Environnement - Les producteurs de porcs veulent s'autodiscipliner

Québec — Craignant la réglementation que le gouvernement québécois s'apprête à édicter, les producteurs de porcs déposent leur propre plan de sauvegarde de l'environnement.

Par ce plan, les principaux producteurs de porcs du Québec s'engagent à instaurer des mesures correctrices d'une valeur de quatre millions pour réduire les odeurs émises par les porcheries et à diminuer l'épandage d'agents polluants comme le phosphore.


En échange, le directeur de l'Association québécoise des industries de nutrition animale (AQINAC), Yvan Lacroix, demande au gouvernement de surseoir à l'adoption du projet de loi 103, actuellement devant l'Assemblée nationale, qui permettra de renforcer la réglementation sur l'octroi des permis de porcheries.


Selon M. Lacroix, ce projet de loi «menace le développement de l'industrie porcine», qui génère, souligne-t-il, des retombées économiques de quatre milliards de dollars et engendre quelque


30 000 emplois directs et indirects.


M. Lacroix a émis ces commentaires hier, alors qu'il était accompagné de deux industriels de l'industrie porcine, Christian Breton de Viandes Dubreton et Patrice Brochu des Salaisons Brochu.


Le programme environnemental mis en avant par l'AQINAC porte pour le moment sur 70 fermes majeures du Québec. Par ce programme, les producteurs s'engagent à atténuer les odeurs en utilisant des rampes d'épandage, en faisant l'enfouissement dans les trois heures suivant l'épandage, en ne procédant pas à l'épandage les jours fériés, les fins de semaine et pendant les vacances de la construction et en installant des brise-vent naturels autour des sites.


Les entreprises porcines se disent prêtes par ailleurs à traiter le phosphore. Mais le traitement de ce produit coûte environ 5 $ du mètre cube et les producteurs exigent l'aide financière du gouvernement pour ce faire. L'État aide à la dépollution des entreprises papetières et des alumineries et il devrait offrir les mêmes avantages à l'industrie porcine, a noté M. Lacroix.