Environnement - Pour une gestion concertée

Non seulement il ne faut pas mettre la hache dans les processus actuels de consultation publique, comme le réclament certains ténors de la droite, mais les gouvernements et les grands acteurs économiques doivent aller plus loin et impliquer directement la société civile et les groupes environnementaux dans une «gouvernance concertée» pour réaliser au Canada un véritable développement durable.

C'est ce qu'affirme un rapport publié hier par la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie (TRNEE) et le Forum des politiques publiques (FPP). La TRNEE réunit depuis 20 ans des chefs de file du monde des affaires, de la science et de l'environnement autour d'enjeux majeurs. Ses membres sont nommés pour trois ans par le gouvernement fédéral.

En entrevue au Devoir, son président, David McLaughlin, s'est inscrit en faux contre ceux qui soutiennent qu'on ne peut plus lancer de grands projets économiques en raison de l'opposition des écologistes, des groupes sociaux et des syndicats.

«Les préoccupations de ces groupes sont absolument légitimes, déclare David McLaughlin. Il est tout à fait légitime de vouloir débattre et de faire évaluer les conséquences d'un projet, d'une orientation gouvernementale ou d'une politique en environnement.»

L'étude menée pendant cinq ans par la TRNEE et le FPP avec plus d'une vingtaine d'experts a appris aux deux organismes, ajoute David McLaughlin, que les processus de consultation actuels favorisent trop souvent l'affrontement de positions irréconciliables, et cela, souvent parce que ces processus ne vont pas assez loin et ne permettent pas à la société civile, par ses leaders d'opinion, de se faire non seulement entendre, mais de partager la prise de décision dans une logique plus consensuelle. Un mode de gouvernance qu'on assimile au fait de passer au «mode 2.0» en raison du changement d'approche radical qu'il commande.

La société civile internationale se donne d'ailleurs rendez-vous à Montréal en août prochain pour débattre de ces enjeux.

Il ne faut plus, par exemple, explique David McLaughlin, se contenter de consulter le public sur des projets précis, mais il faut créer en priorité des consensus majeurs sur des objectifs à long terme, comme l'élaboration des politiques sur la protection du climat, de la biodiversité, etc. En somme, les processus de consultation devraient s'élargir et s'ouvrir à une véritable participation de la société civile à la décision gouvernementale et aux suivis. Ces consensus, s'ils étaient le résultat d'un vrai processus de «gouvernance concertée», éviteraient beaucoup d'affrontements quand on en viendrait aux solutions concrètes à mettre en place, dit-il.

«Les gens, explique David McLaughlin en entrevue, sont généralement convaincus que plusieurs des processus actuels de consultation ne servent que les intérêts économiques traditionnels.»

Le rapport abonde dans le même sens et reconnaît qu'il y a de fausses consultations et des déséquilibres de forces, générateurs d'affrontements.

«La collaboration et la mobilisation peuvent être purement symboliques, conçues dans le seul but de répondre à la volonté des citoyens et des parties prenantes de faire entendre leur voix sans réelle intention de changer quoi que ce soit ou de mettre en oeuvre les politiques qui en découlent», précise le rapport.

Mais s'il y a des limites à la «gouvernance concertée», poursuit le document, «les véritables initiatives concertées découragent ce type de comportements, car elles peuvent aider à porter une question au-dessus de la mêlée des débats quotidiens». Et, selon le rapport, c'est en passant d'une consultation classique à une ouverture de la gouvernance à la société civile qu'on pourra résorber un bon nombre d'antagonismes, même s'ils ne disparaissent pas tous ou pas complètement.

Pour la TRNEE et le FPP, «la durabilité exige des mécanismes de gouvernance mis au point spécialement pour négocier ces questions difficiles et pour créer une perspective plus intégrée au sein de nos gouvernements et de notre société».

«Nous devons, poursuit le rapport, modifier complètement les processus d'engagement de manière à récompenser les intervenants souples, mesurés et réfléchis. Un bon renforcement des comportements consiste à leur donner plus de pouvoir dans la détermination des solutions, ce qu'ils verront comme un meilleur moyen de promouvoir leurs intérêts. Ils devront, en contrepartie, s'engager fermement dans un processus de dialogue avec d'autres intervenants afin de trouver des solutions vraiment durables, c'est-à-dire qui respectent leurs intérêts respectifs en les alignant et en les intégrant de manière nouvelle.»

