Et l'environnement dans tout ça?

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a lancé hier de Suisse un appel aux belligérants pour qu'ils marquent un temps d'arrêt afin de réfléchir aux impacts environnementaux de leurs techniques de combat, de leurs stratégies et de leurs armes.

Les scientifiques du Conseil de l'UICN, un organisme où 70 pays sont représentés, estiment que toute guerre est «toujours un échec tragique» dont les coûts sont malheureusement rarement pris en compte parce que trop facilement reportés sur les générations futures.

Selon l'UICN, les événements en cours en Irak pourraient «miner la pérennité de ses ressources à long terme», ouvrant la porte à une crise économique et humaine durable. «L'UICN, précise la déclaration, a suivi avec une préoccupation croissante l'évolution du conflit irakien» et elle voit «se profiler une tragédie humanitaire et environnementale».

Les scientifiques de l'UICN rappellent que le Protocole 1 de la Convention de Genève interdit l'utilisation de méthodes guerrières qui visent ou peuvent causer des dommages de grande ampleur, durables et profonds aux milieux naturels. Ils rappellent que la guerre du Golfe de 1991 a eu des dommages qui perdurent encore aujourd'hui, notamment aux rivières, aux marais, aux déserts et à la mer, ruinant les bases de la chaîne alimentaire dont dépendent des millions de personnes.

«L'environnement a payé un tribut élevé pour l'expulsion de Saddam Hussein du Koweït, poursuit la déclaration de l'UICN. Le prix environnemental du conflit en cours risque d'être plus élevé encore que celui de 1991.»