Mini-centrale hydroélectrique - Hubert Reeves prend la défense de la rivière Sainte-Anne

La construction d'une petite centrale privée de 10 MW dans l'impressionnant canyon de la rivière Sainte-Anne, qui chute de 74 mètres près du centre de ski du même nom, en banlieue de Québec, est maintenant officiellement dans la mire des défenseurs de rivières, soit les quatre organismes environnementaux à l'origine du programme «Barrage aux barrages».

En conférence de presse hier, plusieurs artistes, scientifiques et écologistes connus ont «adopté» ce cours d'eau pour éviter ce qu'ils ont qualifié de «saccage» de l'un des plus beaux sites naturels de la région de Québec. On retrouvera donc au premier rang de ce nouveau front pour la défense de la rivière Sainte-Anne la comédienne Céline Bonnier, le metteur en scène Robert Lepage, l'historien Michel Lessard, l'écrivain-poète Pierre Morency, l'humoriste Maxime Martin, le comédien Vincent Bilodeau et l'astrophysicien Hubert Reeves.


La production de 10 MW sur la rivière Sainte-Anne, un investissement de 20 millions, rapporterait environ 300 000 $ par an à ses promoteurs privés ainsi qu'une partie à la municipalité, laquelle a été accusée hier de troquer pour un plat de lentilles la demi-douzaine d'emplois permanents liés à l'exploitation touristique du lieu en contrepartie d'un ou deux emplois et de quelques ordinateurs qui contrôleront les débits et les fonctions de la petite centrale. Deux rivières voisines, les Sept Chutes et la chute Montmorency ont déjà été mobilisées pour la production d'électricité.





Hubert Reeves


Les opposants ont souligné que ce site est classé deux étoiles dans le Guide Michelin 1992. Hubert Reeves devait préciser qu'il comprend le souci du gouvernement de vouloir utiliser des sources d'énergie renouvelables comme les chutes. Cependant, a-t-il ajouté, «il faut également comprendre l'envie que nous avons tous de préserver les splendeurs des paysages naturels. Je connais bien la rivière Sainte-Anne et j'en suis rapidement tombé amoureux. Il serait trop triste de la bousiller. Il faut trouver autre chose... ».


La Sainte-Anne fait partie des 14 projets de petites centrales privées rescapés par le gouvernement du programme initial, qui en comptait 36. Le site de la Sainte-Anne reçoit annuellement 100 000 visiteurs en raison de sa majesté.