En conclusion, la TRNEE estime que «les enjeux du développement durable comme [ceux des] changements climatiques, de la biodiversité et de la qualité de l'air sont complexes, dans le sens où aucun ministère ou gouvernement ne peut en assurer seul la gestion. Une gouvernance efficace du développement durable doit comprendre la participation des intervenants et du public afin de trouver les bonnes solutions ET de les mettre en oeuvre», un rôle nouveau que les intervenants en «gouvernance concertée» doivent aussi envisager désormais.
8 commentaires
  • Godfax - Inscrit 26 février 2010 07 h 37

    Les new-ages du nouvel ordre mondial

    Le TRNEE et le FPP sont des organismes bidons, il y a même pas d’analyse sérieuse des biotypes écosystémiques dans leurs rapports et aucun spécialistes en économie physique ne les aides. Ils sont la réponse la plus absurde aux problèmes économiques et écologique mondials

    Le développement durable n’a aucune crédibilité, il est basé sur la pseudoscience Malthusienne du Club de Rome complètement invalide et ridicule sur toutes les analyses sans exception. Le délire de Maurice Strong a assez duré, Rio, la couche d’ozone, la surpopulation, la taxe co2, le monde fini, la gouvernance mondial, l’apocalypse climatique, le dieu Gaia. Les derniers spasme de l’ésotérisme des baby boomer en séquelle de LSD commence a avoir l’air ridicule et tape sur les nerfs de plus en plus de monde.

    Cette génération a été honteuse et elle devra le reconnaitre. Leurs laïcarisme new-age individualiste et le culte du court terme leur a fait oublier de préparer l’avenir pour la prochaine génération et de plus en plus on en payera le prix.
    Ils veulent maintenant condamner l’humain, la civilisation et le progrès avec des chartes de l’environnement écrit par des incompétents raciste envers l’humanité parce qu’il n’on pas pu assumer leur rôle d’humain et veulent maintenant accélérer la décroissance comme solution.

    La civilisation est en train de tomber, la culture est rendu un commerce, la science appartiens à la politique et au média, le matérialisme, l’argent et l’écologie sont devenu des religions et l’écologie humaine abandonné à la fin des trente glorieuse est devenu une sorte de mythe populaire; un compte de fée.

    La glorification de la révolution tranquille est à bout de souffle; enfin.
    La dette, l’immoralité, l’individualisme; le mythe de la société post industriel de services, de surconsommation et la bureaucratie sydicalo-socialiste montre maintenant de toute évidence que ce genre de délire condamne chaque nouvelles génération à une condition pire que la précédente.

    Je pense pas trop qu’on en gardera un bon souvenir des soixante-huitards dans le future…

  • Amie du Richelieu - Inscrit 26 février 2010 07 h 39

    Quand démocratie et capitalisme ne font pas bon ménage

    Plusieurs citoyens de plusieurs villes et villages du Québec sont parfaitement d'accord avec le constat que les citoyens n'ont pas leur mot à dire dans les grandes décisions qui impactent leurs vies à la ville et à la campagne. Le BAPE sur la production porcine, et avant celui-là le BAPE sur l'eau, ensuite le rapport Pronovost et le rapport Saint-Pierre, avaient TOUS dit que le citoyen devrait avoir son mot à dire dans les méthodes et les implantations de grandes cultures et élevages intensifs au Québec. Pourtant, le gouvernement s'est borné à adopter quelques termes de ces rapports, mais a continué à imposer des porcheries industrielles aux populations, malgré une forte opposition de la majorité des voisins et un marché en chute libre. Nos politiques et politiciens continuent aveuglément de subventionner les mauvaises entreprises, d'encourager des mauvaises pratiques, et c'est la société et l'environnement qui en payent le prix. À tel point qu'on en a tous souper d'entendre les mots "développement durable" sortir de la bouche des élus et des fonctionnaires!

