Le Danemark n'aura jamais été aussi «vert»

Un quartier de Copenhague fort prisé des touristes
Photo: Agence France-Presse (photo) Un quartier de Copenhague fort prisé des touristes

Copenhague — Le Danemark montrera son visage le plus «vert» lors de la très attendue conférence sur le climat. C'est du moins l'espoir des autorités, qui ont donné pendant des mois des conseils à la population en matière de comportements écologiques. Des actions de sensibilisation sont également prévues durant le sommet.

Les 5,4 millions d'habitants du pays ont été abreuvés de recommandations à visée écologique, telles que prendre des douches brèves, utiliser des ampoules à basse consommation ou aller travailler à vélo. Les Danois, grands amateurs de viande, ont aussi été invités à manger moins de porc et de boeuf et plus de légumes. Les animaux d'élevage (boeufs, moutons et porcs) émettent du méthane, un gaz à effet de serre (GES) beaucoup plus puissant que le dioxyde de carbone.

Les messages appelant à l'écolo-attitude sont omniprésents: affiches, pubs télévisées, publicités dans la presse et brochures remises lors de réunions publiques. «Nous avons été littéralement bombardés ces derniers mois, souligne Catherine Feldthaus, auteure et spécialiste des modes de vie des Danois. Pour certains, c'est du bon sens, mais pour d'autres, cela pourrait ressembler à une prophétie apocalyptique: changez vos habitudes maintenant, sinon...»

La conférence de l'ONU sur le climat donne l'occasion au Danemark de se présenter devant le reste du monde comme un pays soucieux de l'environnement et un modèle en matière de croissance verte. Et il est vrai que, en la matière, les Danois ont de quoi être fiers.

Leur économie a connu une croissance de 75 % durant ces 25 dernières années, tandis que leur consommation d'énergie est restée stable. Les émissions de GES ont été freinées grâce notamment au développement précoce de l'éolien, qui représente quelque 20 % de la production nationale d'électricité aujourd'hui.

Mais il y a aussi un revers de la médaille beaucoup moins «vert»: le Danemark reste encore dépendant du charbon pour couvrir ses besoins énergétiques. «Il ne faut pas perdre de vue que le Danemark a l'un des niveaux d'émissions de CO2 par habitant les plus élevés au monde», souligne Kim Carstensen, responsable danois du Fonds mondial pour la nature (WWF).

En vertu du protocole de Kyoto, le Danemark s'est engagé à réduire de 21 % ses émissions pour 2008-2012 par rapport à 1990. En 2007, la baisse n'était que de 4 %, mais Copenhague espère encore atteindre l'objectif de Kyoto.

Au-delà des chiffres, le Danemark veut montrer au monde que ses citoyens sont prêts à changer leur mode de vie pour réduire leur empreinte de carbone. Les entreprises privées et publiques sont à la pointe du combat, fixant leurs propres objectifs de baisse des émissions et demandant aux employés d'éteindre lumières, ordinateurs et appareils électriques à la fin de leur journée de travail.

Le Tivoli, célèbre parc de loisirs de Copenhague, remplace progressivement ses ampoules classiques par des LED moins gourmandes en énergie. Son tramway, emprunté par les visiteurs, fonctionne désormais à l'huile de colza et des panneaux solaires fournissent du courant aux véhicules électriques utilisés par les équipes d'entretien.

Les écoles du pays ont mis le climat à leur programme et une émission de télé destinée aux adolescents teste les connaissances de jeunes candidats sur les changements climatiques. Plus de 90 000 Danois se sont engagés en ligne à réduire leurs émissions de CO2 dans le cadre d'une campagne lancée par le ministère du Climat et de l'Énergie.