L'Ontario veut forcer les entreprises à la «détoxication»

L'Ontario a déposé cette semaine un projet de loi en vue d'inciter sa grande entreprise à réduire rapidement l'usage de produits toxiques au profit de solutions plus acceptables sur le plan environnemental en misant sur la force de l'opinion publique.

Le Bill 157, s'il est adopté par Queen's Park, exigera des entreprises qu'elles élaborent un plan de «détoxication» de leurs procédés industriels, qu'elles dressent un bilan public de leurs rejets et qu'elles rendent ce plan public avec les solutions alternatives qu'il contient, faibles ou radicales. Si la confection d'un plan public de «détoxication» s'avérera obligatoire, sa mise en application ne le sera pas. On compte ainsi sur les réactions du milieu pour forcer les entreprises à moderniser leur processus de production.

Au Massachusetts, une loi similaire d'application volontaire a réduit, selon l'agence ENS, les rejets des entreprises dans l'environnement de 91 % et, dans le seul cas des produits toxiques, on a enregistré une réduction de 64 %.

L'Ontario entend aussi aider son industrie manufacturière, particulièrement malmenée par la crise économique, à se mettre à l'abri de la réglementation européenne «REACH», soit le règlement en vigueur depuis 2007 sur l'enregistrement, l'évaluation, l'autorisation et les restrictions aux substances chimiques.

Ce règlement européen, qui oblige les industriels à évaluer les risques des produits chimiques mis en circulation, exige aussi des produits importés qu'ils ne contiennent aucune substance toxique, ce qui pourra frapper les exportations canadiennes sous peu.

Une avance

Le gouvernement ontarien entend faciliter la transition vers de meilleurs procédés de production en investissant 24 millions sous forme d'aide à ses entreprises, qui vont ainsi pouvoir prendre une avance sur leurs concurrentes des autres provinces.

L'Alberta occupait en 2005 le premier rang des provinces qui, au pays, utilisent l'atmosphère comme poubelle. Avec des rejets de 1091 Mt, cette province est responsable à elle seule de 27 % de la totalité des polluants atmosphériques, GES compris.

L'Ontario la suit de près avec 21 %, ce qui correspond à des rejets de 836 Mt de contaminants combinés. Mais cette province voisine, dont les vents charrient la pollution vers le Québec qui ne s'en plaint d'ailleurs jamais, occupe le premier rang au Canada pour les rejets atmosphériques de polluants cancérigènes. À lui seul, l'Ontario crache dans les airs 43 % de tous les toxiques rejetés dans l'atmosphère du Canada chaque année.

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