Sommet mondial de l'écotourisme - Québec protège mal ses milieux naturels

Quatre importants groupes écologistes québécois ont accusé hier Québec, à l'ouverture du Sommet mondial sur l'écotourisme, de négliger la protection de sa forêt boréale et de ses milieux naturels en retardant l'adoption d'une politique d'aires protégées, ce qui confère au Québec le statut de cancre canadien dans ce domaine.

Le Sommet mondial de l'écotourisme, qui a commencé hier dans la Vieille Capitale, doit adopter d'ici la fin de la semaine une déclaration qui sera connue sous le nom de déclaration de Québec, laquelle sera présentée pour adoption au Sommet de la Terre de Johannesburg, en août.


Pour le Fonds mondial de la nature (WWF), le Réseau québécois des groupes écologistes, la Société pour la nature et les parcs du Canada ainsi que l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN), Québec doit déposer sans plus tarder sa stratégie sur les aires protégées, qui devait être divulguée il y a un an et que tout le monde attend depuis.


Cette stratégie doit en principe permettre au Québec de protéger au moins 8 % de son territoire en préservant notamment des échantillons de tous les principaux types de milieux naturels. Les écologistes accusent le gouvernement québécois de retarder la mise en place de cette réforme parce qu'il est coincé par l'importance de ses concessions forestières en forêt boréale et n'a plus de marge de manoeuvre pour protéger des territoires intéressants avant qu'ils ne soient rasés par des coupes à blanc.


Cette prise de position des quatre grands groupes écologistes québécois est survenue au moment où le ministre responsable des parcs, Richard Legendre, faisait l'éloge, devant les participants au sommet, des réalisations historiques en matière de parcs des... autres gouvernements. Le ministre a noté que le Québec avait été un pionnier dans ce domaine en créant notamment le parc du Mont-Tremblant dès 1895.


Le ministre Legendre a par ailleurs précisé que Québec avait commencé à mettre en place le parc national des Pingaluit dès cette année et qu'il entend ouvrir deux autres parcs nordiques, soit ceux des Monts-Torngat et de la Rivière-Koroc, en plus d'un autre parc au lac Guillaume-Delisle, près de la baie d'Hudson.


Les écologistes reprochent à Québec de ne pas protéger plus de 2 % de son territoire, soit fort loin du pourcentage de 8 % reconnu comme norme internationale. En comparaison, l'Ontario protège actuellement près de 10 % de son territoire et navigue vers les 12 % d'ici 2005, date à laquelle Québec a promis d'atteindre son objectif de 8 %.


Les quatre groupes ont demandé à Québec de déterminer les aires les plus importantes en forêt boréale et de les soustraire à l'exploitation forestière. Ils réclament de Québec l'assurance qu'il ne consentira pas d'autres coupes commerciales en forêt boréale jusqu'à la mise en place de la stratégie québécoise.