Pollution toxique - Trois lacs sous haute surveillance

Six sources de contamination, identifiées par le ministère de l'Environnement (MENV) du Québec, expliquent la pollution toxique découverte il y a deux ans dans les lacs Magog, Lovering et Massawippi.

C'est ce qui ressort des «résultats» de l'étude des sources de contamination rendue publique hier par le ministère, qui s'est toutefois abstenu d'en faire parvenir copie aux journalistes avec son communiqué. Quant au ministre de l'Environnement, André Boisclair, il devait préciser hier que des correctifs seront exigés dans chaque cas.

À l'automne 2000, le bilan écologique de la rivière Saint-François révélait la présence de fortes concentrations de mercure, de dioxines et de furannes dans la chair des poissons de ces cours d'eau, en deçà des normes de consommation mais au-dessus de la moyenne provinciale aux lacs Lovering et Massawippi. Compte tenu du fort potentiel cancérigène de ces molécules, Québec avait immédiatement lancé une étude pour identifier les sources de contamination.

Ne donnant aucun chiffre sur l'ampleur de la contribution des sources de pollution en cause, ni sur la nature des contaminants dispersés par les différentes sources de pollution, le communiqué du ministère précise cependant qu'au lac Lovering «le lieu d'enfouissement constitue toujours une source active de contamination et ce, malgré les correctifs apportés à ce jour».

Il n'existe qu'un site d'enfouissement à proximité, celui d'Intersan, que le ministère n'identifie pas, comme le veut la pratique en Amérique. Cette société a d'ailleurs convoqué une conférence de presse aujourd'hui.

Le ministre de l'Environnement, André Boisclair, a pour sa part exigé de «l'exploitant» non identifié qu'il lui soumette un plan de mesures correctives d'ici le 30 juin prochain.

Quant au lac Massawippi, sa contamination provient d'un ancien dépotoir où opérait un récupérateur et de l'ancienne voie ferrée, dont les dormants, généralement contaminés aux BPC et aux dioxines, ont été enlevés depuis. Dans le cas du dépotoir, qui a été converti en étang artificiel derrière le bureau municipal d'Ayer's Cliff, les autorités devront restaurer le site. L'ancien récupérateur est pour sa part sous enquête et le ministère ne touchera pas à l'ancienne voie ferrée puisque les dormants contaminés ont été enlevés. Quant au lac Magog, la pollution qui le frappe provient du ruisseau Rouge et elle serait attribuable à un récupérateur de ferraille, dont on tait aussi l'identité contrairement à la pratique nord-américaine, et d'un ancien poste électrique dont on peut penser qu'il appartenait à Hydro-Québec, faute de précision supplémentaire. Le ministre Boisclair a exigé la restauration de ces deux derniers sites.