La planète est dans un piètre état

Londres — Pénurie d’eau pour la moitié de la population, extension galopante des villes et des infrastructures routières: le programme des Nations unies pour l’environnement a dressé hier à Londres un sombre tableau de l’état de la planète à l’horizon 2032.

Les deux tiers des terres émergées vont être affectées par le développement de routes et de villes dans les trente prochaines années à moins que des mesures urgentes ne soient prises, selon le rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

«L’Amérique latine et les Caraïbes seront les plus touchées, avec plus de 80 % des terres affectées, suivies de près par l’Asie et la région Pacifique, où 75 % des terres pourraient être affectées par la croissance rapide et peu planifiée des infrastructures», selon le rapport de l’ONU sur l’état mondial de l’environnement.

Par ailleurs, «plus de la moitié de la population mondiale vivra en 2032 dans des régions souffrant d’une pénurie d’eau si les décisions politiques, économiques et sociales du globe sont laissées aux forces du marché», indique le rapport.

«L’Asie de l’Ouest, y compris la péninsule arabique, pourrait être la plus touchée, plus de 90 % de sa population vivant dans des régions manquant d’eau en 2032», ajoute le document.

L’extension galopante des villes et des infrastructures routières affecte également les espèces animales, selon le rapport de l’ONU, qui précise que «12 % des oiseaux et près d’un quart des mammifères sont actuellement menacés».

Mais le rapport relève aussi des évolutions positives. Le but de faire descendre la part de la population mondiale souffrant de la faim à 2,5 % en 2032 est réalisable, selon un scénario tablant sur une augmentation de la production alimentaire d’ici là.

Les gaz à effet de serre devraient de leur côté se stabiliser, à condition que les secteurs public et privé fassent preuve de bonne volonté, selon ce document.

L’ONU souligne toutefois le fossé de plus en plus important séparant ceux qui souffrent des changements de l’environnement et ceux qui y échappent.

Le nombre moyen de gens touchés par des catastrophes naturelles est passé de 147 millions par an dans les années 80 à 211 millions par an dans les années 90.

«Nous avons maintenant des centaines de déclarations, d’accords, de directives et des traités juridiquement contraignants destinés à faire face aux problèmes de l’environnement», a déclaré le responsable du PNUE Klaus Toepfer.

«Il nous faut trouver le courage politique et les nouvelles sources de financement nécessaires à la mise en oeuvre de ces accords», a-t-il ajouté, suggérant que très peu avait été réellement fait depuis le Sommet de la Terre de Rio, il y a dix ans.

M. Toepfer a lancé un appel aux participants au deuxième Sommet de la Terre prévu du 26 août au 4 septembre à Johannesburg. «Nous avons besoin de mesures concrètes, de calendriers concrets et d’une volonté de fer de toutes les parties, a-t-il dit. Alors seulement les promesses faites à Rio pourront devenir réalité.»

«La rhétorique doit devenir réalité, a repris la ministre britannique à l’Environnement, Margaret Beckett, présente aux côtés de M. Toepfer. Si nous n’étions pas à même de relever ce défi, nous raterions une occasion historique.»

Pour la ministre, «ce rapport souligne à quel point le monde a changé depuis le Sommet de la Terre à Rio, il y a dix ans, et montre quelle est la voie à suivre vers un avenir mieux maîtrisé».