Réchauffement climatique - Certaines espèces n'auront pas le temps de migrer

Paris — Pour faire face au réchauffement climatique, un grand nombre d'espèces animales et végétales devront migrer vers le Nord ou s'élever en altitude, mais le tiers d'entre elles ne parviendront pas à se déplacer suffisamment vite et périront, prédit une étude qui paraît aujourd'hui.

Scott Loarie, de l'université de Stanford, et David Ackerly, de celle de Berkeley, ont calculé que la vitesse moyenne de déplacement des milieux naturels à la surface de la Terre atteindra 0,42 km par an au cours du XXIe siècle, selon leurs travaux publiés dans la revue Nature.

Cette moyenne a été établie sur la base du scénario A1B du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat de l'ONU (GIEC) qui prévoit un accroissement fort jusqu'au milieu du siècle des émissions de gaz à effet de serre, malgré une croissance démographique faible et l'introduction rapide de nouvelles technologies plus efficaces.

Le chiffre recouvre de très grandes disparités régionales: les vitesses de déplacement ne seront que de 0,08 km par an pour les forêts de conifères des régions de montagne tropicales et subtropicales, mais pourront atteindre jusqu'à 1,26 km par an dans les prairies inondées, les mangroves et les déserts.

De manière générale, quelques mètres gagnés en altitude permettent un ajustement sur une courte distance en milieu montagneux, tandis que les distances à parcourir sont beaucoup plus longues sur la plaine.

Le problème est que de nombreuses espèces n'arriveront pas à suivre: «Près du tiers des habitats étudiés auront des vitesses supérieures même aux estimations les plus optimistes sur les possibilités de migration des plantes», relève dans un communiqué l'Académie des sciences de Californie.

Circonstance aggravante, une grande partie des habitats naturels a été fragmentée par l'homme, «de sorte que de nombreuses espèces n'auront nulle part où aller».

Et les réserves naturelles, qui permettent de lutter contre cette fragmentation si elles sont suffisamment grandes, sont menacées de voir migrer ailleurs les espèces qu'elles sont censées protéger.

En effet, «moins de 10 % des zones protégées au niveau mondial vont maintenir leurs conditions climatiques actuelles à l'intérieur de leurs frontières d'ici cent ans», prévient un autre communiqué de l'université de Stanford.