Hydro-Québec a renoncé à la rivière Ashuapmushuan

Hydro-Québec a définitivement renoncé au développement hydroélectrique de la rivière Ashuapmushuan, au Lac-Saint-Jean, à la suite de l'adoption par le gouvernement Landry d'un décret conférant le statut de «réserve aquatique» à ce joyau du patrimoine naturel québécois.

En effet, Le Devoir a appris hier que le conseil d'administration de la première société d'État québécoise avait radié de ses livres — pour les déclarer comme une perte nette — les 26 millions dépensés entre 1980 et 1993 en études techniques, environnementales et en communications.

C'est le 7 février dernier que le conseil d'administration d'Hydro-Québec a adopté une résolution en ce sens. Cette décision d'Hydro-Québec ferme définitivement le dossier de la centrale de 750 MW que la société d'État avait préparé en 1989 après en avoir amorcé l'étude au début des années 80. Cette décision laisse aussi sans espoir les supporteurs du candidat libéral dans Roberval, Karl Blackburn, qui auraient voulu l'élire pour réanimer ce grand projet, désormais mort et enterré.

En fin de semaine, le candidat Blackburn a reçu une autre douche froide quand le chef de son parti, Jean Charest, a parlé de maintenir le statut de rivière patrimoniale à l'Ashuapmushuan, que le candidat local proposait de lever. Mais Jean Charest a néanmoins laissé la porte ouverte à des projets de mini-centrales privées à la condition expresse, cependant, qu'on justifie par un fort consensus local la pertinence de lever le statut de réserve aquatique, une preuve beaucoup plus difficile à faire que pour un projet sur un cours d'eau ordinaire.

Hier, Jean Paradis, le président du Comité de protection pour l'Ashuapmushuan, déclarait au Devoir qu'il ne craignait aucunement pour cette rivière car, disait-il, «la majorité de la population favorise la conservation de ce cours d'eau». M. Paradis a rappelé que les derniers sondages sur cette question montraient en 1993 que deux personnes sur trois dans la région favorisaient la conservation du cours d'eau. «M. Blackburn était peut-être encore aux études», a-t-il commenté...