Schistes gazéifères: le Congrès américain étudie les impacts potentiels

Le Congrès des États-Unis a lancé hier une enquête sur les impacts environnementaux potentiels de la technique d'extraction de gaz naturel à partir de schistes gazéifères, une technologie que des industriels pourraient utiliser sur toute la rive sud du Saint-Laurent après avoir obtenu de Québec, sans conditions particulières, quelque 580 permis d'exploitation.

En octobre, le gouvernement Charest annonçait qu'il investirait 4 millions dans le développement de cette technologie, dont 1,1 million pour aider les exploitants à repérer les gisements grâce à une nouvelle cartographie aérienne.

L'enquête du Congrès américain sera dirigée par deux chefs de file en environnement, soit le démocrate californien Henry Waxman, qui préside le Comité de la Chambre des représentants sur l'énergie et le commerce, et son collègue Edward Markey, responsable du sous-comité de la Chambre sur l'énergie et l'environnement. Ils sont les auteurs du premier projet de loi voté sur les changements climatiques aux États-Unis.

L'Environmental Protection Agency (EPA) avait donné le feu vert aux exploitants. Par une entente avec quatre des principaux exploitants de schistes gaziers, il avait été convenu que ces derniers n'utiliseraient pas de diesel pour fracturer le roc en profondeur afin de libérer le gaz emprisonné. Mais les recherchistes du groupe Waxman auraient découvert que les firmes B. J. Service et Halliburton ont quand même utilisé des milliers de gallons de diesel et de nombreux autres produits toxiques et cancérigènes pour extraire le gaz coincé dans les schistes. Halliburton aurait à lui seul injecté 807 000 gallons de diesel dans des puits répartis dans 15 États.

Le comité de la Chambre des représentants a donc demandé aux sociétés minières qui avaient signé une entente avec l'EPA de faire rapport de tous les produits utilisés depuis quatre ans et de leurs impacts sur les nappes souterraines. Le comité a aussi envoyé une demande identique à huit autres exploitants, dont deux sociétés albertaines, Sanjet Corp. et Calfrac Well Services.

Les exploitants miniers craignent que cette enquête ne débouche sur l'imposition de normes et de redevances, ce qui pourrait ralentir, à leur avis, les investissements dans un secteur susceptible d'augmenter radicalement l'état des réserves de gaz naturel des États-Unis.