Protection des eaux nordiques : le groupe écologiste WWF réclame un traité international

Edmonton — Le Fonds mondial pour la nature (WWF) affirme dans un rapport que la protection des eaux nordiques ne devrait pas être sous la juridiction exclusive des pays situés autour de l'Arctique.

L'organisation estime dans le document, devant être rendu public cette semaine lors d'une conférence chapeautée par les Nations unies, que le monde circumpolaire a besoin d'un traité international comportant des normes élevées en matière de protection environnementale.

«Nous avons besoin d'une approche holistique, a déclaré Tatiana Saksina, responsable de l'Arctique au sein du WWF. Nous avons besoin de principes de base que nous pouvons appliquer à toute la région.»

Mme Saksina doit prononcer une allocution dans le cadre d'un symposium organisé en Islande sous l'égide de l'Institut des hautes études de l'Université des Nations unies, groupe de réflexion de l'Assemblée générale de l'ONU. Elle affirme que le système actuellement en vigueur, en vertu duquel chaque pays gère de façon indépendante les eaux situées au large de ses côtes, présente trop de lacunes.

«Malheureusement, les règles nationales ne sont pas en harmonie. C'est le problème, il y a des vides», a-t-elle indiqué.

En outre, certains pays se comportent selon elle de façon moins responsable que d'autres.

«Bien qu'ils aient de très bonnes réglementations, certains pays ne les mettent pas entièrement en application.»

Plusieurs spécialistes de l'Arctique ont fait part de leurs préoccupations au sujet de l'utilisation commerciale croissante du Nord, à des fins touristiques et d'exploitation des ressources, à mesure que le changement climatique accélère la fonte de la banquise et ouvre des eaux auparavant inaccessibles.

Tous les pays devraient se regrouper et négocier, par l'entremise de l'ONU, un traité assurant la mise en place à la grandeur du monde circumpolaire de réglementations rigoureuses et uniformes, estime Mme Saksina. Malgré le fait que la négociation d'une telle entente durerait des années, il faudrait encore davantage de temps pour convaincre les pays entourant l'Arctique de préparer et mettre en oeuvre une législation adéquate.

Les cinq États côtiers de l'Arctique — le Canada, les États-Unis, la Russie, le Danemark et la Norvège — semblaient rejeter le principe d'une juridiction internationale dans un communiqué diffusé à la suite d'une rencontre au Groenland, l'été dernier.