Copenhague - Réactions

OBAMA
L'accord «ne sera pas juridiquement contraignant», a reconnu le président américain, Barack Obama, devant les journalistes avant son départ hier soir. «Les progrès n'ont pas été faciles et nous savons que ces progrès seuls sont insuffisants, a-t-il dit. Mais [l'accord] permettra à chaque pays de montrer ce qu'il fait. [...] Nous saurons qui respecte et qui ne respecte pas les obligations réciproques qui ont été fixées», a-t-il ajouté. «Nous avons beaucoup avancé, mais nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir», a estimé le président américain. «Je pense que ce que nous avons réalisé à Copenhague n'est pas la fin, mais plutôt le début», a-t-il dit.

SARKOZY
Le président français, Nicolas Sarkozy, a estimé que l'accord de Copenhague sur la lutte contre le réchauffement climatique n'était «pas parfait», mais que c'était «le meilleur accord possible». Avec José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, Angela Merckel, chancelière allemande, Gordon Brown, premier ministre britannique, et Barack Obama, le président américain, «nous avons choisi d'approuver cet accord» qui découle d'une négociation «extraordinairement difficile parce qu'elle engage la planète entière», a affirmé M. Sarkozy.


DIA-PING
L'accord obtenu à l'arraché est «le pire de l'histoire», a estimé le délégué soudanais Lumumba Stanislas Dia-Ping, dont le pays préside le G77 (130 pays en développement). «Pour le moment, il n'y a pas d'accord, a-t-il insisté, juste un projet de déclaration qui doit encore être entériné», soulignant que la Chine ne s'était «pas prononcée officiellement». «Si un seul pays dit non, il n'y aura pas d'accord et de nombreux pays ont dit qu'ils refuseraient», a-t-il affirmé.


VERTS
Le parti des verts français considère que la conférence de Copenhague s'achève sur un «lamentable fiasco» et désigne la Chine et Barack Obama comme coupables numéro un. «Le résultat est aussi désespérant que les enjeux étaient d'importance. La Chine et Obama sont les coupables numéro un, mais l'Europe a péché par sa désunion et son absence de leadership», estime Djamila Sonzogni, porte-parole des verts. «Nous avons eu la preuve éclatante durant ces jours passés que nombre de nos responsables sont en fait irresponsables», affirme la porte-parole, rappelant que «ces quinze jours de négociation n'ont pu déboucher sur un accord chiffré et contraignant». Les verts et les écologistes «feront pression pour que lors du sommet de Bonn, prévu l'année prochaine, un accord contraignant soit enfin trouvé», prévient-elle.


AMIS DE LA TERRE
Le projet de déclaration est «une catastrophe pour les pays les plus pauvres», a réagi l'ONG les Amis de la Terre. «Nous sommes écoeurés de l'incapacité des pays riches à s'engager sur les réductions d'émissions de gaz à effet de serre qu'ils savent être nécessaires, en particulier les États-Unis, qui sont historiquement le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre», indique le président des Amis de la Terre, Nnimmo Bassey.


FOSSILE
Une coalition internationale de groupes environnementalistes, le Réseau action climat, a décerné au Canada le prix de Fossile de l'année. Cet «honneur» n'a rien d'édifiant et il revient au Canada à cause de ses positions, défendues au sommet de Copenhague depuis 12 jours. Sidney Ribaux, du groupe Équiterre, membre de la coalition, affirme que la liste des reproches que le Réseau fait au gouvernement canadien est longue. Le Canada avait aussi reçu les prix Fossile de l'année en 2007 et en 2008.

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