Les autoproducteurs d'électricité sont mieux traités en Ontario et au Vermont qu'au Québec

Le Vermont a décidé, comme l'Ontario, d'imposer des tarifs d'achat garantis pour tous les autoproducteurs désireux de fournir de l'électricité au réseau de cet État voisin du Québec, ce qu'Hydro-Québec refuse de faire ici malgré les demandes répétées des gens en région. Au Québec, municipalités, coopératives et petits producteurs régionaux reprochent à Québec de miser sur un système d'appel d'offres qui réserve l'essentiel de la production aux gros producteurs.

Par le projet de loi 446, les petits producteurs d'électricité du Vermont, qui voudront vendre leurs surplus au réseau de cet État pourront obtenir à compter du début d'octobre 12 ¢ du kilowattheure produit avec du méthane, 20 ¢ pour les kilowatts provenant d'éoliennes d'une puissance de 15 kW et moins, et 30 ¢ chaque kilowatt obtenu à partir de panneaux photovoltaïques.

Les contrats pourront avoir une durée de 10 à 20 ans, mais, dans le cas du solaire, ils pourront se prolonger pendant 25 ans.

L'idée de fixer un prix plancher est très répandue en Europe. Cette stratégie a pour principal impact de stimuler les petits projets en raison des tarifs de soutien, que l'on utilise comme incitatif financier afin d'obtenir une production substantielle d'énergies vertes localement.

Contrairement à l'Ontario, qui a adopté lui aussi ce système au cours des derniers mois pour stimuler la production d'électrons verts, Hydro-Québec se contente de réduire la facture d'électricité des autoproducteurs, peu nombreux en raison de la faiblesse de la formule, laquelle leur permet tout au plus d'annuler la facture de leurs achats d'électricité auprès du réseau public. Les surplus de production, le cas échéant, sont absorbés par Hydro-Québec qui ne paie pas un sou pour les excédents qu'on lui fournit, ce qui réduit sensiblement l'intérêt pour l'autoproduction.

En contrepartie, le Vermont a aboli l'obligation pour ses distributeurs de se doter d'un portefeuille d'énergies vertes, estimant que la nouvelle formule suscitera davantage de projets d'autoproduction.

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