« De la Terre aux étoiles pour l'eau » - Laliberté abreuve la planète d'une goutte de poésie

Photo: Agence France-Presse (photo)

À un peu plus de 24 heures de son retour sur Terre, le fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, a réalisé hier soir la partie poético-sociale de son voyage dans l'espace, avec la présentation d'un grand spectacle à l'échelle mondiale, intitulé De la Terre aux étoiles pour l'eau.

L'événement s'est ouvert avec les salutations de Guy Laliberté depuis l'espace. Le « clown en orbite » a alors expliqué comment il avait voulu donner un sens à son voyage dans l'espace, en attirant l'attention sur la cause de l'eau, qui lui est chère.

Puis, l'ancien vice-président américain Al Gore a présenté, dans une séquence vidéo, photos et dessins à l'appui, les dangers menaçant l'eau et, par conséquent, les écosystèmes de la Terre en raison du réchauffement climatique. « Pour résoudre la crise climatique et sauvegarder la beauté et l'habitabilité de notre planète [...], nous devons faire un effort à l'échelle mondiale », a conclu M. Gore.

Un autre défenseur de l'environnement, le Canadien d'origine japonaise David Suzuki, a évoqué l'impact néfaste des activités humaines sur les ressources en eau. « L'eau est la clé de notre existence sur cette planète, une ressource si précieuse et si rare qu'on s'attendrait à ce qu'elle soit utilisée avec sagesse. Malheureusement, ce n'est pas le cas », a-t-il déploré.

Puis, à la Tohu à Montréal, Julie Payette a lancé: « Soleil et Lune se disputaient... encore. » Il s'agissait de la première phrase de l'élément central du spectacle: le conte poétique écrit par Yann Martel, un dialogue entre trois personnages: Soleil, Lune et Goutte d'eau. L'écrivain s'est ensuite joint à Mme Payette pour raconter sa portion du récit en anglais. Un numéro du Cirque du Soleil inspiré des mythes et légendes autochtones, avec en vedette la chanteuse inuite Elisapie Isaac, a suivi.

De Durban, en Afrique du Sud, à Rio de Janeiro, en passant par Mexico, New York, Sydney, Londres, Osaka et Marrakech, le conte s'est poursuivi tout au long de la soirée, récité par des vedettes internationales comme Peter Gabriel, Salma Hayek et Shakira, et par des militants, entrecoupé par des prestations artistiques de danse et de musique.

De Paris, la navigatrice et écologiste Maud Fontenoy a récité un paragraphe du conte. Puis, de nombreux artistes francophones, de Garou à Jean-Jacques Goldman, en passant par Patrick Bruel, Natasha St-Pier et Michel Fugain, ont chanté L'Hymne à la beauté du monde de Luc Plamondon et Christian St-Roch, sur des images du film Home, de Yann-Arthus Bertrand.

Bono, du groupe U2, en spectacle à Tampa aux États-Unis, s'est même entretenu directement avec Guy Laliberté, visible sur écran géant.

Tous les invités ont participé au spectacle via un système de télécommunications par satellite.

Guy Laliberté a conclu par un appel évoquant la devise des mousquetaires: « L'eau pour tous, tous pour l'eau », lancé depuis l'espace.

Une expérience marquante

Guy Laliberté, admet que cette expérience le marquera pour la vie.

« Ce n'est pas possible de faire un voyage comme celui-là sans que ça ait un impact sur le reste de notre vie », a-t-il dit, en réponse à des questions soumises par courriel, avant le spectacle.

Il ajoute ensuite que son périple lui donne une tout autre vue de notre planète.

« Je suis un amoureux de la Terre, a-t-il expliqué. De la voir en orbite nous donne une tout autre perspective. J'adore l'environnement, mais voir la planète d'ici, c'est vraiment époustouflant, ça vous touche émotionnellement, et j'aimerai la Terre encore plus après mon voyage. »

Il estime que l'ampleur du spectacle retiendra l'attention du monde sur l'importance de préserver les réserves d'eau potable. « Le succès de l'émission va se mesurer en termes de spectateurs, a dit Laliberté avant son spectacle. Mais il faudra aussi voir si la situation de l'eau s'améliorera à long terme. »

En 2007, Laliberté a créé à Montréal la fondation One Drop, qui oeuvre pour améliorer l'accès à l'eau potable dans le monde. L'émission sera d'ailleurs disponible sur le site de la fondation pour une durée d'au moins trois mois.

Laliberté est le septième touriste de l'espace, et le coût de son voyage est estimé à plus de 35 millions de dollars. Il devrait être de retour sur Terre cette nuit.

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Avec La Presse canadienne,

l'Agence France-Presse et Reuters

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5 commentaires
  • Gabriel Martin - Inscrit 10 octobre 2009 01 h 20

    Déçu d'être déçu...

