Les chefs d’État tentent de sauver Copenhague

Les délégués s'affairent aujourd'hui pour tenter de sauver la conférence de Copenhague
Photo: Rex Feature Les délégués s'affairent aujourd'hui pour tenter de sauver la conférence de Copenhague

Un intense ballet diplomatique de dernière minute se tient depuis quelques heures à Copenhague pour sauver du naufrage le sommet de l’ONU sur le climat. A quelques heures de la clôture de la conférence, les chefs d’État et de gouvernement présents à Copenhague s’activaient pour tenter de parvenir à un texte de compromis, à défaut d’accord contraignant.

Alors que le gong de fin approchait, une certaine confusion régnait au Bella Center de Copenhague, divers textes, parfois contradictoires, circulant au sein des délégations et dans les salles de presse, sans que l’on sache vraiment s’il s’agissait de documents de travail, de projets d’accord ou de déclarations finales.

Après une nouvelle réunion à huis clos entre les principaux dirigeants de la planète en fin d’après-midi, l’un de ces documents, baptisé «Accord de Copenhague», a émergé, mentionnant à la fois des objectifs chiffrés de réduction des gaz à effet de serre (GES) et la date de décembre 2010 comme date-butoir pour parvenir cette fois à un traité contraignant de lutte contre le réchauffement climatique.

Ce projet d’accord fixait des objectifs chiffrés différents pour les pays industrialisés et pour les pays en voie de développement. Les pays riches devraient réduire leurs émissions de GES d’au moins 80 % d’ici 2050. Quant aux pays pauvres ou émergents, le mode de calcul prévoit de rapporter la baisse des émissions au niveau de production économique: ces pays devraient ainsi réduire de 15 % à 30 % leur taux d’émissions de GES par unité de PIB (produit intérieur brut).

A mesure que les négociations évoluaient, plusieurs nouveaux projets de documents circulaient avec, à chaque fois, une actualisation ou une modification des clauses clés. Dans l’une des versions, l’objectif de baisse de 15 % à 30 % des émissions de GES par unité de PIB était abandonné pour les pays en voie de développement.

Parallèlement à ces projets d’accord, un groupe de 25 pays tentaient de se mettre d’accord sur une déclaration politique de deux pages exposant les points cruciaux à atteindre, notamment le déblocage de 30 milliards de dollars au cours des trois prochaines années pour aider les pays pauvres à lutter contre le réchauffement climatique. Cette aide monterait en puissance pour atteindre 100 milliards de dollars par an d’ici 2020.

L’une des clés du sommet était entre les mains des deux plus gros pollueurs de la planète: la Chine et les États-Unis. Un deuxième face-à-face privé était prévu dans la soirée entre le président américain Barack Obama et le Premier ministre chinois Wen Jiabao. Lors de leur première rencontre bilatérale de la journée, aucun des deux dirigeants n’avaient pris d’engagements supplémentaires.

«Nous sommes disposés à aboutir aujourd’hui mais il doit y avoir un mouvement de toutes les parties pour reconnaître qu’il est préférable pour nous d’agir, plutôt que de parler», a déclaré le président Obama, en soulignant la nécessité de trouver une façon transparente de contrôler la mise en oeuvre des engagements de chacun. Les Chinois sont réticents à toute surveillance de leurs promesses par d’autres pays.

En réponse, M. Wen a déclaré aux délégués que les objectifs de réduction d’«intensité carbone» (rapport émissions/PIB) que s’est fixés la Chine nécessiteraient d’«énormes efforts».
«Nous tiendrons notre parole par des actions réelles», a assuré le Premier ministre chinois.

Le sommet de Copenhague est censé trouver un accord prenant la suite du Protocole de Kyoto sur la lutte contre le réchauffement climatique, qui expire en 2012. Les 193 pays participants espéraient parvenir au moins à une déclaration politique, à défaut d’un texte juridiquement contraignant. La conférence de Copenhague ne constituerait ainsi qu’une étape, et la conclusion d’un accord légalement contraignant n’interviendrait qu’en décembre 2010, lors d’une nouvelle conférence à Mexico.

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