Une ouverture accueillie avec enthousiasme

Le projet de loi Waxman-Markey déposé hier devant le Congrès américain hier a eu l'effet d'un coup de tonnerre dans les officines feutrées de la conférence de Bonn sur les changements climatiques, où il a envoyé comme message que les États-Unis pourraient revenir véritablement en force dans le jeu.

On s'arrachait les pages du résumé du projet de loi dans les corridors et, même si la délégation des États-Unis n'en faisait pas sa position officielle, tous y voyaient la possibilité d'ouvertures substantielles en ce début des pourparlers en vue de la conférence de Copenhague en décembre.

Malgré quelques bémols, les grands groupes écologistes de la planète y voyaient des signes de dégel importants. Au Canada, le milieu écologiste pointait un doigt vindicatif en direction du chef libéral, Michael Ignatieff, qui encouragerait depuis deux jours ses troupes à se soustraire aujourd'hui au vote sur le projet de loi C-311 par lequel le NPD propose pour le Canada des objectifs de réduction entérinés l'an dernier au Parlement par les libéraux et qui, en plus, se rapprochent des objectifs que proposent chez nos voisins le projet de loi Waxman-Markey. Pour Élisabeth May, du Parti vert, c'est «l'ultime test» pour Michael Ignatieff de démontrer sa crédibilité ou son opportunisme dans le dossier du climat.

À Washington, où des centaines de parlementaires du G20 sont réunis en prévision du sommet, un concert de louanges a accueilli le projet Waxman-Markey. Tous y ont vu le coup de pouce qui pourrait «dégeler la conférence de Bonn», qui semble marquer le pas.

Pour Antonio Paocci, ancien ministre des Finances du Brésil, et la sénatrice Serys Slhessarenko, vice-présidente du Sénat de ce pays, «le leadership des États-Unis, que reflète ce projet de loi ambitieux, est essentiel pour permettre la conclusion d'un cadre aussi ambitieux qu'efficace de contrôle des émissions planétaires pour la période post-2012».

Le représentant du Japon, Takashi Kisugi, a pour sa part noté que le projet de loi entérine l'objectif de réduire de 80 % par rapport à 1990 les émissions des États-Unis d'ici 2050, soit exactement l'objectif proposé par le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC). Le communiqué émis par les législateurs du G20 à l'issue de leur rencontre félicite d'ailleurs les États-Unis de vouloir lier la sortie des crises économiques, énergétiques et environnementales dans des propositions qui agissent sur tous ces fronts simultanément.

Au Canada, Steven Guilbeault, du groupe Équiterre, soulignait que le premier ministre Harper devra réviser en profondeur la stratégie nationale qu'il a toujours dit vouloir aligner sur celle des États-Unis. «Il est clair, déclarait Steven Guilbeault, que le Canada n'a plus d'excuse» pour faire du sur-place.

Pour Keya Chattenjee, du WWF international, «le projet de loi Waxman envoie à la communauté internationale un signal clair disant que les États-Unis sont prêts à s'engager». À son avis, les représentants de la Chambre ont fait pour le mieux afin d'accoucher d'un projet de loi qui a des chances de passer et de renforcer la position du président Obama.

Pour Greenpeace international, «c'est un bon premier pas malgré certaines carences».

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