Climat: les Européens saluent le nouveau ton d'Obama, mais attendent des actions

Le président américain, Barack Obama, était accompagné du président tchèque Vaclav Havel, hier, à l’ouverture du sommet de l’Union européenne à Prague.
Photo: Agence Reuters Le président américain, Barack Obama, était accompagné du président tchèque Vaclav Havel, hier, à l’ouverture du sommet de l’Union européenne à Prague.

Prague — Le président américain, Barack Obama, a poursuivi son offensive de charme hier à l'égard des Européens en promettant de «prendre la tête» des efforts contre le réchauffement du climat, mais l'UE, si elle apprécie le changement de ton, attend des engagements concrets.

«Le moment est maintenant venu de changer la façon dont nous utilisons l'énergie», a déclaré M. Obama à Prague à l'occasion de son premier sommet avec l'Union européenne, dont la République tchèque assure actuellement la présidence tournante. «Je vous promets que les États-Unis sont maintenant prêts à prendre la tête de cet effort mondial», a ajouté le président américain.

M. Obama a cherché ainsi à rassurer les Européens, longtemps découragés par l'attitude de son prédécesseur, George W. Bush, qui conditionnait toute avancée sur la réduction des gaz à effet de serre à des engagements parallèles des grands pays émergents comme l'Inde ou la Chine et refusait de ratifier le protocole de Kyoto.

M. Obama a d'ailleurs reconnu lors du sommet que, «ces dernières années, les États-Unis n'ont pas été aux avant-postes», tout en en promettant «des mesures significatives pour des technologies propres en 2050, sans casser la croissance», selon un membre de la délégation française. «Nous saluons les initiatives prises par le président Obama et la convergence croissante des positions européennes et américaines», a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à l'issue du sommet.

Scepticisme européen

Le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, dont le pays succédera en juillet à la République tchèque à la tête de l'Union européenne, s'est aussi félicité des «nouveaux signaux» de l'administration Obama sur le climat. Toutefois, il a clairement signifié que seuls les actes compteraient.

Plus critique, le président français Nicolas Sarkozy a estimé que les États-Unis devaient faire «davantage, pour entraîner le monde, notamment la Chine et l'Inde, à leur suite. On est heureux que les Américains veuillent prendre le leadership de la lutte contre le réchauffement climatique. Mais il faut les convaincre d'en faire autant que les Européens», a-t-il dit à l'AFP.

Les Européens restent encore sur leur faim un peu plus de deux mois après l'arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche et alors que se profile la conférence sur le climat de Copenhague, fin 2009, sur l'après-Kyoto. L'UE veut un engagement comparable à celui qu'elle a pris l'an dernier de réduire en 2020 ses propres émissions de CO2 de 20 % par rapport à 1990, et même de 30 % en cas d'accord international.

À ce jour, M. Obama s'est dit seulement prêt à stabiliser les rejets américains sur la même période.

À voir en vidéo