    Johanne Dion
    Amie du Richelieu
    http://lesamisdurichelieu.blogspot.com/

  • SusanK - Inscrit 26 février 2010 08 h 40

    Consultation publique ou populaire - LE GROS MENSONGE

    Bien d'accord avec vous. D'ailleurs les mots 'consultations publiques' sont erronés. Lorsque les municipalités organisent de ces 'consultations' pour les citoyens en tentant de leur faire croire que c'est une réelle consultation auprès d'eux, les plans sont déjà faits et les élus n'attendent que de les adopter au plus vite. Généralement, aucun 'input' des citoyens n'est retenu.

    Les liens sont tissés très serrés entre les promoteurs et les élus et ces derniers n'ont aucune intention de faire du mal à leurs petits amis, les promoteurs. La majorité des citoyens savent pourquoi leurs élus n'ont pas les intérêts des résidants à coeur mais plutôt ceux des promoteurs (pots-de-vin, faveurs...).

  • Jean de Cuir - Abonné 26 février 2010 10 h 47

    Curieux!

    Curieux que les élus qui sont sensés être les doubles de ceux et celles qui les élisent et que la bureaucratie gouvernementale qui est sensée être le bras exécuteur des législateurs ne puissent pas s’ occuper et de la consultation des comettants et de l’exécution des politiques et des lois. Le terme “gouvernance” est utilisé à toutes les sauces.
    Deuxio. Le dit “marché” est-il guidé ou pas? Qu’ est-ce que la main invisible sinon la collection d’intérêts débridés et donc collectivement aveugles. Personne ne paie actuellement pour les pertes d’ eau douce, des espèces marines et de la dégradation des sols. C’ est un fait que de grosses industries mondiales ont pollué et polluent encore et que si on chiffrait le tout ou s’ils étaient imputables, plus du tiers de leur profit s’évaporerait ( ce qui aurait un effet sur l’économie, bien sûr!) Il y aura un rapport dirigé par Pavan Sukhdev --Nations Unis -- qui proposera san doute d’ abolir les subsides fournis aux compagnies qui détruisent l’ écologie ou l’environnement; mettre en place une réglementation plus serrée; et système de taxation. Enquête sur 3,000 compagnies internationales ( biggest public companies in the world).
    La polllution globale : coût : huile et gaz, 175 milliards; industries :201 milliards; services consommation: 73.7 milliards; biens de consommation: 281 milliards; matérieux de base : 312 milliards; “utilities” : 420 milliards; finances: 26.7 milliards; soin de santé, 15.5 m.; technologie: 20.3 m.; télécommunication: 8.6 m. ( Voir The Guardian, 26-2-10 qui réfère à des rapports des Nations Unies; à un rapport de la firme située à Londres-- Trucost --
    Il est grand temps que les membres élus fassent leur devoir élémentaire : non seulement animé la population qui les a élus, mais agir en tant que gouvernement ou Parlement !

  • Fernand Trudel - Inscrit 26 février 2010 12 h 39

    Un produit du cercle de Bildenberg

    Ce new-âge est un produit de la réflexion du Cercle de Bildenberg prônant un gouvernement mondial, une décroissance économique et de la population.

    Le personnage central de cette mouvance s'appelle Maurice Strong, ami de Gore au point de sièger au conseil d'administration de la bourse du carbone de Chicago. Il est le père du mouvement vert, ancien v-p finances de Dôme Pétroléum, dirigeant de Pétro-Canada, ex président de Power Corporation, v-p fondateur de la WWF, ex bras droit de Ban ki-Moon comme secrétaire général adjoint des Nations Unies, secrétaire du sommet de Rio, secr général de la Banque Mondiale,

    Dans ce cercle de Bildenberg, on voit les vrais dirigeants du monde autour de Maurice Strong: Les Georges Soros, Paul Desmarais, David Bloomberg, David Rockefeller, Bil Gates, etc... Tous des gens qui vous veulent du bien, le vôtre...

    Ces gens se ressourcent au village de La BACA propriété de Maurice Strong dont les accointances avec l'église de scientilogie fait sourciller. Cet endroit qu'ils appellent "La Vallée du Refuge des Vérités du Monde".

    Oui, l'aventure du réchauffement a conditionné les gens à accepter ce nouveau joug par les mêmes dirigeants qu'avant mais à leur condition et soumis à leur entière volonté.

    http://www.centpapiers.com/maurice-al-le-chicago-c