Copenhague en capsules - 10 décembre

Selon le grand patron onusien des négociations de Copenhague, Yvo de Boer, les engagements volontaires exprimés jusqu'à présent par différents pays permettraient de réduire d'ici 2020 de 14 à 18 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à leur niveau de 1990.

Mais on est loin, a-t-il dit hier matin dans sa conférence de presse quotidienne, de la réduction globale de 25 à 40 % que les scientifiques estiment nécessaires si les humains veulent avoir une chance sur deux de reprendre le contrôle du climat en stabilisant la hausse de la température moyenne à 2 C, soit avant que ne surviennent les effets de rétroaction qui rendraient le climat incontrôlable. Et on est encore plus loin, a-t-il dit, de l'objectif de stabilisation de la hausse du climat à 1,5 C, qu'a proposé à Copenhague avant hier Tuvalu, un petit pays du Pacifique en voie d'être noyé sous l'effet du rehaussement du niveau de l'océan.

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Selon le Service météorologique de Grande-Bretagne, l'humanité doit freiner d'ici 10 ans la hausse de ses émissions de GES si elle veut contenir à 2 C la hausse du climat. Ses chercheurs ont calculé qu'il faudrait réduire de 4 % par an après 2018 le niveau des émissions d'origine humaine pour maintenir notre probabilité de reprise du contrôle du climat à 50 %. Si le pic des émissions survient deux ans plus tard, soit en 2020, ont-ils calculé, il faudra alors que la baisse annuelle des émissions globales atteigne 5 % par année pour maintenir la probabilité de reprise en main du climat au même niveau de 50 %. À Kyoto en 1997, les 39 pays développés de la planète s'étaient entendus pour réduire les émissions globales de 5 % entre 2008 et 2012, ce qui est loin d'être atteint même après 12 ans...

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Le débat sur la pertinence d'investir dans le nucléaire pour fournir de l'énergie sans GES reprend de plus belle à Copenhague, ce qui suscite une opposition farouche des écologistes. Pour bien marquer le coup, ils ont installé une pancarte sur la célèbre petite sirène du port de Copenhague sur laquelle on pouvait lire: «Don't Nuke the Climate» (Ne nucléarisez pas le climat).

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Quelque 1700 scientifiques britanniques ont signé une déclaration réaffirmant que le réchauffement du climat est le fait des émissions de GES de l'espèce humaine. Cette déclaration se veut une réplique au «climategate», qui fait les choux gras de la presse à sensation depuis quelque temps. Mais cela ne désarme pas les «climato-sceptiques» qui organisent un sommet parallèle, une sorte d'anti-climat anti-climax à Copenhague, où un des grands-prêtres du mouvement, Lord Christopher Monckton, prendra la parole aujourd'hui.

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Le groupe International Climate Scientist a demandé hier aux dirigeants des pays de l'hémisphère nord de protéger méticuleusement les forêts boréales car elles stockent deux fois plus de carbone que l'Amazonie. Ce fait est d'autant plus important que la moitié des forêts boréales de la planète n'ont pas encore été coupées, ont-ils dit, ce qui permet d'y conserver ce stock de carbone méconnu. La forêt boréale canadienne, disent-ils, est la plus importante réserve de carbone de la planète. L'importance de cette réserve de carbone est moins le résultat du stockage dans les arbres que du stockage historique dans les tourbières et le pergélisol. Une bonne partie de ce carbone y est emprisonné depuis plus de 8000 ans. Et sa libération pourrait s'accompagner d'émissions de méthane, un gaz 22 fois plus actif comme GES.

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Plusieurs grandes organisations syndicales, dont la Confédération internationale syndicale (CSI) et l'International Trade Union Confederation (ITUQ),seront représentées à Copenhague. La CSN du Québec a d'ailleurs été invitée à représenter les deux grandes centrales internationales auxquelles elle est affiliée. Si les centrales syndicales s'intéressent tardivement aux changements climatiques, elles sont de plus en plus conscientes que les enjeux environnementaux auront d'importants impacts sur l'emploi et le marché du travail en plus de modifier sensiblement les conditions de vie dans tous les milieux. Les centrales syndicales pensent de plus en plus à intervenir avec les instruments de négociation dans ce domaine car plus de 75 % de toutes les émissions proviennent des industries, de la production et de l'approvisionnement énergétique, de la construction et de l'agriculture.

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On s'attend à Copenhague à l'arrivée en fin de semaine d'une centaine de ministres de l'Environnement des quatre coins du monde. Ils seront suivis à compter de mercredi prochain de presque autant de chefs d'État qui entendent être là au moment des décisions critiques dans les négociations de dernière minute. Le dernier en liste est le président russe, Dimitri Medvedev, a annoncé hier le Kremlin.
1 commentaire
  • Jean de Cuir - Abonné 11 décembre 2009 15 h 00

    Bien commun

    Les représentqants des peuples de la terre sont-ils capables de définir ce qu'est le bien commun? Est-ce qu`il y a des philosophes à cette conférence? A considérer ce qui est projetté au Népal, Bangladesh et ainsi de tous les pays qui dépendent de l`état des Himayalas, puis de toutes les côtes des océans et des mers, et des fleuves ... sans compter les déserts, etc., est-ce que ces dirigeants pensent vraiment à l`humanité. et peuvent-ils sèntendre sur ce qui est `"vrai"?