Québec - Coup de pouce du gouvernement à la future «Cité verte»

Québec — Le gouvernement Charest investit 22,7 millions dans la «Cité verte», un écoquartier de 300 millions dans la haute-ville de Québec. Piloté par la compagnie d'assurances SSQ, cet ambitieux projet privé serait le premier du genre à l'est des Rocheuses.

«À l'heure de Copenhague, c'est un projet porteur d'espoir pour les générations futures», a lancé le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, lors d'une annonce sur le chantier, situé dans l'ancien complexe où les soeurs du Bon Pasteur recueillaient autrefois les orphelins.

Au Canada, seule la ville de Victoria compte un quartier aussi avancé sur le plan environnemental — le Dockside Green —, d'où l'idée d'une première canadienne «à l'est des Rocheuses».

Avec la prolifération des bâtiments certifiés LEED notamment, cette future Cité verte n'est certes pas le seul projet vert en cours au Québec, or à ce jour, elle serait la seule à pousser la logique aussi loin.

Ainsi, on ne trouvera pas de poubelles dans ce miniquartier de 800 habitations et d'une quinzaine d'immeubles. Les résidants jetteront leurs déchets dans des aspirateurs qui les achemineront dans un centre souterrain automatisé de gestion des matières résiduelles, suivant une technique développée par la firme suédoise Envac.

Une entreprise autrichienne — Pewo — a quant à elle été mise à profit pour proposer une solution de rechange au chauffage électrique avec l'introduction d'un système de combustion de copeaux de bois (biomasse) qui permettrait de réduire de 30 % la consommation d'énergie. Hydro-Québec investit d'ailleurs «jusqu'à 5 millions» dans cette aventure, qui servira de laboratoire à un nouveau programme d'efficacité énergétique.

Inspirée par le modèle du quartier Hammarby-Sjöstad de Stockholm en Suède, la Cité verte vise à réduire au maximum la place de l'auto avec des rues étroites, des parcs de vélos communautaires et la présence, au rez-de-chaussée des immeubles, de tous les commerces de base.

Enfin, un système d'économie d'eau potable et de récupération des eaux de pluie notamment permettra de réduire de 50 % la consommation de l'or bleu dans le complexe. Dans un esprit de responsabilisation, chaque résidant sera d'ailleurs informé régulièrement de sa propre consommation.

Aussi économiques soient-ils sur le plan énergétique, les logements de la Cité verte ne seront pas toutefois à la portée de toutes les bourses. D'après Jean Morency, qui pilote le projet à la SSQ, le prix de départ des condominiums serait de 350 000 $.

Ce dont on a cherché à se faire pardonner en intégrant au projet une quarantaine d'unités de logement social. Le ministre Lessard s'est d'ailleurs défendu hier de subventionner des logements pour riches, les 22 millions du gouvernement n'étant pas investis dans la construction d'immeubles, mais bien dans les rues, les espaces publics et les infrastructures.

M. Morency ne s'en cache pas: il cible les baby-boomers. Il croit par ailleurs que le déplacement de retraités vers ce type d'habitation permettrait le retour sur le marché de maisons pour les jeunes familles qui, à Québec, sont de plus en plus forcées à aller en banlieue éloignée pour se loger. On peut aussi selon lui espérer que ces condos de luxe attirent des jeunes, comme cela s'est produit en Suède, à la grande surprise des concepteurs d'Hammarby.

Les premiers logements devraient être terminés à l'été 2010, mais il faudra attendre au moins à 2011 avant que les infrastructures de chauffage et de gestion des déchets soient opérationnelles.

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