Copenhague: le temps presse

Les chefs d’État tentent d’éviter le désastre à la conférence de Copenhague. Le président français Nicola Sarkozy a averti tout le monde que «l’échec est absolument interdit». De leur côté, les États-Unis ont fait savoir, par l’entreprise de la secrétaire d’État Hillary Clinton, qu’ils étaient disposés à participer au financement d’un fonds annuel de 100 milliards $ à être remis aux pays en voie de développement, afin qu’ils puissent financer des programmes de lutte au réchauffement.

Le premier ministre  Stephen Harper, lui, arrivait aujourd’hui à Copenhague, alors que les travaux sont dans une impasse, à cause d’un différend fondamental entre pays riches et pauvres sur le financement des mesures de lutte au réchauffement climatique.

Le sommet doit se terminer demain, vendredi, et il réunit aujourd’hui et demain 120 chefs d’État et de gouvernement.

«Il faut changer de braquet pour cette conférence, ou nous allons droit à la catastrophe», a déclaré aujourd’hui Nicolas Sarkozy à la tribune du sommet, invitant les leaders des principales puissances à négocier durant la nuit pour pouvoir entériner un accord vendredi.

«Les scientifiques nous ont dit ce qu’il fallait faire et nous ont dit qu’on était la dernière génération qui pouvait le faire», a rappelé le président, qui avait d’abord rencontré la chancelière allemande Angela Merkel pendant une heure.

Pour Nicolas Sarkozy, qui a fait du succès de la conférence un enjeu personnel, Copenhague ne peux pas «consister en une succession de discours» qui ne se croisent jamais.

Il demande donc qu’après le dîner donné jeudi soir par la reine Margarethe du Danemark en l’honneur des dizaines de chefs d’État présents dans la capitale danoise, «il y ait une réunion des principaux leaders du monde pour enfin négocier sérieusement sur un texte d’accord» au «niveau des décideurs». «Il reste moins de 24h, sinon c’est l’échec», a prévenu Nicolas Sarkozy.

Il a insisté auprès des participants du sommet sur le fait que tous devaient «faire des compromis», notamment les pays riches en assumant la charge financière découlant de leur «lourde responsabilité» dans la pollution du monde.

«Les États-Unis, première puissance du monde, devront aller au-delà des engagements qu’ils ont annoncé. La Chine ne peut pas considérer que la transparence des efforts de chacun soit une remise en cause de la souveraineté de chacun», a tonné Nicolas Sarkozy contre les deux bêtes noires des négociateurs.

Certains pays riches ne s’entendent pas entre eux sur les cibles de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) à atteindre. À cet effet, le Canada a été largement critiqué au cours des derniers jours en raison des dommages environnementaux causés par l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré pour sa part que les États-Unis devaient s’engager à réduire davantage leurs émissions de gaz. Avant son départ pour Copenhague, Mme Merkel a dit souhaiter que la présence d’une centaine de chefs d’État et de gouvernement insufflerait une nouvelle énergie pour conclure la conférence sur un succès.

Entre-temps, une étude parue dans la revue scientifique «Nature» montre que l’élévation du niveau des mers pourrait être un problème plus urgent que prévu. La recherche dirigée par une équipe de l’Université de Princeton, dans l’État du New Jersey, indique notamment que si la température actuelle sur Terre se réchauffe au point d’atteindre les valeurs enregistrées il y a 125 000 ans, les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique courent le risque d’une désintégration à grande échelle.

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