir un impact sur leur santé et celle de leurs enfants. «Comme industrie, nous sommes chanceux, puisque nous disposons des trente années d'expérience européenne, dit-il. Il y a plus de 80 000 éoliennes tournant à travers le monde et des centaines de milliers de personnes vivent à proximité et n'éprouvent aucun problème de santé. De fait, les données scientifiques démontrent que cette forme d'énergie n'a aucun impact sur la santé humaine.»

Quant à la crainte que l'implantation d'éoliennes puisse être nuisible à la communauté, M. Nolet souligne: «Il faut d'abord emmener les gens voir des éoliennes. Il faut surtout intégrer les éoliennes dans chaque communauté afin qu'elles s'harmonisent avec le paysage. Pas question d'en installer une à côté d'un bâtiment patrimonial. On ne les met pas non plus en ligne, mais on les répartit, etc. On applique en fait un cadre d'implantation stricte qui repose sur les meilleures pratiques développées à travers le monde.»

Quant à la crainte du bruit dégagé par les éoliennes, M. Nolet rapporte que celui-ci est généralement moindre que ce que dégagent bon nombre d'industries ou la présence d'une autoroute à proximité. «Nous appliquons des critères d'implantation qui font qu'on s'assure qu'en un point donné — notamment les habitations —, il y aura en tout temps, et même dans les pires conditions, un nombre de décibels très acceptable.»

«Vous savez, nous pourrions converser vous et moi au pied d'une éolienne et nous n'aurions pas à hausser le ton. C'est pas plus bruyant que ça!»

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Collaborateur du Devoir
2 commentaires
  • jpz - Abonné 28 février 2010 21 h 08

    en priorité le développement éolien sur les terres publiques inhabitée

    J'espère que Hydro ou éole Québec saura installer une dizaine de parcs éoliens de plusieurs centaines de Mw en priorité, pour ne pas déranger la population et pour profiter des installations hydroélectriques existantes ; les postes et les lignes , sur les terre publiques de la Baie James et de la côte nord de la région Manic Outardes et du poste Montagnais. Considérant les possibilités de 40 % de (FU) facteur d'utilisation on pourra accumuler plus d'eau en amont des réservoirs. On pourra grâce à une utilisation plus efficiente grâce aux rabais de tarifs hors pointes diminuer les besoins de pointe faisant en sorte que les 25 TWh d'éolien permettent une croissance de prospérité à meilleur coût . Ainsi combiné à l'amélioration de l'enveloppe thermique économiser un autre 10 TWh sans avoir à construire de nouvelles installations.
    Tout ça SI; le gouvernement agit logiquement et ne se laisse pas contrôler par les firmes d'ingénieurs et contracteurs du béton.

  • Ingeborg Metag - Inscrit 30 septembre 2010 08 h 55

    Des hausses de Prix, profits contré réalité

    La cupidité et la paresse sont des parents aussi chez les fournisseurs de courant. Vous dûtes quand même, combien de pour cent de profit ou hausse de prix s'engagent plus tôt avec modernisation des réseaux électriques pour de la sécurité, du niveau de prestation et du progrès obtenus que de débattre furent.
    Merci aussi vous intelligence de bêtes féroces, dire les consommateurs.
    De..Ingeborg Metag, MG