Environnement - L'UICN fermera son bureau de Montréal

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) s'apprête à fermer son bureau de Montréal, ce qui devrait être complété en juin, a appris Le Devoir de diverses sources proches de cet organisme.

Les employés auraient déjà reçu l'avis de fermeture exigé par la loi québécoise et déjà la moitié d'entre eux auraient été mis à pied, de sorte qu'il ne reste plus que trois personnes sur place.

L'UICN compte un autre bureau en Amérique du Nord, soit à Washington, mais il s'agit d'un bureau beaucoup plus important que celui de Montréal.

Cette fermeture a été accueillie avec «surprise et déception» hier par l'affilié québécois de l'UICN, soit Nature Québec, qui portait jusqu'à tout récemment un nom qui signait sa filiation historique, soit l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN).

C'est à la suite du Congrès mondial de la nature à Montréal en 1993 que plusieurs organismes, dont l'UQCN et son pendant canadien, l'UCCN, ont milité intensément pour que l'organisation internationale ait pignon sur rue à Montréal, d'autant plus que la Ville faisait des pieds et des mains pour attirer ici le Secrétariat de la convention sur la diversité biologique. Le Secrétariat international, affilié au Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), et l'UICN se sont finalement installés dans la métropole, tout près l'un de l'autre. La Ville leur a fait des conditions spéciales pour favoriser leur implantation, ce qui y a augmenté la masse critique des organismes internationaux dotés de mandats en environnement.

Il est trop tôt pour évaluer l'impact de cette disparition annoncée, expliquait hier le directeur de Nature Québec, Christian Simard, qui n'était pas au courant de cette fermeture en vue. Plusieurs de ses bénévoles, a-t-il expliqué, travaillent avec le bureau de Montréal et «il est certain que ce n'est pas une bonne nouvelle et qu'on va réagir à cette fermeture».

Parmi les motifs de la direction internationale de l'UICN figure le fait que l'ACDI, un de ses bailleurs de fonds importants, privilégie désormais que les contacts se fassent, non pas ici au Canada, mais avec les gestionnaires de projets dans les pays en développement, pour les concevoir davantage en fonction des besoins locaux. Le bureau de l'UICN de Montréal avait par ailleurs des contacts réguliers avec le Secrétariat sur la biodiversité, qui vont être plus difficiles à gérer à distance, ainsi qu'avec ses deux affiliés, québécois et canadien.

Le bureau de Montréal maintenait aussi des liens très étroits avec la trentaine de membres que l'UICN compte au Canada, institutions, gouvernements et grandes entreprises. Ce nombre est d'ailleurs important, toutes proportions gardées, car aux États-Unis, cet organisme international compte un peu plus de 60 membres pour une population éminemment supérieure. Enfin, le bureau de Montréal s'activait à mettre sur pied, en vue du Congrès mondial de Barcelone, l'automne prochain, une plate-forme francophone qui devait donner une visibilité et un dynamisme nouveau à la francophonie dans plusieurs dossiers majeurs de cet organisme international, dont celui de l'énergie.