Technologies de l'environnement - Un salon qui n'attire pas que les ingénieurs...

Pierre Vallée Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

La huitième édition du Salon des technologies environnementales du Québec (STEQ) se tiendra les 16 et 17 mars au Centre des congrès de Québec. Peu connu du grand public, l'événement est pourtant incontournable pour ceux qui oeuvrent dans le domaine.

«Le STEQ est le rendez-vous de l'industrie québécoise en technologies de l'environnement, explique Josée Méthot, directrice générale du Réseau environnement, l'organisme qui organise le STEQ. S'il est peu connu du grand public, c'est parce que c'est un salon industriel qui s'adresse aux professionnels.» Le STEQ a lieu tous les deux ans. «Réseau environnement organise aussi à Montréal tous les deux ans, pendant les années impaires, un second salon, Americana, mais à vocation internationale et qui se déroule en plusieurs langues. Le STEQ se déroule uniquement en français, ce qui n'exclut pas pour autant les participants étrangers.»

Le STEQ comptera environ 170 exposants, pour la plupart des entreprises ayant mis au point et sur le marché une technologie particulière. De plus, les quelque 2500 visiteurs attendus pourront assister à une centaine de conférences. «Nous sommes particulièrement fiers de la qualité de nos conférences. Ce sont des conférences techniques prononcées par des experts et des scientifiques. Évidemment, ce sont des sujets pointus et les conférences s'adressent à des gens avertis. Même nos conférences qui abordent des thèmes plus généraux ont un angle technique.»

Mais aujourd'hui le STEQ n'attire pas seulement ingénieurs et technologues. «Depuis quelques années, on observe que de nouveaux services se joignent à nous. Par exemple, les avocats en droit environnemental, les comptables pour ce qui concerne le crédit de carbone, même les assureurs contre les dégâts environnementaux font maintenant partie de nos participants.»

Les activités du STEQ se divisent en quatre catégories principales: l'eau potable et les eaux usées, l'air et les changements climatiques, les matières résiduelles, les sols et les eaux souterraines.

L'industrie québécoise

Ces quatre catégories représentent les différents secteurs où l'on trouve les technologies de l'environnement. Quelle est la situation au Québec? Les entreprises québécoises sont-elles bien implantées dans tous les secteurs? «Nos entreprises sont pleinement capables de répondre à la demande intérieure dans tous les secteurs d'activités.»

Y a-t-il des secteurs où l'expertise des entreprises québécoises est supérieure? «Le secteur de l'eau est un secteur très développé et les entreprises québécoises ont souvent une longueur d'avance. Il est suivi de près par le secteur des matières résiduelles où l'expertise québécoise là aussi se démarque. Mais il faut comprendre que ce sont deux secteurs de l'industrie qui étaient déjà bien présents dans les années soixante, ce qui explique leur maturité. Nous possédons aussi une bonne expertise dans le domaine des sols contaminés. Notre secteur le plus petit, et aussi le plus récent, est celui de l'air et des changements climatiques, mais l'on sent que ce secteur est aujourd'hui en mouvement.»

Selon Josée Méthot, le développement des technologies de l'environnement va de pair avec la réglementation. «La clé de notre industrie, c'est la réglementation. Dès qu'une réglementation est mise en place, il faut innover afin de créer les technologies qui permettront d'y répondre. Plus il y aura de réglementation en place, plus il y aura de nouvelles technologies.» Ce qui ne veut pas dire pour autant que l'industrie fait du surplace en attendant la nouvelle réglementation. «Nos entreprises cherchent constamment à rendre leurs technologies plus efficaces. Et elles n'attendent pas nécessairement la réglementation avant d'innover. Nos entreprises se développent et vont de l'avant avec de nouvelles technologies même s'il n'y a pas de réglementation en place. D'autant plus que nos entreprises sont parfaitement conscientes de ce qui se fait ailleurs dans le monde.»

Les secteurs d'avenir

Le secteur dans le domaine des technologies de l'environnement appelé à fortement se développer au Québec dans les prochaines années est celui des matières résiduelles. «C'est toute la question du traitement des matières organiques qui se pose et qui devrait être bien présente dans la prochaine politique gouvernementale concernant la gestion des matières résiduelles.»

Les entreprises québécoises lorgnent aussi du côté des marchés étrangers. «L'industrie québécoise en technologies de l'environnement possède tout ce qu'il faut pour se tailler une place sur le marché international et l'internationalisation de nos produits est l'une des prochaines étapes dans la mire de nos entreprises. Toutefois, pour réussir cette étape, il faudrait des incitatifs fiscaux qui viendraient soutenir l'exportation de nos technologies. Ces incitatifs fiscaux pourraient aussi appuyer l'étape de commercialisation d'une nouvelle technologie qui est souvent une étape difficile pour les entreprises innovantes. Cette aide serait grandement appréciée et témoignerait de la volonté des gouvernements à aider nos entreprises.»

Un problème par contre qui pourrait ralentir l'industrie des technologies de l'environnement est celui de la relève. «Nos membres nous le disent clairement : nous sommes débordés car il manque de travailleurs. Notre industrie a besoin d'une relève et il faut réussir à attirer plus de jeunes vers notre secteur.» D'ailleurs, le STEQ innove cette année en mettant en place un Espace Emploi et en s'associant avec EnviroCompétences, un organisme spécialisé dans la main-d'oeuvre du secteur de l'environnement. Le STEQ organise aussi un concours pour étudiants.

«Nous devons faire davantage de promotion afin d'expliquer aux jeunes qu'il y a du travail disponible dans le secteur et que les emplois sont intéressants. On doit rejoindre plus de jeunes qui empruntent la route du cégep ou de l'université et leur démontrer qu'ils peuvent faire carrière en environnement.»

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Collaborateur du Devoir