Protocole de Kyoto - L'Alberta refuse de suivreles autres provinces

Charlottetown — L'Alberta a essuyé un cinglant revers dans sa campagne contre le protocole de Kyoto hier. Son plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre hors des exigences du traité climatique a été écarté par l'ensemble des autres provinces.

L'Alberta a réagi à la rebuffade en refusant de signer le communiqué final émis par la réunion conjointe des ministres de l'Énergie et de l'Environnement et en démissionnant de la coprésidence du comité fédéral-provincial mis sur pied pour superviser les consultations sur le changement climatique.


L'Alberta est d'accord pour agir face aux changements climatiques, a soutenu le ministre provincial de l'Énergie, Lorne Taylor, en conférence de presse, mais pas dans les délais impartis par le protocole de Kyoto.


Le communiqué final boudé par l'Alberta ne comprend pas le plan albertain de réduction des émissions parmi les options devant être soumises aux consultations qui auront lieu dans 14 villes le mois prochain. La décision de soumettre le plan albertain à la consultation est laissée aux provinces. Pas un seul ministre n'a pris la défense du plan albertain lors de la conférence de presse qui a clôturé la rencontre.


Le refus de l'Alberta de s'accorder avec les autres provinces risque de poser un sérieux problème pour le respect du traité de Kyoto puisque cette province produit à elle seule environ le tiers des émissions de gaz à effet de serre du Canada.


Le ministre fédéral de l'Environnement, David Anderson, a tracé un portrait positif de la situation à l'issue de la conférence en disant que le plan albertain contient plusieurs éléments intéressants et qu'il sera assurément examiné lors des consultations nationales, même s'il n'est pas considéré comme une des options envisagées en bonne et due forme.


Les autres provinces et territoires ont approuvé des consultations basées sur les quatre options dévoilées par le gouvernement fédéral qui, toutes, présument de la ratification du traité de Kyoto. Les ministres se réuniront de nouveau en octobre mais n'ont fixé aucune échéance pour la décision portant sur la ratification du protocole.


En vertu de celui-ci, le Canada doit réduire d'ici 2008-12 ses émissions de gaz à effet de serre de 6 % sous les niveaux de 1990. La plupart de ces émissions sont produites par la production et l'utilisation de combustibles fossiles, et l'Alberta craint que le plan de Kyoto ne freine la croissance de son industrie énergétique, responsable d'une bonne partie des émissions.


La proposition albertaine repose sur la conservation de l'énergie et le recours aux nouvelles technologies pour réduire les émissions, mais en 2020.


Les écologistes qui avaient dénoncé le plan albertain, pur prétexte pour retarder le moment d'agir, selon eux, se sont félicités de son rejet.


Et de l'avis du ministre québécois de l'Environnement, André Boisclair, le rejet du plan albertain constitue une excellente nouvelle pour quiconque se préoccupe des changements climatiques.