Les tensions sont vives à Copenhague

La petite sirène de Copenhague, caricature de Garnotte publiée le 11 décembre
Photo: La petite sirène de Copenhague, caricature de Garnotte publiée le 11 décembre

Les tensions sont vives à la conférence sur le climat de Copenhague, alors qu’un affrontement se fait jour entre la Chine et les États-Unis, et entre pays riches et pays pauvres. 

Le fossé se creuse aussi entre le Canada et le Québec, alors que le premier ministre du Québec Jean Charest juge inacceptable que Ottawa veuille réduire ses engagements.

Les tensions entre les grands pays inquiètent plusieurs personnalités. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé pays riches et pauvres à cesser de «se montrer du doigt».

Et à Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel s’est déclarée «un peu nerveuse» en évoquant les chances de succès de la réunion.

Beaucoup restait encore à faire à la conférence, qui réunit jusqu’à vendredi les représentants de 192 pays, pour finaliser un nouvel accord international sur la lutte contre le réchauffement climatique.

La conférence, ouverte le 7 décembre, a été marquée par des passes d’armes entre la Chine et les États-Unis, et un profond clivage entre le Nord et le Sud.

La Chine et d’autres pays en développement refusent de se voir imposer des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre contraignants comme le souhaitent les États-Unis. La Chine, premier émetteur mondial de carbone, fait cause commune avec les pays en développement à la conférence, mais Washington estime que cette économie émergente et en forte croissance n’a pas besoin d’aide financière pour s’adapter au changement climatique.

Il n’est pas possible d’«avoir un accord sain pour l’environnement sans la participation adéquate et significative de la Chine», a affirmé mardi l’envoyé spécial américain pour le climat, Todd Stern.

A Pékin, la Chine a accusé les pays développés d’essayer d’échapper à leur obligation d’aider les pays pauvres à lutter contre le changement climatique.

Débat Jean Charest-Jim Prentice

Par ailleurs, le gouvernement Harper n’écarte pas la possibilité d’accorder des objectifs environnementaux moins contraignants au secteur pétrolier et gazier, ce que Jean Charest qualifie d’inacceptable.

A la fin d’une journée mouvementée à Copenhague, M. Prentice n’a pas nié que son gouvernement envisage la possibilité de revoir à la baisse les efforts de réduction d’émissions de gaz à effet de serre imposés à l’industrie du pétrole et du gaz, comme le soutient le réseau CBC.

Selon CBC, des documents devant être présentés au cabinet de Stephen Harper avant la Conférence de Copenhague suggèrent que cette industrie réduise ses émissions de 15 mégatonnes, plutôt que de 48 mégatonnes comme prévu précédemment dans le programme «Prendre le virage».

Le ministre a reconnu que le gouvernement Harper cherchait à se doter d’un plan qui correspondra à celui qu’adopteront les États-Unis en matière de lutte aux changements climatiques.

Selon lui, si les Américains concèdent des avantages à certains secteurs de l’industrie faisant face à d’importants coûts pour se conformer aux objectifs environnementaux, le Canada devra en tenir compte et assurer la compétitivité de ses propres entreprises.

Réagissant aux informations révélées par CBC, M. Charest avait sommé plus tôt le gouvernement Harper de fournir des explications.

«Je ne vois pas comment un citoyen canadien pourrait accepter un scénario comme celui-là», a lancé le premier ministre, qui craint que des avantages consentis pour l’exploitation des sables bitumineux forcent les autres économies canadiennes à de plus grands sacrifices.

Visiblement agacé par les critiques répétées du premier ministre, M. Prentice a répliqué en affirmant que la cible canadienne de réduction des émissions de gaz à effet de serre est aussi ambitieuse que celle du Québec.

L’objectif de réduction des émissions de GES du Canada est de 20% en 2020 sous les niveaux de 2006, alors que celui du Québec est du même pourcentage, en fonction toutefois de l’année de référence du Protocole de Kyoto, soit 1990.

Le ministre fédéral estime qu’il s’agit du pareil au même, puisque selon le dernier relevé publié par Environnement Canada, le Québec émettait autant et même plus de carbone en 2007 qu’en 1990, en affichant un bilan de 85 mégatonnes.

«Alors, au Québec, que l’on réduise les émissions de 20% par rapport aux émissions d’aujourd’hui ou de 20% par rapport à 1990, on parle exactement de la même cible, du même degré d’ambition», a-t-il soutenu.

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