L'environnement surfe sur le Net

Québec a inauguré hier un nouveau site Internet pour donner accès à ce qu'il désigne comme sa nouvelle mouture du bilan environnemental de la province.

On n'y trouvera vraiment pas l'équivalent des deux bilans environnementaux publiés en 1988 et en 1993, dont la dernière version de 560 pages offrait un bilan de l'activité sociale et économique, gouvernementale et privée, dans une synthèse chiffrée et minimalement critique, sur une vingtaine de sujets allant de l'eau à l'activité minière en passant par la faune et l'énergie et... l'agriculture où on y précisait notamment que le tiers des établissements étaient non conforme aux lois et règlements!

La nouvelle version Internet présentait hier trois sujets sur une trentaine à venir en termes très généraux, avec un chapitre sur ce que fait le gouvernement pour y remédier. Ce bilan plutôt allégé vise prioritairement, selon le sous-ministre adjoint aux évaluations environnementales, Charles Larochelle, «un objectif d'accessibilité et de diffusion». Il sera mis à jour régulièrement, ce que ne permettaient pas les versions papier qui devenaient «rapidement périmées», affirme le communiqué gouvernemental.

Alors que les deux premiers bilans offraient au public le regard critique de l'Environnement sur l'activité économique et gouvernementale, le nouveau Rapport gouvernemental publié sur le site www.rgee.gouv.qc.ca est coordonné par l'Environnement mais son contenu est une affaire de «partenariat» avec les ministères en cause, ce qui signifie qu'ils ont un droit de regard sur ce qu'on dit de leurs activités et de celle des agents économiques de leur secteur.

Le public peut d'ailleurs comparer un vrai bilan et son ombre Internet en allant directement sur le site renouvelé, du ministère de l'Environnement . On y trouve l'intégrale du Bilan environnemental de 1993 en 560 pages et on peut constater à quel point, malgré les années, il demeure encore plus instructif que sa nouvelle version électronique. Des bilans de cette rigueur et encore plus exhaustifs, comme le réclame depuis maintenant dix ans le milieu environnemental, ne seront plus publiés, a précisé hier M. Larochelle. Trop «coûteux et à distribution limitée», précisait le communiqué gouvernemental. L'Environnement continuera de publier des rapports sur différents sujets, mais plus de véritable synthèse quinquennale. «L'important virage en matière de diffusion de l'information environnementale» annoncé hier ne prévoit pas à court terme de rendre ces rapports sectoriels ou spécialisés accessibles sur Internet comme sur le site d'Environnement Canada, par exemple. Mais ça pourrait venir, précisait M. Larochelle. Il a été impossible hier de savoir si le nouveau site du ministère allait désormais offrir au public la liste des Avis de projets, par sujets et par régions, la seule façon pour le public de savoir ce qui va bientôt survenir chez lui.

Le nouveau site du ministère offre cependant des contenus nouveaux: on y trouvera la liste des 5000 barrages du Québec ainsi que celle des lieux contaminés par d'anciennes activités industrielles et commerciales. Mais il faudra continuer d'aller dénicher péniblement sur le site de l'ALENA ou dans l'inventaire «national» fédéral le dossier à jour des rejets des pollueurs industriels québécois bien actifs, une liste généralement accessible ailleurs en Amérique. Le nouveau site de l'Environnement reproduit enfin le Portrait statistique sur l'état de l'Environnement (inchangé) et, nouveau, la liste des condamnations en matière d'environnement.