    J'ai regardé la première heure de l'émission et je dois vous avouer que je suis déçu. Pourtant, plusieurs ingrédients y étaient : un sujet pertinent, un déploiement international, des personnalités illustres, de la diversité culturelle... Pourtant non, l'émission m'a laissé sur ma faim. Après une heure d'espoirs inassouvis j'ai fermé mon téléviseur.

    Guy Laliberté dans sa première lecture du poème avait justement trop l'air de lire. Le conte poétique de Yann Martel me semblait un peu facile, à la limite de l'enfantin: on fait parler l'eau, la lune et le soleil... la personnification faisait un peu trop fable du 17e siècle...
    Bonne idée mais le traitement n'était pas efficace.

    Les effets graphiques faisaient parfois broche à foin (par exemple, les lecteurs de texte filmés devant un green screen qui parait trop). Sans compter les publicités qui interrompaient les prestations en leur plein milieu, sans transition fluide.

    L'esprit communautaire était de la partie, mais on ne peut pas parler d'un évènement artistique réussit.

    Il faut avouer que, bien que Gore et Suzuki ne nous aient rien appris de nouveau, ils étaient intéressants et bien articulés. Je salue aussi l'intégration de la danse autochtones.

    Enfin, espérons que ça relance le débat sur l'eau... c'est ça l'essentiel. Je serais heureux de connaitre votre appréciation de l'émission. Si certains l'ont aimé ça donne de l'espoir ;)

  • Gatien Moisan - Inscrit 10 octobre 2009 10 h 54

    Guy Laliberté et Fondation Goutte d'eau (One drop) - Quel colonisé

    Grand événement médiatique. De ce côté M. Laliberté a réalisé son pari. Cependant, j'ai été insultée de constater qu'il ne faisait aucune mention du Québec et qu'il a parlé uniquement en anglais. On montre bien comment on considère les anglais supérieurs et que nous sommes des colonisés. Les russes on parlé en russe, les espagnols en espagnol et les français en français. M. Laliberté, francophone originaire de Charlevoix, a à peine dit 5 mots dans sa langue au début et à la fin. Même Julie Payette et lui, tous deux francophones, se sont parlés en anglais. C'est un vrai déshonneur.

  • Pierre Rousseau - Abonné 10 octobre 2009 12 h 28

    RDI poubelle.

    La présence de publicité interrompant les prestations des artistes qui ont participé à cette présentation tient du mépris le plus total de l'auditoire et d'un manque de respect inacceptable pour ceux qui y participaient. RDI n'aurait jamais du se compromettre avec cette émission car ils n'ont pas le « fini » requis pour la présenter. J'ai du recourir à l'internet pour voir si effectivement ils coupaient les chansons, danses etc., et effectivement, de grandes parties des présentations étaient oblitérées par la pub - par exemple cette chanteuse australienne assez extraordinaire fut coupée substantiellement de même que le chanteur japonais alors que de magnifiques photos étaient présentées. C'est une honte de couper des spectacles comme ça et de sacrifier l'intégrité d'un spectacle sur l'autel du profit le plus mesquin, surtout de la part d'une société d'état qui est grassement subventionnée par nos taxes. Honte à RDI et à la SRC!

  • Johanne Bouthillier - Inscrite 10 octobre 2009 15 h 36

    Honte aux râleurs

    C'est que les pubs à RDI étaient intrusives. Mais le français y occupait une place certaine, et le tout commençait à Montréal et avec le cirque du soleil. Il est injuste de traiter Guy Laliberté de colonisé. Les transitions étaient ingénieuses, il suffisait de suivre le périple de la goutte d'eau. Dans l'ensemble, ce spectacle télévisuel était riche et unique. Entre autres, j'ai beaucoup aimé les contributions du cirque du soleil, la danse aquatique avec l'éléphant, le numéro indien tout en blanc et bleu, la chorégraphie russe, etc. Comme il est facile de critiquer alors qu'on peut simplement admirer.

  • Yvon Roy - Inscrite 12 octobre 2009 09 h 24

    La guerre des étoiles

    - Mais tu ne peux pas cueillir les étoiles!

    - Non, mais je puis les placer en banque.

    - Qu'est-ce que ça veut dire?

    - Ça veut dire que j'écris sur un petit papier le nombre de mes étoiles. Et puis j'enferme à clef ce papier-là dans un tiroir.

    - Et c'est tout?

    - Ça suffit!

    ''C'est amusant, pensa le petit prince. C'est assez poétique. Mais ce n'est pas très sérieux.''

    Le businessman ouvrit la bouche mais ne trouva rien à répondre, et le petit prince s'en fut.

    Folio # 3200